Jules Spector Lyon-Caen
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Billet de blog 10 nov. 2022

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Drogues et politique : changeons de regard

La « guerre contre la drogue » est aussi vieille que la drogue elle-même. Élément de communication plus que réelle politique de santé publique, je vous propose ici un tour d’horizon des arguments prohibitionnistes et quelques éléments de réponse.

Jules Spector Lyon-Caen
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Sous la Ve république, le ministre de l’intérieur est souvent le second personnage du gouvernement, quand il n’est pas officieusement le premier. Et, en tant que premier flic de France, il faut à tout prix trouver un créneau politique où être à l’offensive, sans quoi vous serez vite qualifié de « laxiste » et direz adieu à vos rêves élyséens. Alors, quand un ministre n’a pas de musulmans pas assez Charlie à perquisitionner ou de gilets jaunes à matraquer, il relance, comme Gérald Darmanin à l’été 2020, la guerre contre la drogue. Cette idée a, politiquement, beaucoup d’avantages : elle permet de faire à l’infini des effets d’annonces sans aucune portée pratique réelle, mobilise l’électorat principal de la droite - les plus de soixante ans - sur un sujet à priori consensuel, et permet de stigmatiser les jeunes de banlieues sans dire haut et fort qu’on stigmatise les jeunes de banlieue. En somme, politiquement, la surenchère à la guerre contre la drogue a tous les avantages. 

Cependant, on en oublie une chose : « les drogues » ne sont pas un produit unique, il y a des usages variés et des législations différentes selon le produit, et surtout, il s’agit d’un enjeu de santé publique et non pas de sécurité. Ainsi, avant de présenter les politiques menées et les raisons de leurs échecs successifs, il me paraît nécessaire de faire un petit tour d’horizon. 

Selon drogues info services, est définie comme une drogue « toute substance qui modifie la manière de percevoir les choses, de ressentir les émotions, de penser et de se comporter ». En d’autres termes, une drogue est un produit qui a un effet psychoactif. En France, elles ont plusieurs statuts : elles peuvent être légales et réglementées sur la base de l’âge (comme l’alcool, le tabac, le poppers, etc) ou sur la base d’une prescription médicale (antidouleurs à base de morphine ou de codéine, antidépresseurs benzodiazépines, etc). D’autres drogues sont illégales : il est interdit de les consommer, transporter, posséder, vendre, acheter ou céder, avec des peines allant de deux à vingt ans de prison. 

La différenciation entre les drogues légales et illicites n’est pas basée sur des critères purement médicaux : la moindre dangerosité du cannabis par rapport à l’alcool fait l’unanimité dans la communauté scientifique (1), pourtant, l’un est interdit et sévèrement réprimé, et on voit des publicités pour l’autre dans les transports en commun. Pour aller plus loin dans l’absurde : Gérald Darmanin essaie, en vain depuis deux ans, d’interdire en france la consommation et le commerce de CBD, pourtant autorisés de force par la Cour de Justice de l’Union Européenne en 2020 sur la base d’un rapport de l’OMS pointant que le CBD était «  dépourvu de propriétés psychoactives, ne peut donner lieu à des abus et son potentiel dépendogène est nul » (2).  L’excuse invoquée confinait au ridicule : on ne pouvait pas laisser les commerces de fleurs de CBD prospérer, car cela forcerait la police à devoir différencier le CBD du « véritable » cannabis , et cela serait une charge de travail trop importante. Après des décrets annulés et de nombreux recours devant le Conseil d’État, la question n’est toujours pas réglée et les vendeurs de cannabis CBD ont un statut toujours flou. 

On voit bien ici que l’enjeu est un enjeu d’image et non pas de santé publique : il est scientifiquement incohérent de prétendre que l’interdiction du CBD ou même du cannabis a une quelconque cohérence en termes de santé publique alors que la consommation d’alcool est légale et même encouragée alors qu’elle tue 41 000 personnes par an en France (3), et que la consommation de tabac est autorisée alors qu’elle tue 75 000 personnes par an en France, et qu’elle est à l’échelle mondiale responsable chaque année de plus de morts que le paludisme, le sida et les guerres réunies (4). Pour mettre en parallèle, il est impossible de trouver un chiffre clair et consensuel sur les morts liées au cannabis, mais celles-ci sont de l’ordre de la centaine par an - morts liées indirectement uniquement, puisque l’overdose de THC est tout bonnement impossible. 

Alors, si les raisons des politiques actuelles plus axées sur les annonces tonitruantes et la répression à tout va que sur une campagne de sérieuse de santé publique sont évidentes, d’où viennent ces politiques anti-drogues ? 

