Retour sur le premier Atelier des villes pairs

L'Atelier des villes pairs et territoires pilotes de la transition, rassemble 4 villes pionnières des enjeux de développement durable en France. Pour en tirer le jus, le retour d'expérience, et identifier les invariants de leurs méthodes respectives, démocratiques et réussies, de conduite du changement...

On a lancé une démarche de "Villes pairs". Des villes qui veulent contribuer par leur retour d'expérience à l'outillage d'une mise en trajectoire, en résilience, de tout territoire vers la durabilité.

C'est une démarche un peu folle que de penser qu'on peut, par nos regards croisés, poser le cadre d'une vision partagée suffisamment subjective pour être universelle, de ce que serait un référentiel de transition vers la durabilité.

Un référentiel basé sur le code source, commun, adaptable des méthodes locales, démocratiques et relativement réussies de développement territorial durable. Un code creative commons pour faire germer des écosystèmes coopératifs territorialisés un peut partout...

L'intérêt des villes pairs c'est de participer à l'élaboration pionnière d'un espace de travail et de pilotage de leurs transitions. Loos-en-Gohelle, le Mené en Bretagne, Malaunay en Normandie et Grande Synthe à côté d'Audruicq se sont réunies pour y travailler. Elles posent ainsi la question de la transmission et de la pérennisation de leur patrimoine en espérant des retombées positives.

Déjà pour elles mêmes, alors qu'un nouveau cycle apparaît (notamment électoral) et qu'elles sont confrontées à une forme d'épuisement des ressources écologiques, économiques (au niveau local et global).

Mais aussi pour les autres qui pourraient profiter de leur retour d'expérience et demain, si le dispositif d'atelier se stabilise comme un espace propice pour ce faire, participer de cet espace commun de patrimonialisation et de pilotage des transitions. Le code source est appelé à s'enrichir. A se généraliser, peut être même à se contredire. Ce qui est vrai aujourd'hui le sera t il encore demain?

Les villes sont à l'initiative, Loos en particulier. Elles ont trouvé dans l'Institut Européen pour l'Écologie des Fonctionnalités et de la Coopération (c'est pas ça IEEFC?) le cadre propice pour penser et imaginer ce projet soutenu par l'Ademe et le CGET.

Elles embarquent avec elles des Maires, des élus, des Techniciens mais aussi des Acteurs économiques et habitant le territoire (un agriculteur et un développeur alimentaire lors du premier atelier tenu le 11 septembre) qui travaillent entre pairs au positionnement d'une première version consolidée du référentiel.

C'est une démarche inédite pour elles. Mais aussi pour les institutions qui les soutiennent.

L'IEEFC est le cadre propice qui a permis au projet de sortir. D'abord pour les relations de confiance établies mais aussi pour ce que l'Institut représente : un espace en devenir déjà bien stable sur sa base, avec des entreprises, des labo, des territoires pour lancer des formes dynamiques de politiques alternatives à l'effondrement (le terme fait peur mais il sonne fort et je n'ai pas mieux) qui s'annonce.

Pas de celles qui s'inscrivent dans la lignée électorale mais bien de celles qui maillent de nouvelles formes de solidarités (face aux chocs à venir justement).

La question Politique y est posée sous un tout autre méridien. Alors que Gaia gronde et qu'il va falloir s'adapter.

Si les villes ont des choses à dire sur la coopération et l'écologie des fonctionnalités au sein des territoires où elles agissent, elles ne font pas systèmes entre elles. En tout cas pas assez. Systèmes au sens de relations, d'écosystème politique.

Généralement leurs systèmes établis sont ceux du bornage administratif hérité. Alors qu'elles sont distantes géographiquement, les villes pairs et territoires pilotes peuvent demain via l'atelier travailler à des formes de mutualisation, de préservation et d'accroissement de leurs ressources respectives et partagées.

Une visée à moyen terme serait d'en faire un Atelier reconnu de coproduction des dynamiques de transitions. Là ou on va travailler, ajuster, déployer le code source utile à nos programmes de résilience territoriale. C'est le début... Ça s'annonce bien ! 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.