GABON:Les États -notamment occidentaux- n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts.

Le langage diplomatique a beau s'entourer de belles formules et autres tournures de phrases pour ne pas qualifier et appeler par son nom le coup de force électoral (le second après 2009) du despote héritier du Gabon Ali Bongo,il restera le profond malaise et l'hypocrisie d'une communauté internationale qui s'est adossée sur une Cour inféodée pour priver un peuple de son choix présidentiel.

gabon-resistance-voix-du-peuple

Il est simplement indécent de s’en prendre et de se montrer aussi insensible voire antipathique à l’égard d’un peuple qui veut s’affranchir dans les urnes de ce faux semblant ou double langage international, en prétextant comme l’ont fait certains africains (particulièrement les voisins Camerounais) des liens de famille entre Ali Bongo et Jean Ping, ou en s’abritant derrière un pseudo panafricanisme et souverainisme qui cachent en réalité une volonté de ne rien voir changer en Afrique centrale: ni la tutelle française et occidentale qui permet de se complaire dans le complotisme permanent et la victimisation, ni les tyrannies en place dont beaucoup y compris dans les diasporas espèrent secrètement en tirer quelques subsides.

Devant ce constat je suis – malgré ce second hold-up électoral d’Ali Bongo au Gabon – plus optimiste sur l’affranchissement programmé du peuple de ce pays de l’obscurantisme politique, que je le serais sur la capacité des Camerounais (mon pays d’origine) de se lever comme un seul Homme contre la dictature en place de Paul Biya depuis 34 ans, et ces intérêts français (notamment le Groupe Bolloré) qu’elle a érigés au Cameroun en rempart pour assurer sa pérennisation.

Voilà la conclusion que je tire de cette scène pitoyable que le dictateur Ali Bongo nous a infligée; et dont nous ne saurions être fiers comme Africains, singulièrement nous les ressortissants d’Afrique centrale. J’en ai honte et ne sais parfois plus où me mettre.

Que grand bien lui fasse, tant qu’il le pourra en tout cas. Parce qu’on ne triomphe pas éternellement contre son peuple, y compris sous la protection des puissances étrangères et de l’armée.

Le peuple du Gabon aura finalement raison des Bongo. Je n’en doute plus un seul instant!

Joël Didier Engo, Président du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

http://www.cl2p.org

cl2p

 

 

 

© Jacky Moiffo

QUAND LA FRANCE RECONNAÎT ALI BONGO SANS CLAIREMENT LE DIRE:"L'ALTERNANCE DÉMOCRATIQUE DEMEURE UNE BIEN GRANDE ASPIRATION POUR CES NÈGRES D'AFRIQUE CENTRALE"!!!

PEUT-ON EN DÉDUIRE, HÉLAS....

© Garvey1887

 

"Faut-il continuer d’organiser des élections présidentielles en Afrique?" Sur tout le reste du continent Oui, mais plus dans le "cœur des ténèbres de la démocratie" qu'est l'Afrique centrale (Cameroun, Gabon, Tchad, les 02 Congo, la Guinée équatoriale, et l'Angola).. tant que le pouvoir émanera des armes et du sang, avec des institutions factices à la solde des tyrans.

C'est à la communauté internationale de se montrer intransigeante. Ou alors elle devra dans les prochaines années subvenir au flot de réfugiés politiques et économiques en provenance de ces pays.

C'est maintenant qu'elle doit agir et le Gabon en fournit une chance inespérée, notamment pour l'Europe et la France.

Joël Didier Engo, Président du CL2P

cl2p

 

 

 

© IVOIRTV NET

 Gabon - CPI: comme une grossière manœuvre de diversion d'Ali Bongo sur ses crimes politiques de masse. Non à l'impunité d'un criminel d'État récidiviste!

bongotueurmeutrier

Cette saisine par le boucher de Libreville Ali Bongo ressemble à une grossière manœuvre de diversion visant à détourner le regard de la communauté internationale des massacres de la population civile du Gabon, puis des disparitions forcées (dont des bi-nationaux Franco-Gabonais) perpétrés des forces de sécurité transformées en milices au Gabon.