Dans les années 1930 commençait aux États-Unis la commercialisation de l’aspirine et de la morphine en tant qu’antidouleurs, morphine qui a depuis montré ses effets délétères. L’industrie pharmaceutique ayant peur du développement du cannabis comme concurrent, certains laboratoires lancent dans les médias de grandes campagnes de diffamation, en utilisant par ailleurs entre autres des arguments racistes (les noirs fumeurs de cannabis violeraient les femmes blanches) (4b), ainsi que des études truquées. Conséquence de ce lobbying médiatique intense : en 1937 voit le jour au congrès américain la première loi anti-cannabis. Et, l’hégémonie culturelle américaine aidant, cette guerre non pas contre la drogue mais contre certaines drogues s’est répandue sur le monde, transformant des pharmaciens en criminels et donnant naissance au crime organisé moderne, massivement structuré autour du trafic de stupéfiants - cannabis et cocaïne en tête. 

En France, la législation sur les stupéfiants est basée sur la loi de 1970 qui définit les peines liées aux produits stupéfiants. En la matière, nous avons la législation la plus répressive en Europe, puisque la simple possession ou consommation de produits stupéfiants, quelle que soit la quantité, est passible de prison. Cet excès législatif doit être mis en parallèle avec l’excès inverse : nous sommes aussi le pays le plus consommateur de cannabis en Europe. Selon le rapport européen sur les drogues (5), 22% des 15-34 ans ont consommé du cannabis dans l’année contre 17,5 au Pays-Bas où la consommation est tolérée, et seulement 8% au Portugal où elle est même dépénalisée.

De là à dire que le tout-répressif est une impasse, il n’y a qu’un pas. De toute manière, il est impossible d’empêcher un consommateur de consommer : ni en asséchant les réseaux, ce qui est impossible à l’heure du bitcoin et de ses transactions (relativement) anonymes, ni en emprisonnant les usagers. Il est temps de considérer l’usager récréatif comme un adulte responsable de ses actes, et l’usager addict comme un malade, une victime et non un coupable. Et cela fonctionne pour le cannabis mais aussi pour tous les autres produits. 

À titre d’exemple, celui des produits hallucinogènes est édifiant. On y range tous les produits dits « psychédéliques » qui induisent une altération des sens - vue, toucher, odorat, ouïe, goût - ou leur mélange - appelé synesthésie. Plus concrètement, il s’agit des Psilocybe (champignons hallucinogènes), LSD, DMT, salvia divinorum, etc. Ces produits impliquent un risque d’addiction nul : leur prise est un « trip », une expérience que le consommateur peut tenter quelques fois, mais ne peut pas devenir une habitude comme le cannabis ou la cocaïne. Leur potentiel addictogène est donc nul, et leurs effets négatifs sont faibles comparé aux drogues légales : la redescente liée à la consommation peut, à forte dose, entraîner des bouffées délirantes ou de la paranoïa - tout comme le sevrage d’opioïdes. Un excès de leur consommation peut accélérer la survenance de trouble comme la schizophrénie mais cela ne concerne que les consommateurs déjà à risque.

En somme, il n’y a strictement aucune raison d’interdire les produits psychédéliques d’un point de vue médical. Leur interdiction est uniquement liée à des considérations électorales et paternalistes issues d’un autre temps : c’est un produit majoritairement consommé par les jeunes, souvent issus d’une contre-culture, bref, on en retourne finalement aux deux côtés des barricades de mai 68. D’un côté des actifs, raisonnables, électeurs centristes, bien harnachés dans leurs costumes-cravates, face à des jeunes des quartiers débraillés, parlant mal, et ayant des pratiques culturelles incompréhensibles pour ceux d’en face. 

Enfin, concernant les drogues dites « dures », même si cette définition n’a pas de réel sens, la question est intéressante aussi. Admettons qu’on y regroupe la cocaïne, l’héroïne et tous les dérivés de l’opium - dont les médicaments en vente réglementée mentionnés plus tôt. Il s’agit ici de produits à haut, voire très haut potentiel d’addiction. La cocaïne peut entraîner un craving (envie subite et incontrôlable de consommer) dès la première prise, et l’héroïne abîme tellement les circuits de la récompense de notre cerveau qu’une personne qui en a consommé une fois par injection a un risque très élevé de tomber dans l’addiction. Et c’est sans mentionner le Crack, dérivé de la cocaïne, et les addictions aux opiacés médicamenteux qui passent doucement sous le radar à force de prescriptions médicales complaisantes - voir, à ce sujet, la crise des opiacés aux États-Unis. 

Dans ces situations, on voit bien que le consommateur est victime de sa consommation, et que toute tentative de le « responsabiliser » par des éléments répressifs ou une culpabilisation ne changera strictement rien. L’addiction se moque de votre bon sens et de votre rationalité. Elle détruit, ravage et prend contrôle de son hôte, sans aucun ménagement.

La seule solution sérieuse à ce problème, en partant de l’idée que le gouvernement se soucie avant tout du bien-être de ses citoyens, est en plusieurs parties. 

Tout d’abord, l’ouverture et la généralisation des Salles de Consommation à Moindre Risque (SCMR), pour que les personnes en situation de dépendance puissent consommer dans des conditions où elles seront elles-mêmes en sécurité (sans le risque de transmission de maladies par seringue ou par paille, par exemple). 

