Comme à Marseille

Et si l'on s'inspirait du Printemps marseillais pour trouver le chemin de l'unité et de la victoire ?

Comment trouver le chemin de l’unité et de la victoire ? La question se pose pour la gauche depuis des décennies. De ci de là, des configurations inédites ont récemment permis le succès et ouvert des pistes que l’on croyait perdues. A Marseille par exemple. Et si on s’en inspirait pour affronter les prochaines échéances électorales ? Ici, une large union qui aurait pu l’être plus encore, s’est lentement construite sur la base de luttes et d’urgences partagées. Elle a associé citoyens engagés, membres de partis politiques, militants associatifs et habitants. Cela a permis un succès inattendu et s’est même prolongé aux sénatoriales avec trois élus issus des partis communiste, socialiste et écologiste.

Comment cette dynamique unitaire s’est-elle déployée ? Il a d’abord fallu construire collectivement un programme avec groupes de volontaires et appel à contributions. Le temps, la discussion et le travail partagé ont permis de mieux s’écouter, d’évoluer un peu, de mettre en avant les points communs. Chacun avait la parole et la plume et les dispositifs de démocratie participative ont été fort utiles.

Il a fallu aussi mettre les egos, les diktats et les logiques partisanes en suspens même si elles affleuraient dans les échanges ou dans les arbitrages sur la répartition des places. Plusieurs leaders ont su faire un pas de côté par rapport à leur organisation et l’on a ainsi fait de la diversité une force et des divergences de vue une dynamique. Une perspective s’est ouverte et de nouvelles énergies sont entrées en campagne, un nombre croissant de citoyens ou de militants désenchantés s’engageant dans l’action, chacun à sa façon et à son rythme. Tout cela s’est traduit dans un programme mêlant objectifs à moyen terme, mesures concrètes et convictions. Ce programme servira de feuille de route aux élus, d’aune au regard de laquelle les habitants pourront apprécier leur action et de boussole pour ceux qui rejoindront le mouvement.

Ainsi, le cœur partagé s’est avéré plus battant. En mettant en avant les questions d’égalité, de démocratie et de vie quotidienne, en articulant écologie et social, en déclinant le triptyque républicain, le Printemps marseillais a su convaincre une part importante de la population, certes encore insuffisante au vu du taux de participation, et la victoire est venue à ceux qui l’ont fait désirer le plus.

Cette dynamique unitaire ouvre de multiples chantiers qui n’iront bien sûr pas de soi. Mais elle est une étape qui se prolongera certainement lors des élections départementales et régionales car le travail en commun y contribuera et parce que les citoyens en imposeront l’exigence.

Et si l’on faisait ailleurs comme à Marseille ? Si des listes unitaires et citoyennes s’imposaient lors des prochaines élections locales ? Si l’on parvenait ensuite à trouver un chemin pour affronter cette élection présidentielle et son excessive personnalisation ? On ne sait pas encore comment mais savait-on l’an dernier comment cela allait se construire ici ? Alors, faisons confiance à la dynamique et déclinons en quatre saisons ce que Marseille a fait avec son Printemps.

José Rose, octobre 2020

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