Piètres élus

L'assemblée générale des maires du département de la Manche s'est tenue samedi 9 juin 2018 où inévitablement il fut question de l'amendement loi littoral dans la loi ELAN, mais dont le compte rendu général publié par la presse, révèle quelques perles notoires d'élus.

La ville de Coutances recevait samedi l’assemblée générale des maires de la Manche, avec un invité de marque le président du Sénat, en personne, y assistait également quelques députés.

La lecture du compte rendu de cette réunion dans Ouest France de ce jour, qui ne manque pas d’humour, par moments, volontairement ou pas, vaut néanmoins le détour de lecture.

Bien évidemment ils se sont plaint des restrictions budgétaires décidées unilatéralement par l’empereur Macaron 1er.

Mais c’est dans leurs réactions que le papier devient par moments succulent.

L’un d’eux dit: « Nous sommes l’expression de la démocratie la plus avancée car nous sommes interpellés directement » Fichtre, mais tenez vous compte de ces interpellations ? À défaut point de démocratie, et quid justement de la mise en place de la démocratie participative dans vos communes ?

A propos du manque de formation, ce constat de la maire de Granville « nous devons faire un budget, répondre à tout et sur tout à nos concitoyens sans avoir appris ». Quel moment de lucidité soudain. Mais quand on ne sait pas il faut avoir l’humilité de le dire et ne pas risquer de dire une ânerie ! Mais cela en dit long sur l’incompétence des élus (quels qu’ils soient).

Quant à la maire de Torigny les Villes « Oui la nuit je dors comme un bébé… je me réveille toutes les heures et je pleure » sûrement sur les arbres abattus sur sa commune ?

Quant au président de l’union des maires du Calvados il a un problème avec les décisions intercommunales, ah cette formation des élus, notamment sur la démocratie et son exercice !

Quant au président du Sénat il a souligné trois points :

- Assouplir les règles de la coopération intercommunale.

- réajuster lesreprésentations des communes déléguées.

- revitaliser les centres villes et les centres bourgs.

J’aime bien la dernière proposition, car elle est tout à fait dans l’esprit des SCOT, qui comprend aussi la densification y compris en hauteur des centres bourgs, ce qui est le contraire de remplir les dents dites creuses qui en fait accentueraient encore un peu plus le mitage désastreux du territoire depuis des décennies.

Enfin cette assemblée n’a pu éluder la question de la loi Littoral.

Le pompon revient au maire de Gouville, inévitable interlocuteur de la presse locale quant il s’agit de la loi littoral qui déclare tout de go « Nous ne sommes pas pour bétonner, ni pour scléroser » ou l’inverse et son contraire en quelques mots.

Quant au président de la commission des lois au Sénat il affirme : « je pense qu’on va desserrer l’étau de cette loi, mais sans remettre en cause la protection du littoral ». Je pense qu’il va plutôt (le sénat) approuver avec délectation l’amendement dits « dents creuses » qu’il attend depuis longtemps et après le dépôt de deux projets de lois, non retenus.

Et la cerise sur la dune revient au député du Sud Manche qui ajoute : « il faut juste pouvoir bâtir dans les dents creuses à 4 ou 5 km du rivage ». C’est n’importe quoi, il suffit de regarder la carte de la côte, repérer les dénivelés pour savoir où il faut construire, mais sûrement pas dans les pseudos dents creuses issus de cet amendement, légèrement allégé, par l’assemblée, mais qui ne peut et doit en aucun cas être approuvé même sous cette forme.

Tout cela manque un peu de discernement et de réflexion, notamment sur les effets du réchauffement climatique, donc de l’élévation du niveau de la mer (entre 50 cm et 1 m d’ici la fin du siècle), donc de recul du trait de côte.

Et bien évidemment en tenant compte des Plans de préventions des risques Inondations, submersion marine, et des risques littoraux.

Monsieur le député, il serait opportun, d’organiser une réunion publique et contradictoire sur ce thème ? Allez Chiche !

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.