Pour une augmentation massive du coup du travail

Le dire, c'est déjà aller mieux : il faut augmenter massivement le coût du travail. Et supprimer l'actionnariat, quand bien même serait-il populaire. Dépensez donc vos économies, parce que demain, vous pourriez être morts. ça peut venir plus vite et plus brutalement qu'on le pense. Ne rien mettre de côté, chers amis, c'est défendre les retraites. Quelqu'un qui n'a rien, rien d'autre que son appartenance au corps social et la contribution qu'il a apporté à son édification, doit bénéficier d'une retraite digne. On l'oublie trop souvent, la retraite, c'est d'abord une affaire de dignité.

Ne rien mettre de côté, c'est refuser, aussi, la spéculation immobilière. On n'a pas besoin d'être actionnaire et on n'a pas besoin, non plus, d'être propriétaire de son logement. Ne rien mettre de côté, c'est aller - tranquillement - vers l'interdiction pure et simple de l'héritage. Ne rien mettre de côté, c'est en finir avec la société de la peur, la peur des lendemains de famine.

Augmenter massivement le coût du travail, c'est augmenter massivement le risque que prend l'entrepreneur individuel. En fait, c'est même le but : faire disparaître ce fils de pute d'entrepreneur individuel au profit de l'entreprise collective. Qu'il crève donc ce fieffé coquin qui oublie trop souvent qui paie in fine ses chères études. Car enfin, qui lui permet de porter son talent à ébullition, d'épanouir ses dispositions naturelles, si ce n'est l'ensemble d'une société qu'il devrait servir et non pas asservir ? Il faut l'entendre, ce cador, prétendre toujours porter sur ses épaules la vérité d'une civilisation. Et à quoi nous sert donc ton talent, s'il n'a pas d'autres finalités que d'engraisser l'industrie du sac à main, du jet privé et de l'optimisation fiscale ?

L'idée, l'idée seule, ne vaut rien sans le savoir-faire de ceux qui peuvent contribuer à lui donner forme. On devrait cesser de penser qu'il y a lieu - c'est à dire penser radicalement autrement - de payer cher, très cher, beaucoup trop cher celui qui a une idée (commençons par pendre le salopard qui a eu l'idée de la fracturation hydrolique au lieu de le couvrir de dollars / Ajout du 27/08/2013 : Au dernière nouvelle, cet inventeur combat désormais activement la méthode dégueulasse qu'il a contribué à mettre au point. Comme quoi, la peine de mort c'est décidémment un truc contre-productif...).

Augmenter massivement le coût du travail, c'est aussi augmenter massivement les prélèvements obligatoires. Parce qu'on a besoin de plus de crèches, plus d'écoles, plus de profs et d'éducateurs, plus d'infirmières, plus de médecins, plus d'hopitaux... Parce qu'on a besoin de faire des investissements massifs, non pas dans des merdes qui ne servent à rien - même plus à téléphoner dis-donc -, mais dans l'énergie, les transports, la bouffe de demain...

Augmentons massivement le coût du travail et épargnons-nous le coût - prohibitif - du capital.

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