Ensuite, la dépénalisation et peut-être légalisation de la consommation : la place d’une personne dépendante est dans un hôpital et pas en prison. 

Et, le plus important : la généralisation de la vente, sur prescription et après avis de plusieurs médecins uniquement, de produits de substitutions permettant aux personnes dépendantes de vivre, sur le moyen et long terme, au-delà des centres de désintoxication. 

Voilà pour l’analyse médicale et rationnelle. Mais il est un sujet que j’ai pour le moment occulté, et qui est le sujet le plus politique lié à la question des drogues : la population à laquelle s’adresse la guerre contre la drogue. 

Guerre contre la drogue ou guerre contre les pauvres ?

Il faudrait être aveugle ou d’une immense mauvaise foi pour ne pas voir que cette lutte est en réalité une énième manière plus ou moins cachée de s’attaquer aux jeunes des quartiers populaires, à l’image que le français moyen se fait du dealer depuis sa banlieue pavillonnaire. L’ « ensauvagement » décrit par Darmanin en août-septembre 2020, comme les saisies spectaculaires de drogues par les forces de police (15g de cannabis saisis dans un train, rendez-vous compte !) ne s’adressent pas aux avocats d’affaires du 16e arrondissement qui consomment leur gramme de cocaïne hebdomadaire le samedi soir. Cette guerre contre la drogue n’est qu’une énième façon de faire la guerres aux pauvres, aux habitants des banlieues, disons-le : aux jeunes hommes racisés. Cette politique n’est qu’une excuse, une feinte, pour rassurer l’électorat, croissant, qui ne demande aux politiques que des preuves de plus en plus éclatantes de fermeté face à des territoires supposément « perdus » pour la république.

Indépendamment de la criminalisation de personnes malades, cette guerre contre la drogue a, en effet, tout de culturel. Si fumer un joint n’est pas plus dangereux que boire un verre de vin rouge, la seule chose qui différencie ces deux pratiques est l’imaginaire auquel elles renvoient. Encore une fois, on retourne aux barricades de mai 68, la bourgeoisie raisonnable désemparée face aux pratiques culturelles nouvelles de jeunes débraillés et parlant une langue qui, sans être différente, n’est pas non plus la leur. Et, pour mater une jeunesse qu’on ne comprend pas, la solution classique est bien souvent d’envoyer la police. Qu’il les traite de casseurs, d’islamistes ou de dealers ne changera rien a la réalité : Darmanin veut montrer à son électorat qu’il a une main ferme avec les habitants des quartiers populaires. Et cette guerre absurde contre la drogue n’en est qu’un énième avatar, comme l’étaient les perquisitions et gardes à vue assumées comme arbitraires après les attentats du Bataclan et de Conflans Sainte-Honorine.

Le ministre de l’intérieur a une mission : assurer la sécurité des citoyens français et de toute personne se trouvant sur le territoire. Alors, s’il ne peut empêcher ni les ratonnades croissantes perpétrées par des groupes fascistes, ni les centaines de femmes mourant chaque année sous les coups de leur mari, il trouvera une feinte : taper sur les jeunes des cités, encore. 

Le délit de vivre différemment a décidément de beaux jours devant lui. 

Avancer des arguments rationnels et médicaux est une bonne chose, et c’est le seul bout par lequel nous devrions prendre ce problème. Mais si votre interlocuteur se moque du sujet en question et ne l’utilise que dans un objectif de communication, il faut agir autrement. On ne débat pas médecine avec un décideur qui veut tout régler par les armes. Il est urgent d’intégrer la question des drogues et du trafic au corpus idéologique de la gauche antiraciste, et d’assumer que l’obsession des pouvoirs publics pour un problème qui reste marginal n’a rien de sanitaire et tout d’une lutte de classes. À cet effet, il est intéressant de voir que la DEA, l’agence anti drogues du gouvernement américain, a reconnu récemment dans une vidéo l’origine raciste des premières lois anti-drogues (6). 

La guerre contre les drogues n’est qu’une énième de ces batailles qui se joue dans cette guerre de classes, cette guerre contre les pauvres. Ne pas le voir revient à considérer que les pouvoirs publics font simplement des erreurs méthodologiques, n’ont pas toutes les informations. Ils savent très bien ce qu’ils font. À nous d’opposer un front antiraciste et populaire face à cette guerre qui nous est faite. En d’autres termes, à nous d’opposer un front de classe. 

En matière de drogues comme en toute autre matière, on pourrait résumer la politique gouvernementale comme ceci : combattre les miséreux plutôt que la misère.

références

(1) https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4311234/#b3

(2) https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/344328/9789240019669-fre.pdf?sequence=1

(3) https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2020/consommation-d-alcool-en-france-ou-en-sont-les-francais

(4) https://www.youtube.com/watch?v=ohVvJGCwYKM

(5) https://www.emcdda.europa.eu/system/files/publications/13838/2021.2256_FR_02_.pdf

(6) https://youtu.be/PD9bdBKXeyY

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