Jouet Club: peluches, poupées et kalachnikovs!

Comme il est de coutume depuis maintenant 18 ans, chaque année nous recevons dans nos boites aux lettres le catalogue Jouet club !  Aussitôt réceptionné, s’est  armé de leur stylo que nos chers bambins s’empressent d’entourer, cocher et découper les jouets qu’ils souhaiteront voir sous le sapin, tandis que les parents, eux, tentent de limiter désespérément une liste toujours plus foisonnante.

Comme il est de coutume depuis maintenant 18 ans, chaque année nous recevons dans nos boites aux lettres le catalogue Jouet club !  Aussitôt réceptionné, s’est  armé de leur stylo que nos chers bambins s’empressent d’entourer, cocher et découper les jouets qu’ils souhaiteront voir sous le sapin, tandis que les parents, eux, tentent de limiter désespérément une liste toujours plus foisonnante.

En bon distributeur de jouet, l’enseigne propose ainsi dans ce catalogue,  435 pages de produits divers et variés pour satisfaire aussi bien les tout petits que les adolescents. En le feuilletant je m’attendais par consèquent à trouver les légendaires dinettes, les populaires cuisinières ou encore les célèbres camions de pompier. Cependant je ne m’apprêtais  pas à trouver à la page 254 une imposante kalachnikov en milieu de page accompagnée d’un véritable arsenal ou l’on peut y trouver le kit du parfait policier prêt à aller combattre à Sivens ou encore un jolie MP5 connue pour équiper la police et la douane allemande.  Les jouets sont remarquablement semblables aux originaux avec, pour plus de réalisme, des effets sonores, lumineux et vibratoires.

 

Ma stupéfaction ou ma naïveté,  je vous laisse libre arbitre, atteint son paroxysme quand je découvre que les répliques sont destinées aux enfants à partir de 6 ans, 5 ans et 3 ans ! Période où  l’enfant reconnaît la droite de la gauche, où il perfectionne son langage et  surtout où  il entre dans l’âge de l’imagination et de la curiosité, temps où ses phrases se ponctuent de « pourquoi ? ». C’est pour cette raison que les jeux conseillés par les spécialistes sont plutôt d’extérieur comme le vélo, l’escalade, ou de société : memory, petits chevaux, jeux d’imitations, bref des activités qui nourrissent l’imaginaire des enfants. D'ailleurs la direction de jouet club ne semble pas ignorer cette étape du développement psychologique chez l’enfant puisque les armes sont classées dans la catégorie « jouer à construire des histoires », je demande donc à l’enseigne d’imaginer les histoires que peut concevoir un enfant qui tient entre ses mains une kalachnikov ?

Je n’accuse pas jouet club d’être à l’origine de l’animosité quotidienne dans notre société mais en proposant aux petits garçons des kalachnikovs et aux petites filles des chariots à ménage on peut au minimum reprocher aux enseignes de ce type de sangler et de brider justement l’imagination des enfants en diffusant une conception passéiste de la société. Je ne pense pas  ingénument qu’en retirant ces armes du catalogue cela inhiberai toutes  formes de violences chez les enfants, toutefois  je persiste en considérant que les armes n’ont pas leur place dans des catalogues qui leurs sont exclusivement réservés. Cependant ce sont bien les parents qui font le choix ou non de se positionner en rempart.

 Je conclurai en évoquant ce drame qui s’est déroulé aux Etats-Unis cette semaine : un enfant de douze ans a été abattu par la police sur une aire de jeux, l’enfant jouait avec une arme factice, le policier lui craignait que ce soit une arme létale, il a donc tiré. Peut-être le jeune enfant avait-il simplement acheté son jouet chez TOYS R US lui aussi ? 

 

Liens utiles :

http://www.stoppub.fr/ 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.