le peu possédé

Christophe Lerouge Christophe Lerouge

mais l'esprit de la nuit

sans la fureur des hommes
doucement
comme plume
berce nos fatigues

la nuit  
nous fait pont
mon amour

éclaire-toi à l'étoile

au jardin
quelques feuilles sont bleues

ce matin
ai regardé la puissance de l'eau

ému
par l'arbre couché

alors
se lever

se lever
comme on aime
comme l'être se lève
quand il n'a plus rien d'autre
qu'un sourire
une balafre apaisée 
éclairant son visage

ô beauté simple

les abeilles
les oiseaux
les oiseaux
les abeilles

et d'autres encore
encore d'autres encore
encore
et plus encore
d'autres
encore
et encore


à sauver  

même le vent
et ses baisers perdus
sur la dune froide et souple 
ne peut rien 
quand l'homme enfin
réconcilié
avec le peu
se lève

le peu possédé 

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