Il faut juste espérer que la Cour Pénale Internationale (CIP) va précisément saisir l'occasion inespérée qui lui est ainsi offerte pour enquêter en profondeur, inculper, puis enfin juger Ali Bongo à la Haye dans les prochains mois.

La diversion machiavélique ne saurait assurer une quelconque impunité à un criminel d'État récidiviste.

Joël Didier Engo, Président du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P)

cl2p

 

 

 

S.E. Jean Ping, Président élu du Gabon: « Nous refusons tout fait accompli du coup d’État institutionnel »

ping-et-partenaires

Mes chers compatriotes,

Notre pays traverse une crise très grave. Nous sommes dans une situation politique particulière. Je voudrais écrire ici que ce n’est pas la déclaration qui construit l’action politique. La déclaration vient souvent après l’action politique.

Je me suis présenté devant les gabonais pour présenter un projet de société. Il n’a jamais été question de mon sort personnel. Nos populations attendent de savoir ce que leur pays va devenir.

Nous refusons tout fait accompli du coup d’Etat institutionnel et nous nous y opposerons avec la plus grande détermination sans effusion de sang.

Dieu vous bénisse!

S.E. Jean Ping, Président élu du Gabon

 

[RENCONTRE AVEC LES AMBASSADEURS]

EN PRÉSENCE DES AMBASSADEURS DE L’UNION EUROPÉENNE, DES ETATS-UNIS, DE FRANCE, AINSI QUE LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU POUR L’AFRIQUE CENTRALE (UNOCA).

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur Jean Ping remercie la Communauté internationale pour sa contribution avant, pendant et après l’élection.

Aujourd’hui, les choses sont claires, le peuple gabonais a tranché. Nous avons, d’un côté une tentative grossière de contournement du choix du peuple et quelqu’un qui veut s’imposer une nouvelle fois par un Coup d’Etat électoral et une mascarade judiciaire. Et, de l’autre côté, un peuple qui a fait très nettement son choix en sa faveur.

Le Président que les Gabonais ont élu le 27 août dernier est Monsieur Jean Ping. La responsabilité qui lui incombe est de faire respecter le choix des citoyens conformément à l’article 9 de la Constitution de la République, ainsi que la charte des Nations-Unies, qui reconnait l’autodétermination des peuples à choisir librement leurs représentants. En effet, aucune institution au Gabon ne saurait être au-dessus de la Constitution ou du vote populaire.

Nous avons d’une part la Constitution, et d’autre part la décision inique d’une institution dévoyée et corrompue par un pouvoir complètement mis à nu.

Il constate aussi que la Cour constitutionnelle, malgré le risque de discrédit qui pèse sur elle, a pensé que la raison du plus fort est toujours la meilleure. Elle a ainsi fait le choix de figurer dans les pages les plus sombres de l’histoire du Gabon. Quelle triste destinée pour ceux qui vont devoir assumer cette responsabilité.

Depuis le début du processus électoral, Monsieur Jean Ping a toujours clairement exprimé son scepticisme sur les capacités des institutions en charge de la gestion des élections. La Communauté internationale, avec insistance, a fait valoir l’impérieuse nécessité de se conformer aux voies légales et de jouer le jeu des institutions.

Le processus électoral s’est soldé par un échec de la démocratie. Nul ne le conteste. Il s’est une nouvelle fois soldé par un Coup d’Etat électoral. C’est le lieu d’interroger la Communauté internationale et de l’inviter à prendre ses responsabilités devant cette situation qui l’engage également.

Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas une comptabilisation précise des arrestations, des assassinats et des massacres qui ont été perpétrés par certains éléments des forces de défense et de sécurité, appuyés par les escadrons de la mort.

Au Gabon, sous Ali Bongo, l’Etat de droit n’est désormais plus qu’une vue de l’esprit. On a du mal à compter les enlèvements à la pelle de personnalités politiques. Les arrestations arbitraires et les perquisitions illégales sont légion… Tout est mis en œuvre pour créer un climat de terreur et de psychose généralisé. Le régime Bongo-PDG a atteint le point de non-retour dans la barbarie, la dictature et le non-respect des droits élémentaires vis-à-vis de la personne humaine.

