Henri Jibrayel sera jugé en correctionnelle

L’ex-député PS est accusé d’avoir offert des croisières à des administrés en vue des élections législatives de 2012.

Député (PS) des quartiers nord de Marseille de 2007 à 2017, Henri Jibrayel a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de la cité phocéenne pour abus de confiance et prise illégale d’intérêt.

Une enquête ouverte en 2011 après une lettre anonyme a mis au jour « un système visant à détourner des subventions, via des associations de quartier n’ayant aucune autonomie, dans le but de financer des opérations à visée électorale », ont affirmé les juges d’instruction Benoît Couzinet et Valéry Muller dans leur ordonnance signée le 3 août.

M. Jibrayel est en effet soupçonné d’avoir négocié en personne avec un transporteur de la SNCM quatre journées de croisière pour 1 200 personnes âgées de sa circonscription en mai 2011, puis en juin 2012, une semaine après sa réélection aux législatives. « J’ai vu ce genre de choses avec des petits vieux à de multiples reprises, c’est un vote important à caresser pour les politiques de tout bord », a affirmé le président du directoire de la SNCM à l’époque.

Les factures, de 31 650 et 38 520 euros, avaient été réglées par trois associations dont les juges estiment que l’ancien député était le gérant de fait.

Également conseiller départemental des Bouches-du-Rhône, Henri Jibrayel est aussi accusé d’avoir œuvré au versement par le conseil général du département des subventions à ces associations, ce qui explique sa mise en cause pour prise illégale d’intérêts.

Décédée en cours d’instruction, son assistante parlementaire avait reconnu travailler « à la fois pour le bien du quartier vis-à-vis des seniors par exemple et pour [Henri Jibrayel]. Mes interventions et mes associations me servent pour les deux buts ».

L’intéressé, lui, se dit « serein » : « On ne m’a pas vu sur le bateau en train de haranguer la foule, de faire de grands discours pour dire ‘vous êtes venus, alors votez pour moi dans un an !’. Personne ne peut démontrer ça, ça n’existe pas », a-t-il lancé à l’AFP.

Une déclaration qui contraste avec celle de son attachée parlementaire : « Tout comme les autres politiques qui font ce genre de choses, c’est pour eux, pour leur réélection. C’est naturel. Tous les élus font du clientélisme politique », avait-elle affirmé au cours de son interrogatoire.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.