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Billet de blog 17 juil. 2011

Mario Vargas Llosa et le droit de cuissage: DSK toujours...

Dans la tribune publiée ce matin par le journal espagnol El Pais, signée par Mario Vargas Llosas, l'auteur péruvien de 74 ans, prix Nobel de littérature en 2010 pour "sa cartographie des structures du pouvoir" selon le commentaire de l'Académie suédoise au moment de lui décerner le prix, donc cet homme de lettres qui a tenté la candidature à la présidentielle péruvienne en 1990, après une introduction liminaire sur l'historique du formatage des mentalités y comprises les masculines au droit de cuissage

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Dans la tribune publiée ce matin par le journal espagnol El Pais, signée par Mario Vargas Llosas, l'auteur péruvien de 74 ans, prix Nobel de littérature en 2010 pour "sa cartographie des structures du pouvoir" selon le commentaire de l'Académie suédoise au moment de lui décerner le prix, donc cet homme de lettres qui a tenté la candidature à la présidentielle péruvienne en 1990, après une introduction liminaire sur l'historique du formatage des mentalités y comprises les masculines au droit de cuissage passe ensuite à la position occupée par Dominique Strauss-Khan dans le paysage français et mondiale, au front du FMI, puis prend parti et déclare son profond dégout du personnage, je cite :

"(...)

A moi, en revanche, le personnage me semble répugnant et je tends à penser que ce que la femme de chambre dit de lui est vrai. Il continuerait de me sembler répugnant même s'il s'avérait que le sexe oral avec lequel il se gratifia ce matin à New York fut consenti, car, même sollicité en mettant les formes et qu'il eut payé pour, il aurait commis un acte lâche, de prépondérance dégoutante envers une pauvre femme infiniment plus faible et vulnérable que lui, qui se serait soumise à cette pantomime par besoin ou par peur (...) un acte ignoble et vil, surtout lorsque celui qui le commet est un homme de pouvoir presque seigneurial, que c'est ce qu'il était jusqu'ici le presque intouchable Strauss-Kahn.

Je ne vois pas en quoi les mensonges de la femme de chambre atténueraient la faute du présumé violeur. Ce qui va être jugé est si elle fut ou pas violée et pas si elle est gentille, sincère ou généreuse. Si ce que doit déterminer pour que l'accusation puisse continuer ne sont pas les faits objectifs mais les personnalités et les caractères, monsieur Strauss-Khan ne tirerait parti à son avantage...

(...)

Donc, s'il y a des indications négatives en ce qui concerne le caractère et la personnalité de la femme de chambre guinéenne de l'Hôtel Sofitel, les lettres de créance morales de l'hôte sont très loin d'être limpides. Tout tend à indiquer que se seigneur super-intelligent, ultra-puissant et millionnaire était habitué à se permettre certains excès dans la certitude de que à quelqu'un comme lui ces faiblesses lui étaient permises, de la même manière que le droit de cuissage aux seigneurs féodaux. Ce qui est terrible c'est qu'il semblerait que bon nombre de ses concitoyens sont d'accord avec lui. L'indignation à l'encontre de la police et la justice des Etats Unis pour avoir traité cet homme si important et prestigieux comme un vulgaire pickpocket pris in fraganti est quasi unanime.

(...)

Je crains fort, d'après ce que je lis ces jours-ci à Paris, que dans on propre pays il aurait eu un traitement exceptionnel et, probablement, il n'aurait jamais été jugé. Ce qui est sûr, c'est que la femme de chambre guinéenne aurait été expulsée du pays comme illégale, faussaire et pratique de la prostitution. "

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