Monsieur Jean Ping, tout en condamnant le Coup d’Etat électoral, est déterminé à assumer toutes ses responsabilités pour restituer au peuple gabonais sa souveraineté, et donner toute sa légalité au pays réel qui dispose de la légitimité.

Il n’est donc pas question pour lui et les siens de reconnaitre Ali Bongo comme futur Président de la République. Son mandat actuel arrive à son terme le 15 octobre 2016.

Le président Ping ne se prêtera et ne cautionnera aucun arrangement d’arrière-boutique sur le dos du peuple gabonais qui a tant souffert, et qui souffre encore de cette période traumatique.

Viendra le temps de la réconciliation qui passera par le dialogue. Mais tant que la vérité des urnes ne sera pas restituée au peuple gabonais, rien de cela ne sera possible ou tenable.

Il appelle donc les Gabonais à la mobilisation et à la vigilance, pour faire échec à ce coup d’Etat électoral.

Plus que jamais, le Gabon, dans cette phase critique de son histoire, a besoin de tous ses enfants et de tous ses amis, unis et rassemblés, pour mettre en échec ce pouvoir illégitime et honnis dans les urnes par le peuple. La Libération du Gabon est en marche.

Je vous remercie.

L’image contient peut-être : 1 personne , texte

Jean Ping, Président élu du Gabon sur RFI: Ali Bongo «procède à un hold-up militaro-électoral» au Gabon

Par Jean-Jacques Louarn, Radio France Internationale (RFI)
Diffusion: vendredi 30 septembre 2016

Au lendemain de la présidentielle du 27 août, le Gabon est confronté à une crise post-électorale. Jean Ping a demandé jeudi 29 septembre à la communauté internationale de « prendre des sanctions ciblées » contre les responsables de ce qu'il appelle un « coup d'Etat militaro-électoral », réaffirmant qu'il ne « reconnaîtrait pas le pouvoir d'Ali Bongo ». Jean Ping sort de son silence. Est-il « KO debout » ? A-t-il cru réellement pouvoir accéder au fauteuil suprême ? Quel va être sa stratégie désormais ? Quelles initiatives va-t-il prendre ? A toutes ces questions, Jean Ping répond ce matin.

RFI: Jean Ping, certains vous disent KO, sonné. Dans quel état d’esprit êtes-vous? KO ou combattif?

Jean Ping: Je ne peux pas être KO. On ne peut pas être KO quand on sait qu’on a le peuple avec soi, le droit avec soi et la communauté internationale avec soi. On ne peut pas être KO.

Vous appelez chacun à la résistance active, c’est-à-dire des grèves nationales, des journées ville-morte, des marches? Ça veut dire quoi?

Ça veut dire, tout simplement, que nous avons en face de nous quelqu’un qui a usurpé les résultats des élections, qui a fait un coup d’Etat militaro-électoral, qui a pris le pouvoir, qui veut le conserver encore sept ans. Ça veut dire cinquante-sept ans de pouvoir. Et ils utilisent tous les moyens pour y arriver. Et je crois que, cette fois-ci, le peuple ne veut plus de ça.

Le nouveau Premier ministre Issoze-Ngondet a annoncé la formation d’un gouvernement d’ouverture, ouverture en direction des partis et de la société civile. Ne craignez-vous pas qu’il débauche certains qui vous ont rallié?

Oh, mais c’est certain ! C’est certain ! Ça se passe toujours comme ça ! Ici comme chez vous ! Ça se passe toujours comme ça ! Il va à la pêche, il va pêcher les gens. Nous le savions depuis le départ ! Et c’est toujours comme ça. Il n’y a rien d’étonnant à cela.

Aujourd’hui vous dites quoi? Vous dites : je suis le président, le mandat d’Ali Bongo va s’achever. Ne placez-vous pas ainsi le Gabon dans une impasse totale?

Non. Moi, je ne place pas le Gabon dans une impasse totale. C’est lui qui place le Gabon dans une impasse totale. Il n’a pas gagné les élections, il le sait. Il procède à un hold-up militaro-électoral, il cherche à se faire légitimer par tous les moyens. Et voilà.

