Les souvenirs nous fanent.

Daniel Santalla Daniel Santalla

Je fumais. Le sable coulait de ses chaussures. Elle les tenait à hauteur de nez et prenait son temps. Nous avions couru les dunes. La nuit. La nuit d'été. Comme des gosses. Mais je fumais. Virilement ridicule. Je regardais les grains de quartz tomber. Doucement. Tomber sur la couverture. Elle dessinait avec le sable. Et puis le bleu de l'aube. Un vent de vagues. Odeur d'écume. Un cercle sur la laine. Arène. Je fumais. Soucieux. Sous un ciel comme un toit. Je regardais le sable. Un centre vide. Regard perdu. Là. Au centre d'un rond. Des oiseaux aux grandes ailes rasaient la mer. Réveil du vol. Des guetteurs de plage. Nulle musique dans leurs cris. Elle, riait avec le sable. Je fumais.

Après, je me souviens, nous avons rejoint l'eau et joué avec nos mains.

Les souvenirs nous fanent.

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