Cour Suprême du Cameroun: Rejet du pourvoi Affaire Atangana

Entretien accordé au Quotidien «Le Parisien» par l'ancien leader de SOS Racisme, Président du Comité de soutien à Thierry Michel Atangana Lundi 16 décembre 2013

Vidéo Dominique Sopo sur France 24:https://docs.google.com/file/d/0B8jmA8o_2G0KVm04WGVycXZZVFE/preview?pli=1

Maître Caroline Wassermann, avocate au barreau de Paris : «C'est une décision absolument effrayante par le quantum des peines qui ont été infligées, pour des délits qui n'existent que dans l'imagination de ces dirigeants camerounais. Il s'agit d'un règlement de compte politique et rien d'autre.»

http://www.rfi.fr/emission/20131218-atangana-caroline-wassermann-avocate-barreau-paris-cameroun

Thierry Michel Atangana: La Fermeté Molle des Autorités Françaises

 

Paris, le 17 décembre 2013

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Michel Atangana emprisonné au Cameroun jusqu’à 2037 : l’acharnement judiciaire continue

 

C’est avec stupéfaction que nous apprenons l’issue du pourvoi introduit par Michel Atangana auprès de la Cour suprême du Cameroun. En quelques secondes de ce qui fut un nouvel épisode d’une invraisemblable comédie judiciaire, la Cour suprême a en effet rejeté ce matin le pourvoi formé par Michel Atangana contre sa condamnation à 25 ans de prison en octobre 2012, condamnation qui faisait suite à une première condamnation à 15 ans de prison en 1997.

 

Ce citoyen français d’origine camerounaise, détenu arbitrairement au Cameroun depuis plus de 16 ans, se retrouve ainsi potentiellement condamné à croupir dans sa cellule de 7m2 jusqu’à 2037.

 

Rappelons quelques évidences pour montrer le degré de scandale auquel nous sommes confrontés dans cette affaire :

- Michel Atangana a été condamné pour détournement de deniers publics, faits dont il est innocent.

- Michel Atangana a en fait été condamné uniquement parce que, en 1997, sa condamnation était utile pour faire chuter l’ancien numéro 2 du régime, qui avait eu l‘outrecuidance d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de la même année.

- les condamnations de Michel Atangana ont été obtenues après un nombre impressionnant de violations des droits de la défense. Ainsi, il est condamné une première fois en 1997 suite à un procès tenu la nuit et sans avocat. Il est condamné pour les mêmes faits (ce qu’interdit évidemment la loi camerounaise) en 2012 suite à un procès qui aurait été rocambolesque si son issue n’avait pas été tragique : audiences qui s’étalent de façon perlée sur près de 3 ans, « disparition » des scellés, procureur qui produit des faux et qui chuchote à l’oreille des témoins pendant qu’ils déposent à la barre, menaces de mort contre les juges afin qu’ils condamnent Michel Atangana, décision de condamnation rédigée par le ministre de la Justice lui-même, le dénommé Laurent Esso.

- l’étude du pourvoi devant la Cour suprême n’a été qu’une nouvelle comédie puisque la décision de condamnation, ce dont de nombreux témoignages attestent, a été une nouvelle fois rédigée par le même ministre de la Justice.

 

Voici donc un citoyen français privé de ses enfants de 22 ans et 18 ans depuis 1997 et dont on a déjà détruit près de 17 ans de sa vie pour d’obscures luttes de pouvoir au sein du régime camerounais.

 

Dominique Sopo, ancien président de SOS Racisme et président du comité de soutien à Michel Atangana en France, déclare :

« En réaction à ce nouveau déni de justice,

- une plainte nominative sera déposée à Paris dans les heures qui viennent à l’encontre des ministres de la Défense successifs puisque ces derniers ont été les geôliers de Michel Atangana qui aura été retenu arbitrairement dans des locaux dépendant de l’armée alors que ces derniers n’étaient pas officiellement une prison jusqu’en 2012 : Amadou Ali (ancien ministre de la Défense et actuel vice-premier ministre), Laurent Esso (ancien ministre de la Défense et actuel ministre de la Justice), Alain Mebe Ngo’o (ministre de la Défense depuis 2009).

- une campagne mondiale de sensibilisation sera lancée dans les jours qui viennent avec différentes structures agissant dans le domaine de la lutte contre l’arbitraire judiciaire.

 

En outre, le comité de soutien à Michel Atangana en France demande à ce que les autorités françaises fassent preuve de la plus extrême fermeté afin qu’un terme soit mis immédiatement au sort inacceptable qui est fait à notre ressortissant (qui fut d’ailleurs privé de visites consulaires de 1997 à 2010).

 

Enfin, le comité de soutien à Michel Atangana en France demande que les médias français s’emparent d’une affaire sur laquelle ils ont fait preuve d’une étrange discrétion depuis de nombreux mois. »

 

Comité de soutien à Michel Atangana en France

 

Contact presse :

Aline KREMER 0673069974

Amina M’Bow 0661062574

 

 

Comprendre l'affaire Thierry Michel Atangana au Cameroun:

 

Pour les lecteurs qui estimeraient ne pas être suffisamment informés sur cette affaire", voici quelques liens utiles:

  • http://libérez-michel-atangana.fr/

  • - https://www.facebook.com/LiberezMichelAtangana

 

Par ailleurs, en vue d'une meilleure compréhension du dossier, le blog suivant "http://blogs.mediapart.fr/blog/joel-didier-engo"en explique de manière méthodique tous les tenants et aboutissants, à travers différents articles:

 
Réponses aux questions relatives à la supposée "double nationalité" de Thierry Michel Atangana:

1) Monsieur Atangana ne s'est jamais prévalu de la nationalité camerounaise, comme il est communément affirmée dans certains commentaires, pour accéder à des responsabilités au Cameroun.

- D'une part le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité.

- D'autre part monsieur Atangana a toujours bénéficié d'un statut d'expatrié avec un titre de résident délivré par les autorités camerounaises (dont le dernier court jusqu'en 2014).

Il retourne au Cameroun au début des années 90 dans les valises du Groupe de BTP français Jacques Lefebres avec lequel il contribue à mettre sur pied le Copisur, dont il sera d’ailleurs le Président. Il y associera par la suite d'autres partenaires financiers français (vis-à-vis desquels la dette du Cameroun se chiffre aujourd'hui à quelques 313 milliards Fcfa).

Ce volet financier du dossier sera certainement tranché devant la cour arbitrale de Génève dans les prochains mois. On peut dores et déjà imaginer la suite si aucune médiation ne vient interrompre ces poursuites.

2) Dans le cadre de sa Présidence au Copisur, il a effectivement été l'interlocuteur des secrétaires généraux à la Présidence du Cameroun, auprès desquels il avait le titre de chargé de mission (sans rémunération de l'État du Cameroun, mais uniquement celles issues de l'accord entre le Cameroun et les groupes français partenaires au sein du Copisur).

Toutes ces informations sont aujourd'hui accessibles à toutes les personnes désireuses de s'informer sur le dossier. Inutile de relayer indéfiniment la désinformation des autorités du Cameroun, sur un dossier dont le volet camerounais a vraisemblablement été clos aujourd'hui (Mercredi 17 décembre 2013).


Joël Didier Engo

 

Compte rendu audience 17 décembre 2013

 

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