Vous annoncez organiser un dialogue inclusif. Avec qui ? C’est-à-dire?

C’est simple. Le dialogue est quelque chose qu’on ne peut pas négliger. Surtout lorsque le pays traverse une crise aussi grave ! Je pense simplement que le dialogue doit être organisé par celui qui a gagné les élections, avec tous les Gabonais ! Pas par celui qui n’a pas gagné et qui cherche un dialogue juste pour se faire légitimer ! Et de surcroît, il vous appelle au dialogue révolver sur la tempe, les mirages qui terrorisent les populations à basse altitude, les hélicoptères d’attaque, les emprisonnements, les tueries. Est-ce un dialogue, ça ? Ce n’est pas un dialogue !

Diriez-vous qu’Ali Bongo ne tient pas compte de vos 47 % de voix?

Ali Bongo ne tient pas compte de ma victoire ! Quels 47 % des voix ?! Les 47 % des voix qu’il a annoncés et préfabriqués ? Vous connaissez la vérité ! Donc ne nous dites pas des choses qui sont contraires à la vérité !

Écartez-vous toute violence, Monsieur Jean Ping?

La violence est pratiquée par Ali, pas par nous ! Vous étiez ici à Libreville. Les avions à réaction qui volent à basse altitude, c’est contre qui ? Les hélicoptères d’attaque, c’est contre qui ? Les arrestations arbitraires, c’est contre qui ? Les morts qui ne cessent de s’accumuler, c’est contre qui ? Il y a une volée de violence disproportionnée de l’Etat. Et nous, nous n’avons tué personne ! Nous n’avons pas d’armes !

Aviez-vous pensé sincèrement - sincèrement - à un moment donné, pouvoir gagner l’élection, qu’Ali Bongo quitterait le pouvoir?

Bon, nous l’avons réellement pensé. Nous avons pensé que, pour une fois, il pourrait céder à la volonté populaire unanime. Mais nous connaissons l’homme. Et il a voulu en 1985 se faire proclamer prince héritier, faire passer le président Bongo pour un roi. Et il est dans cette posture ! Il pense qu’il va régner à perpétuité sur le Gabon et, après lui, ce sera son fils. Mais on n’entre pas au XIXe siècle à reculons. Tous ceux qui ont tenté de jouer à ce jeu-là ont fini par perdre. Qu’ils s’appellent Idi Amin Dada ou tout ce que vous voulez !

La communauté internationale vous a conseillé lourdement de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle. Vous l’avez fait. Le regrettez-vous aujourd’hui?

Oui et non. Non, parce que si nous ne l’avions pas fait, la communauté internationale nous aurait accusés de ceci ou de cela, de ne pas vouloir respecter les règles. Nous l’avons donc fait en pensant que la communauté internationale jouerait à son tour son rôle. Et ça n’a pas été le cas. Nous pensons que la communauté internationale doit maintenant jouer son rôle.

Diriez-vous que vous avez été dupe à un moment donné?

Non ! Je viens de vous dire. Dupe, ce n’est pas le mot qu’il convient. La communauté internationale nous a forcé la main en nous disant : cette fois-ci, ça pourrait bien se passer. Nous avons dit oui, parce que les communiqués de la communauté internationale sont clairs, les engagements pris étaient clairs. L’Union européenne a fait tout ce qu’elle pouvait et, malheureusement, ce que nous craignions est arrivé ! Nous, qui connaissons ces gens et nous, qui avons dit que la Cour constitutionnelle, c’est la Tour de Pise qui penche toujours du même côté.

Je retire le mot dupe. Pourrait-on dire que vous avez été à un moment donné ou que vous êtes aujourd’hui – pardonnez-moi l’expression – le dindon de la farce?

Vous pouvez employer tous les mots que vous voulez. Vous pouvez employer tous les mots que vous voulez. Nous savons simplement que la direction qu’on nous a demandé de prendre n’était pas la bonne. Nous avons fait ce qu’on nous demandait de faire. Aux autres de faire ce qu’ils ont promis de faire.

Le Gabon se réveille coupé en deux?

