L'écolo en bateau

La sauvegarde de la planète est un problème trop sérieux pour qu'on l'abandonne aux écologistes. Si on les laissait faire, ces défenseurs de la nature pourraient s'en prendre pour de vrai aux intérêts des multinationales de la malbouffe et de la pollution, ça nuirait aux mafias des lobbies et l'équilibre économico-politique planétaire, fondé sur l'exploitation jusqu'à épuisement des ressources naturelles collectives au profit de quelques milliardaires, serait en grand danger.

La sauvegarde de la planète est un problème trop sérieux pour qu'on l'abandonne aux écologistes. Si on les laissait faire, ces défenseurs de la nature pourraient s'en prendre pour de vrai aux intérêts des multinationales de la malbouffe et de la pollution, ça nuirait aux mafias des lobbies et l'équilibre économico-politique planétaire, fondé sur l'exploitation jusqu'à épuisement des ressources naturelles collectives au profit de quelques milliardaires, serait en grand danger. Aussitôt on verrait proliférer les plantes sur des sols à nouveau fertiles, les gens se mettraient à cultiver ce qui est nécessaire et bon à leur alimentation, on respirerait mieux en ville à vélo et il y aurait même des poissons dans la mer, des oiseaux dans les arbres et de la glace sur la banquise. Or, quel citoyen bien éduqué voudrait trouver au réveil, dans le placard de la cuisine, à la place de son pot de pâte à l'huile de palme, les rondeurs poilues d'un orang-outan?

On voit par là l'urgence de mettre fin aux délires irresponsables de ces khmers verts authentiques, lesquels n'auraient jamais dû quitter leur écosystème du Larzac et leurs chèvres pour venir mettre dans la tête de l'électeur ce souci de la survie de la planète, qui enquiquine tous les partis politiques dits de gouvernement. Pour cela, un seul moyen : la production en série d'écologistes spécifiquement conçus et formatés pour leur compatibilité avec les intérêts des grandes industries pollueuses grâce auxquelles nous jouissons de tout le confort moderne et des cancers qui vont avec. Le dernier modèle de ces écolos artificiels, a été baptisé Maud de Fontenoy par les ingénieurs conservateurs amoureux de la particule vieille France. Cette écologiste spécialiste de la rame, qui s'affirme pragmatique et modérée, est une ardente avocate de l'extraction du gaz de schiste, de la culture des ogm et des moteurs diesel. Voilà de quoi rassurer les riches sponsors de la future campagne présidentielle de Sarkozy, ce grand écolo de la guerre aux sarrasins à coups de missiles bio.

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