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Billet de blog 20 déc. 2012

La dictature du libéralisme

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Lorsque l’on parle de dictature, on pense immédiatement au caractère arbitraire du régime politique où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul individu ou entre celles d’un groupe d’individus appartenant à un clan. De fait, le présent titre peut apparaître contradictoire et laisser penser qu’il est insensé. Méfions-nous car, l’apparence peut cacher des vices extrêmement sensibles  et, extrêmement dommageables. Loin d’être un oxymore, ce groupe de mot est l’expression d’une réalité qui n’est perceptible que par la subtilité de l’esprit humain débarrassé de toute aliénation. Elle l’est grâce à la liberté absolue de conscience qui fait une large place à l’esprit critique. Il reste que cet esprit richement nourri a besoin de convictions fortes et de détermination pour changer les choses et rendre aux citoyens leur pleine liberté.
En ne mésestimant pas le fait que le libéralisme en tant que philosophie dominante du siècle des lumières a été un progrès pour le tiers-état qui n’était pas un corps constitué de citoyens mais de sujets du roi dont ils n’étaient pas propriétaire de leur propre corps, il est un fait incontestable qu’il a débouché sur un libéralisme économique et financier qui soumet autant les gouvernements que la grande masse de citoyens à son diktat.
Mais au fond, la photographie de cette société n’est–elle pas l’expression de la revanche de la bourgeoisie du tiers-état à l’encontre de ceux qui peuvent représenter l’image de la monarchie et de ses corps privilégiés comme de ceux qui peuvent représenter l’image des paysans qui formaient leur corps de dominés. En tout état de cause, le libéralisme économique et financier impose sa loi à toutes ces sociétés soi-disant démocratiques. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire semblent être dominés par les relations sociales qu’impose ce courant de pensée. Ces relations apparaissent comme les axiomes à partir desquels tout le raisonnement de la construction rationnelle de la société doit être bâti. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. C’est donc tout un arsenal d’aliénation qui est mis à la disposition de ce pouvoir qu’est le libéralisme économique et financier. C’est donc une dictature subreptice.


Cette subtilité de l’esprit permet de percevoir l’impuissance du pouvoir exécutif voire même du législatif qui par leur principe d’équilibre sont censés mettre en application le gouvernement par le peuple et pour le peuple. Or, des exemples probants montrent cette subordination au pouvoir économique et financier ; Arcelor Mittal à Florange, Le coût du travail évoqué par le patronat en omettant de prendre en considération les rémunérations souvent excessives des PDG, les agences de notation relevant du secteur privé qui attribuent des notes aux Etats avec des critères d’analyse du domaine privé alors que le haut de bilan des collectivités publiques et des Etats n’est pas comparable à celui des structures privées, la guerre promise au secteur financier qui s’est adoucie à l’instar de l’Iceberg qui sous un coup de chaleur se transforme en eau, le solide qui devient liquide. Enfin, en Guyane se sont les multinationales qui imposent leur loi sur les ressources naturelles du territoire, ce sont les compagnies pétrolières qui se croient au-dessus des lois et qui imposent leurs règles qui rappellent celles des mafias des temps reculés.
Le libéralisme économique et financier exprime la tyrannie de la minorité qui a accumulé suffisamment de richesses pour imposer à la majorité son mode de société. Tocqueville peut être tranquille et n’aura pas à se retourner dans sa tombe tant l’impuissance du pouvoir politique est effarante.

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