De ces mots qui se garent - 1 -

美撒郭 美撒郭


Celles et ceux qui écrivent au delà de l'écriture, mon respect autant que mon désarroi. Comment faire de cette voix presque inaudible le sens même de notre désir flouté, le recoupement de notre joie et de notre peine à vivre ?

Les mots, si tu les gardes, abcès.



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Parfois, dans cet instant qui passe, l'immobile manque ses mots. Il n'en reconnaît plus la trace. Alors, il laisse l'air prendre son corps et lui suffire. Ce petit air malin, dans sa bouche et ses poumons et sur son épiderme, frissons.
Ainsi, dans cet instant qui passe, rien ne manque.

J'ai la respiration studieuse.



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Nous l'avons su avant. Le mot seul ne peut rien. Il y a l'ombre du mot, il y a le jeté du mot, il y a la couleur du mot, son air. Il y a la bouche du mot. Sans cela, seul, le mot ne peut rien.

J'ai pris le baume du jour. J'ai pris le baume pour articuler mes segments. La chaleur diffusée.

Alors le corps suit les pas. Doucement, il se fait à ce nouveau rite.

Mais avant tout, l'escalier qui se refuse un peu. Je ne précipite plus les marches.

Nous l'avons su avant.

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