Pourquoi la chute de l’empire romain peut encore se reproduire.

Voilà un chapitre de l’histoire qui n’a cessé d ‘alimenter tout les fantasmes et les spéculations des historiens, des journalistes et des passionnés par ce sujet. Expliquer la fin de ce colosse permettrai de calmer nos angoisses et nos inquiétudes, afin d’anticiper peut-être la fin de notre propre système….

De nombreuses explications ont été avancées : insurrection des peuples, corruption, invasions barbares, voies romaines ayant servis de cheval de Troie…

Tout les facteurs que nous venons de mentionner ne sont pas propres à un empire ou un pays mais sont un peu des « constantes historiques » que l’on retrouvent très souvent à travers l’histoire.

Le talon d’Achille de l’empire romain se trouvait dans sa force lui-même, c’est à dire son organisation. Les romains avaient développés un système économique et social, ainsi qu’un réseau routier et de télécommunications qui n’englobaient que son empire et ses colonies. Le système romain, bien qu’impérial et autoritaire, avait su intégrer les peuples colonisés, ainsi que leur culture et leur croyance. Mais Rome décida d’ignorer ce qui se jouait en dehors de ses frontières, sa vision du monde, bien qu’ambitieuse se limitait souvent à la Mar nostrum.

Au fil des siècles le contraste était saisissant, l’empire et ses citoyens bénéficiaient de toutes les commodités et les progrès techniques que ce monde moderne pouvait leur octroyer, tandis qu’au delà des frontières, le temps s’était figé, le monde n’était que l’ombre de lui même, tout les regards se tournaient vers ce centre rayonnant...

La suite nous la connaissons, les peuples et les barbares de toutes horizons déferlèrent sur tout le monde romain, le traversèrent pour s’installer la ou bon leur semblaient.

Si Rome avait essayé de faire bénéficier à ces pays voisins et barbares les progrès techniques qu’ils maîtrisaient par des collaborations et en les intégrant dans une économie de marché, l’empire existerait peut-être encore, de la même manière qu’il avait su donner un rôle économique à ses colonies. Faire de l’anachronisme ne servira évidemment pas à réécrire l’histoire, mais peut nous aider à éviter les mêmes erreurs à l’avenir.

Ne pas avoir intégrer ces peuples barbares dans sa stratégie et sa représentation du monde, à défaut de pouvoir les intégrer dans son empire, voila ce qui a causé la perte de l’empire romain.

Notre monde actuel n’est pas si différent, la fracture est juste plus subtile à voir, plus délicate à décrypter : Le contraste entre pays riche et pays pauvre existe bel et bien. La diplomatie joue aujourd’hui le rôle de « centurion », en nous laissant croire que le monde est un état de droit, et que l’égalité pour tous fait son chemin.

Mais ce monde juste et durable n'existera que si chaque pays peut répondre demain à ses propres besoins, sans concurrence déloyale. Le monde ne sombrera pas de nouveau dans le moyen-âge que si chaque pays puissent bénéficier demain de tous les progrès techniques et de santé connus dans le « monde dit civilisé ». Aujourd’hui seulement quelques pays détiennent les rennes de l’économie, ainsi que les savoir-faire technologiques, énergétiques et industriels, indispensable à un véritable développement, mais ces nations se gardent bien de les partager au pays sous-développées. Ce déséquilibre pourra durer un moment, mais combien de temps ?

Rome, ou plutôt Bruxelles Washington ou Pékin se préparent à commettre la même erreur qu’en 476….

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