Gazette courante - 9 -

Evgeniy Shaman Evgeniy Shaman

Se secouer le ciel, pieds nus sur le plancher. Descendre dans le jour.
S'essayer au léger dans la fraîcheur brassée.
Le calme recherché pour entamer l'action.

Le désir d'un poisson. L'onde de l'eau, en faire son lieu. Ainsi, entrer dans les reflets de la lumière. Nager.



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Dans la vallée, le serpent d'une rivière et puis les libellules. J'irai donc tout à l'heure m'amuser à leur danse, ballet improvisé sur la musique de l'onde. Ainsi le corps, dans l'élan de ses pas, reprendra doucement la place que je lui veux.
Pendant que j'écrivais, le silence. J'attendais les sons joyeux de la cour - l'école n'est pas loin - mais ce n'est pas le jour. 

Je ne veux rien hâter. Je ne crois pas au défi dont me parle mon sang. 

Juste reconnaître, encore, les humeurs de la vie. La violence du droit, la souplesse du libre.



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Viendra la rouille. Si peu présente encore. Viendra l'ocre déposée sur les os. Plus encore, le roux du sang dans ses distillations basses. Les veines palpitent pourtant, vaisseaux naïfs refusant la courbure du corps. La rouille viendra.

L'eau du temps sur le fer de la peau, cherche ses interstices.
Le café refroidi sur le bord de la table. Tout au bord.


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