Intelligence artificielle : l'Europe peut-elle rattraper son retard ?

L’intelligence artificielle n’est plus un mythe mais bien une réalité, les mutations technologiques que cela va engendrer sont immenses. Nos voitures seront autonomes, il sera possible de détecter, de soigner les cancers en des temps records, il est même envisageable de tuer la mort ! Les États-Unis et la Chine dominent dans ce secteur. Mais que fait l’Europe pendant ce temps-là ?

Mettre l’accent sur la sensibilité et l’éthique

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« L’Europe peut relever le défi de l’intelligence artificielle », c’est par ces mots que le député et mathématicien Cédric Villani entend redonner espoirs aux personnes, comme moi, qui ne croient pas en la victoire de l’Europe dans la course à l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle se nourrit en data, elle se nourrit en données personnelles, c’est pourquoi, aujourd’hui, ce sont les pays avec le moins de réglementations qui dominent dans ce secteur : les États-Unis et la Chine, qui n’hésitent pas à investir massivement.

Cependant, l’Europe peut se différencier, elle peut redistribuer les cartes en proposant une intelligence artificielle centrée sur la sensibilité, propre à notre continent, et à l’éthique. Une intelligence artificielle « responsable », permettant de répondre aux craintes de certaines personnes concernant leur vie privée ou tout simplement concernant le développement d’une intelligence artificielle forte qui détruirait l’humanité (craintes d’Elon Musk et du regretté Stephen Hawking).

Ainsi avec la mise en place du règlement général sur la protection des données, en France, les internautes voient leurs droits s'améliorer : droit sur la portabilité des données, droit à l’effacement, droit au consentement, etc.

L’Europe met donc l’accent sur l’éthique mais la question qui peut se poser maintenant est de savoir s’il est possible pour elle de rattraper son retard sur les États-Unis et la Chine concernant l’intelligence artificielle, sans réduire les droits des consommateurs sur leurs données personnelles. Le retard est déjà tellement grand. Sur les 10 plus grandes capitalisations boursières au monde figurent 8 entreprises américaines et 2 chinoise. Aucune n’est européenne.  

Il pèse une grande menace sur notre continent avec le développement de l’intelligence artificielle : si rien ne change, l’Europe peut devenir dans quelques années une colonie numérique des américains et des chinois. À méditer…

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