L’amertume et la désillusion politique ne doivent pas emmener les varois à voter contre leurs valeurs et leurs convictions.

 

 

          Le spectre des années noires du front national fait trembler le cœur des républicains varois. A brignoles, capitale du centre var, toutes les forces tant démocrates qu’égalitaires se conjuguent et se mobilisent pour lutter contre les extrêmes mais aussi contre les menaces qui pourraient atteindre leur ville et le patrimoine de la Provence verte.

 Les varois dans l’ensemble se souviennent de la douloureuse expérience frontiste qui a conduit Toulon à la faillite politique, culturelle et socio-économique.

 

Front National dans le var : Bilan des années noires de Toulon.

          En 1995, le département varois va se distinguer du territoire national par son ancrage local au Front National. Certaines municipalités de la région PACA ont traversé des années noires, c’est notamment le cas de Toulon, cette ville sacrifiée par les extrêmes à devenir le laboratoire du Front national s’en souvient, cette ombre obscure hante toujours la région.

Le front national trouve sa place dans les municipalités qui connaissent une conjoncture économique difficile, un chômage très élevé où notamment des classes moyennes et ouvrières subissent des situations délicates c’est ce qui conduit les électeurs au pire.

C’est dans ce contexte que Mr. J.M Le Chevallier candidat FN remporta la mairie de Toulon profitant de la désunion de la gauche. Le bilan laissé derrière lui après la succession par le maire Mr. H. Falco est désastreux. Toulon est endettée, un directeur de cabinet meurt mystérieusement, un adjoint condamné pénalement pour viol, l’ancien maire frontiste et son épouse seront condamnés en 2001 pour détournement de fonds publics ; préférence nationale et suspicion des uns et des autres, un climat délétère et oppressant régnait sur la ville.

21 avril 2002 l'heure du front républicain:

          En 2002, à la stupéfaction des citoyens Français Mr. J.M Le Pen apparait aux côtés du président sortant et candidat à sa succession Mr. J. Chirac lors du second tour des présidentielles. Les Français se mobilisent en masse pour rejeter les extrêmes, le racisme, la xénophobie, l’homophobie et l’intolérance. La France, nation des droits de l’homme et des lumières appelle d’une seule voix au front républicain pour évincer le candidat du FN.

Le front national s’est endormi dans la région varoise pour mieux se réveiller et s’imposer localement. Mr. F. Boccatelli, un quarantenaire à la tête de la fédération frontiste du var veille à l’expansion du parti, fidèle Maurassien qui n’a pas totalement les mains propres car il fut condamné en 2000 à 6 mois de prison ferme pour violence en réunion avec arme.

Brignoles l’affront national.

          En 2013, Brignoles se réveillera en bleu marine au lendemain de l’élection cantonale partielle. Le Front national s'imposera  à Brignoles, son candidat, Mr. L. Lopez, Limougeaud de naissance, parachuté à Brignoles par les cadres du parti frontiste, il remportera dimanche 13 octobre 2013 l’élection organisée dans ce canton du Var avec 53,91% des voix contre 46,09% pour sa rivale de l'UMP Catherine Delzers. Le candidat frontiste qualifiait sa victoire de « divine surprise », cette phrase passée inaperçue révèle les références politiques et littéraires extrémistes et antisémites, l’auteur n’est autre que Charles Maurras, la référence frontiste fut un théoricien du nationalisme intégral et un soutient du régime de Vichy condamné après la seconde guerre mondiale pour intelligence avec l’ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation de la nation.

 

Mobilisation : Brignoles ne sera pas un laboratoire du Front National.

          En 2014, les élections municipales de Brignoles ont réuni le 23 mars dernier près 11704 électeurs se sont déplacés dans leur bureau de vote respectif pour élire leur futur maire pour les six prochaines années. Les urnes se sont exprimées et le résultat est sans appel, le candidat frontiste obtient 37.07% talonné par la candidate de l’union de la droite Mme la députée J. Pons qui obtient quant à elle 35.54% des voix.  Ces résultats pourraient être rassurants dans la mesure où  27.39% des  voix du candidat divers gauche Mr. J. Broquier devraient se reporter vers la candidate de l’union de la droite, mais aujourd’hui rien n’est certain à Brignoles. En effet, le candidat divers gauche Mr. J.Broquier s’est solennellement retiré en déclarant : «Le FN est en tête, nous sommes en troisième position et Mme. Pons refuse le rassemblement républicain que je lui ai proposé ». Ce retrait devrait profiter à la candidate Mme. J. Pons mais rappelons d’aucun message clair n’a été envoyé par la liste divers gauche. Les brignolais espèrent opérer à un front républicain afin d’évincer le candidat frontiste et faire barrage aux idéologies prônées par le FN qui n’ont jamais abouties dans aucune mairie qu’ils ont pu tenir dans le passé.

L’heure est à la mobilisation et à la résistance, les brignolais seront rappelés aux urnes ce dimanche 30 mars. Les militants, la jeunesse et les ainés se mobilisent et sensibilisent les brignolais de l’importance de voter républicain. Le premier tour était le tour de la colère, de la contestation dû à la politique menée par le gouvernement mais le second tour n’est pas un tour d’essai, les choix des brignolais seront décisifs. Le Front Nation n’a pas le monopole du patriotisme, les brignolais sont français, républicains, profondément laïcs et démocrates. Le socle commun de tous les brignolais se retrouve au sein des  valeurs de la république, ensemble  tous les brignolais pourront choisir l’avenir de leur ville sereinement et refuser que Brignoles deviennent un laboratoire bis du Front National.

Brignoles, n’est pas une ville sinistrée et la jeunesse qui la compose n’est pas désespérée. La jeunesse brignolaise est entreprenante, vive et engagée. Cette ville est aussi synonyme de partage et d’ouverture d’esprit à l’image de trois amis brignolais : Arnaud Boyer, Djamal et Saïd Ameziane qui sont à l’origine de la création d’une association humanitaire «un pas, un sourire» qui ne se sont jamais quittés de la primaire jusqu’aux bancs de la faculté. Ces brignolais honorent brignoles jusqu’au Togo par la création d’une école parce que l’instruction est la garantie d’un avenir démocrate.

Brignoles c’est le partage, c’est le vivre ensemble, l’envie d’être fier de sa ville et de ses dirigeants.

 L’individualisme et la préférence identitaire n’ont pas leur place dans le décor de notre ville, le monde évolue et il est nécessaire d’évoluer ensemble, le nationalisme étroit est une sortie sans issue.

La jeunesse brignolaise aspire à vivre en liberté, en démocratie  et être tolérante en s’épanouissant  des richesses des uns et des autres dans le respect des valeurs républicaines.

Brignoles c’est vous, brignoles c’est eux et c’est nous, ensemble nous pouvons bâtir un avenir politique où toutes les pensées trouveraient leur place en république parce que l’écriteau de la république devra un jour prendre tout son sens : liberté, égalité et fraternité.

Brignoles ne se brisera pas ! Brignoles ne sera pas martyrisée !  Et Brignoles restera libre, indépendante et républicaine !         

Aux urnes Brignolais !                                                                                    

Mlle Jouhra AMEZIANE.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.