Non, le Gabon n’est pas coupé en deux ! Le Gabon, c’est le Gabon, avec une bande de voyous qui ont pris le Gabon en otage. Et la population gabonaise dans son ensemble est en danger. Elle appelle la communauté internationale à une assistance à population en danger. Voilà ! C’est clair !

GABON: LA SEULE SOLUTION C'EST LA RUE

© Malcom Du MAPANE

Ce n'est ni mon grand camarade Jean-Marc Ayrault, ni Jean Ping, encore moins Ali Bongo qui fera emporter le bon vœux sur le feu (et vice versa) au Gabon...

C'est le petit peuple courageux et pour le moins respectable de ce pays qui aura le dernier mot.

La France n'est plus capable aujourd'hui d'imposer ses choix stratégiques à des peuples y compris Africains qui aspirent légitiment au changement. Celui du Gabon ne veut plus d'un Bongo à sa tête...Cela pourrait nous paraître imbécile, naïf, voire irréaliste...mais je ne doute pas un seul instant que ce soit cette volonté-là qui finisse par prévaloir aussi bien face aux préférences de la France, à la culture camerounaise du statu quo tyrannique, voire aux ambitions dynastiques des deux protagonistes de Libreville.

Rien n’arrêtera la marche de ce peuple vers la démocratie élective, même pas les hordes de forces de sécurité transformées en milices d'Ali Bongo.

Joël Didier Engo, Président du CL2P

cl2p

 

 

 

ping-nouveau-president

GABON: CRÉATION D'UN CONSEIL GABONAIS DE LA RÉSISTANCE PAR LE PRÉSIDENT ÉLU JEAN PING

Source: businessjeunemagazine.com

Dans une déclaration datée du vendredi 07 octobre 2016, Jean Ping qui conteste toujours la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle du 27 août, annonce la création d’un Conseil gabonais de la résistance. Ce conseil aura la lourde tache d’unifier les actions contre le régime d’Ali Bongo.

Jean Ping continue de protester contre le "coup d’État militaro-électoral" fomenté par le régime d’Ali Bongo. Après avoir réussi jeudi, un premier tour de force contre les nouvelles autorités gabonaises en appelant à une journée de recueillement pour les civils gabonais assassinés lors des violences post-électorales, l’opposant passe désormais à l’offensive avec l’annonce de 8 mesures concrètes pour isoler et résister au pouvoir d’Ali Bongo.

Le président "élu" annonce une série de 8 mesures pour combattre pacifiquement le pouvoir "illégitime" d’Ali Bongo. Parmi celles-ci figurent en bonne place le Conseil gabonais de la résistance, chargé de coordonner et d’unifier les actions "des patriotes et des amis du Gabon opposés au régime illégitime d’Ali Bongo, et favorable à l’alternance démocratique au Gabon".

En outre plusieurs personnalités dont Ali Bongo, tenues pour responsables de ce coup de force électoral, figurent en bonne place dans le tableau de chasse de l’opposant et de la résistance qu’il appelle de ses vœux. Personnalités contre lesquelles, Jean Ping appelle la communauté internationale à des sanctions ciblées.
Voici l’intégralité de la déclaration du 7 octobre de Jean Ping :

Dans une adresse récente à la nation, j’ai porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir et l’autorité de monsieur Ali BONGO ONDIMBA, désigné Président de la république par la Cour constitutionnelle suite à un coup d’État militaro-électoral.

Par conséquent, j’invite l’ensemble des partis, personnalités politiques et amis du Gabon à poursuivre les efforts engagés en vue du respect de la souveraineté du peuple gabonais et partant, le rétablissement de la légalité républicaine.

Face à ce coup d’État militaro-électoral intervenu suite à l’élection présidentielle du 27 août 2016, il apparaît donc nécessaire d’organiser la résistance au régime d’Ali BONGO ONDIMBA, à travers toute l’étendue du territoire et partout dans le monde.

Celle-ci s’amorcera, à mon initiative, par l’organisation d’un dialogue national ouvert à tous : partis politiques, société civile et diaspora. Les mouvements associatifs, les organisations patronales et internationales amies du Gabon et préoccupés par la grave crise politique que notre pays traverse seront invités à apporter leurs précieuses contributions en faveur de la construction d’un cadre institutionnel fort et crédible, garant d’une véritable démocratie.

