De ces mots qui se garent - 3 -

Nadia Maria Nadia Maria

Tu connais l'écriture de la mer. Cette vague attendue et qui ne reste pas. La mer écrit, comme les hommes qui vont du début à la fin, comme elle sait. Elle ne peut retenir qu'une poignée de sable et joue. Elle joue sérieusement mais avec un sourire sur ses lèvres humides. Elle ne va pas plus loin qu'une longueur de flux. Elle a vu. Elle reflue.

Tu sais la mer comme elle écrit.




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Ne sais si l'orage. Ne sais si la pluie. Ne sais si la fraîcheur. Ne sais si l'obstacle. Ne sais si plus rien. Ne sais si tout à coup. Ne sais si le mot. Ne sais si la suite. Ne sais si le cœur. Ne sais si l'ouvrage. Ne sais si l'odeur. Ne sais si le temps. Ne sais si le lien. Ne sais si la résistance. Ne sais si la faim. Ne sais si le boire. Ne sais si le signe. Ne sais si croire. Ne sais si rire. Ne sais si rien. Ne sais si encore. Ne sais si ainsi. Ne sais si l’écueil. Ne sais si le flux. Ne sais si le retour. Ne sais si le froid. Ne sais si l'élégance. Ne sais si l'abrupt. Ne sais si le gentil. Ne sais si pas toujours. Ne sais si le continu. Ne sais si le compte. Ne sais si le vide.

Les oiseaux, dans le seul éclat du ciel, m'enivrent.
Je sais.





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Ce ne sont pas les mots qu'il faut protéger, c'est leur chaleur. Avant tout, je suis interprète de cette chaleur qui ne m'appartient pas. Je n'ai nulle signature.

Le vent laisse une trace en l'instant, sitôt il la soulève et déjà l'emporte ailleurs.

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