un mot de ...

Piotr Kropotkine

Piotr Kropotkine Piotr Kropotkine

 

" Ce n'est pas l'amour de mon voisin - que souvent je ne connais pas du tout - qui me pousse à saisir un seau d'eau et à m'élancer vers sa demeure en flammes ; c'est un sentiment bien plus large, quoique plus vague : un instinct de solidarité humaine. Il en est de même pour les animaux. Ce n'est pas l'amour, ni même la sympathie (au sens strict du mot) qui pousse une troupe de ruminants ou de chevaux à former un cercle pour résister à une attaque de loups ; ni l'amour qui pousse les loups à se mettre en bande pour chasser ; ni l'amour qui pousse les petits chats ou les agneaux à jouer ensemble, ou une douzaine d'espèces de jeunes oiseaux à vivre ensemble en automne ; et ce n'est ni l'amour, ni la sympathie personnelle qui pousse des milliers de chevreuils, disséminés sur un territoire aussi grand que la France, à constituer des ensembles de troupeaux, marchant tous vers le même endroit afin de traverser une rivière en un point donné. C'est un sentiment infiniment plus large que l'amour ou la sympathie personnelle, un instinct qui c'est peu à peu développé parmi les animaux et les hommes au cours d'une évolution extrêmement lente, et qui a appris aux animaux comme aux hommes la force qu'ils pouvaient trouver dans la pratique de l'entraide et du soutien mutuel, ainsi que les plaisirs que pouvait leur donner la vie sociale. "


Kropotkine - L'Entraide -

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