Coconstruire la résilience des villes et territoires pilotes africains

L’Atelier des villes pairs trouverait tout son sens au plan international pour accélérer et généraliser le développement durable et surtout la montée en compétence « systémique et réflexive » des acteurs de territoires africains.

Invité par l’IFDD, Institut de la Francophonie pour le développement durable, j’ai participé au Congrés Africités à Marrakech.

Une grand messe à l’attention des collectivités africaines. J’intervenais aux côtés de quatre aux panélistes (*voir plus bas) dans la table ronde dédiée à l’ingénierie technique pour le développement durable des petites villes et villes intermédiaires.

J’ai surtout abordé l’ingénierie systémique qu’il faut pouvoir développer (à partir du retour d’expérience modélisé, ou code source, de Loos-en-Gohelle et de notre travail avec Atemis et l’IEEFC) au-delà de l’ingénierie technique, thématique : les dimensions culturelle et participative, le rapport au pouvoir et au leadership partagé, l’organisation de travail réflexive et le décloisonnement du management en partant du processus de coconstruction de la Charte du Cadre de Vie et du Forum Citoyen Permanent loossois (en insistant sur l’approche en fifty-fifty et notre contexte budgétaire très restreint).

L’image de l’Eglise produisant de l’électricité photovoltaïque a fait un carton ! Les Maires africains, nombreux dans la salle, notamment en provenance du Cameroun et du Burkina Faso, ont partagé leurs expérience de l’innovation démocratique, leurs difficulté face au pouvoir centralisateur, leurs efforts pour endiguer la pauvreté et structurer la résilience de leurs territoires.  

Comme le dit par exemple Mme Focam, adjointe au Maire à Bassoufam, au Cameroun : « je suis persuadée, comme présenté ici que c’est la gestion participative qui va nous amener à réussir. Nous avons mis en place ce que nous avons baptisé les Petites Mairies dans 40 quartiers de la ville. Ce sont des unités de planification et de suivi du développement local. Les citoyens qui y participent sont formés à la planification et à la gestion des ouvrages et des réalisations qui peuvent être faites dans les quartiers. Elles rassemblent 15 personnes élues par les habitants du quartier qui s'occupent de l'hygiène, de verdir le quartier, des ouvrages (les ponts, les puits, etc.). Mais nous avons beaucoup de problèmes avec cette initiative. Nous sommes à ma connaissance la seule Mairie à faire cela au Cameroun. Quand nous avons voulu doter ces unités de matériel, l’Etat nous en a empêché parce que ce ne sont pas des structures reconnues, donc on a eu un refus du prescripteur général. Les petites dépenses ne sont pas autorisées. Ma question : qu'est-ce qu'on peut faire ? »

L’Atelier des villes pairs trouverait tout son sens au plan international pour accélérer et généraliser le développement durable et surtout la montée en compétence « systémique et réflexive » des élus, des agents et des entreprises ou associations citoyennes de villes africaines dans leurs rapports de coopération (en interne de la collectivité mais aussi en externe avec des partenaires comme l’Etat).

Le Maire de Bana, dans les montagnes camerounaises (engagé dans un projet de préservation active et participative de la forêt et de la biodiversité), le Maire de Ouahigouya, au Burkina (engagé dans un plan d’occupation des sols), ont été particulièrement sensibles à notre démarche et ont pris le temps de venir longuement me parler suite à l’exposé pour identifier les pistes de coopération potentielles.

J’ai également pu nouer un contact prometteur avec un chef de projet au département DD de l'Agence Française d'expertise technique internationale, articulée à l'AFD, l’Agence française de développement.  Elle a mise en place des dispositifs de coopération pour partager l’expertise entre territoires en développement durable français et africains.

*Autres pénalistes : Vincent KITO, responsable service énergie ONU Habitat, basé à Nairobi ; Sylvie SYAM SIWE Directrice de la coopération du Feicom, Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunal, basé à Yaoundé ; Joseph Maria LIOP TORNE Directeur Programme international des architecte, basé en Europe ; Mamadou KONE et Gladice Alida, spécialistes du programme énergie durable à l'IFDD, basé à Québec.

 

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