Nonobstant les initiatives et les actions qui seront entreprises sur le territoire national, et hors du Gabon, je recommande vivement de discipliner et coordonner l’action de tous les patriotes démocrates et partisans du changement. Ainsi, sur le territoire de l’union européenne et des États unis d’Amérique notamment, les actions suivantes seront entreprises:

1°- Unifier, structurer, conférer un statut légal et officialiser la création d’un Conseil Gabonais de la Résistance rassemblant, dans le cadre d’une structure unique, l’ensemble des patriotes et des amis du Gabon opposés au régime illégitime d’Ali BONGO ONDIMBA, et favorable à l’alternance démocratique au Gabon;

2°- Appeler la communauté internationale à ne pas reconnaître le pouvoir et le régime illégitimes d’Ali BONGO ONDIMBA issu d’un coup d’État militaro-électoral;


- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
dans les instances parlementaires (Assemblée nationale, Sénat) ;
dans les exécutifs locaux (Conseils municipaux, Conseils généraux);
dans la communauté des affaires : MEDEF, CIAN (Conseil français des Investisseurs en Afrique Noir), patronat allemand, américain, etc.

4°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
au sein de la Commission de l’Union européenne
au sein du parlement européen
au sein de l’exécutif et du Congrès américain
au sein du parlement allemand et les autres

5°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
au sein de la commission des droits de l’homme de l’O.N.U
au sein de la Cour Pénale Internationale (C.P.I)

6°- Saisir Amnesty international et tous les mouvements des droits de l’homme sur les événements post-électoraux ; intimidations, arrestations arbitraires, exactions, assassinats, entraves aux libertés individuelles et collectives et plus généralement en ce qui concerne les droits humains au Gabon;

7°- Contacter et mobiliser les associations des droits de l’homme dans les pays scandinaves, en raison du rôle certain que ces pays jouent, en la matière, dans les instances diplomatiques et les organisations internationales;

8°- Entretenir inlassablement, à l’exemple de la Syrie, une exposition médiatique de notre pays par le biais de nombreux relais déjà identifiés (journalistes africains, européens et américains notamment).

Enfin, tout en envisageant les mesures d’isolement de ce régime dictatorial, illégitime et totalement discrédité au sein de la communauté internationale, j’estime urgent et prioritaire de promouvoir toute action visant à faire prendre des sanctions ciblées à l’encontre des auteurs et complices de ce coup d’État militaro-électoral. Sans être exhaustifs, sont visées par les mesures précitées, les personnalités dont les noms suivent :

Ali BONGO ONDIMBA
Marie Madeleine MBORANTSOUO
René ELLA ABOGHE
Alain Claude BILIE BI NZE
Pacôme MOUBELET MOUBEYA
Lambert Noel MATHA
Mathias OTOUNGA OSSIBADJO
Frédérique BONGO ONDIMBA
Hervé Patrick OPIANGA
Général d’armée Jean EKOUA


Libreville, le 07 octobre 2016
Le Président de la république élu
Jean PING

 

© Jacky Moiffo

Les Africains, seuls véritables artisans de la fin du déséquilibre de la relation avec la France

 

Il faudra aussi que les Africains Francophones apprennent à ne surtout plus rien attendre de la France, et singulièrement des différents locataires de L’Élysée. La crise post-électorale au Gabon nous en fournit la démonstration.

 

Les priorités des peuples d'Afrique seront inévitablement et de plus en plus différents des intérêts préservés par les dirigeants Français (toutes familles politiques confondues), quand bien même ces derniers promettent un "partenariat d'égal à égal" qui n'est en réalité rien d'autre qu'une ode au maintien d'un statu quo parternaliste et hégémonique en Afrique Francophone, notamment en l'état des accords léonins avec la plupart des anciennes possessions coloniales.

 

Ce sont donc les Africains, surtout les jeunes générations, qui mettront un terme à ce déséquilibre structurel.

 

Joël Didier Engo, Président du CL2P

cl2p

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.