Bonne nouvelle !
Merci à M. ORANGE de bien rappeler l'importance de ce "nouveau" procès (son article du 18 septembre 2014) :
http://www.mediapart.fr/journal/france/180914/affaire-kerviel-une-audience-plus-importante-quil-ny-parait?onglet=commentaires#comment-5336401
DEUX RAPPELS :
1- Information "oubliée" dans cet article : la Société Générale a bénéficié d'une réduction fiscale de 1,7 MD€, suite à cette perte ; c'est donc un abus de plus !
2- N'importe quel "financier" sait comment fonctionne le système des "produits financiers à effet de levier", et ce fut une honte nationale d'avoir laissé condamner Jérôme KERVIEL de cette façon.
En effet, pour intervenir sur ces "marchés", les intervenants doivent déposer une somme d'argent sur le compte de la "société de trading" pour pouvoir acheter ou vendre des "contracts-for-differences" (CFD).
Ces contrats reposent tous sur des "supports", à savoir des "produits financiers" cotés en permanence : actions, obligations, taux de change, indices boursiers, produits agricoles, métaux, pétrole, or…
Les CFD agissent comme un miroir grossissant par le biais de l'effet de levier qui peut varier de 10 à 100 suivant le CFD proposé par une société financière, dite "broker" ou "véhicule financier", généralement "délocalisée" au sein d'un grand centre financier, impérativement devenu "paradis fiscal pour plus-values faciles" (cas du Luxembourg).
Avec un "investissement normal", vous engagez de très grosses sommes :
Si vous achetez 100.000 actions à 10€/action, vous investissez 1.000.000€, et cet argent disparaît de votre compte bancaire:
- Si vous revendez vos 100.000 actions à 11€/action, vous enregistrez une plus-value de 100.000X(11€-10€)= +100.000€
- A contrario, si vous revendez vos 100.000 actions à 9€/action, vous enregistrez une moins-value de 100.000X(9€-10€)= -100.000€
Avec un "investissement CFD à levier 50" (cas de KERVIEL), pour la même somme au départ (1.000.000€), vous pouvez acheter ou vendre CINQUANTE FOIS PLUS de "titres support" .
- En cas de revente à 11€, vous aviez acheté (1.000.000€/10€) = 100.000 actions. Mais avec l'effet de leviez de 50, vous gagnez 100.000actionsX50X(11€-10€)= +5.000.000€
- En cas de revente à 9€, vous perdez 100.000 actionsX50X(9€-10€)= -5.000.000€
Problème?
A chaque instant, le marché "bouge", et la somme de 1.000.000€, versée à la société financière, est augmentée ou diminuée, non seulement en fonction des évolutions du marché mais aussi en fonction d'un taux d'intérêt journalier (nombreux trafics, procès en cours) s'appliquant au montant nominal de la trésorerie nécessaire.
Si vous engagez 50X100.000 actions, soit une somme virtuelle de 50.000.000€ (10€ par action), la société financière va vous appliquer un intérêt (minimal) de financement de 0,01% par jour, soit -5.000€ par jour pour toute baisse de votre capital en-dessous de votre apport. Avec ce système, votre capital de départ (1.000.000€, imputé des pertes potentielles) risque de disparaître rapidement (en moins de six mois)… uniquement à cause des "frais financiers".
En bon gestionnaire, soit vous prenez votre perte rapidement, soit vous alimentez votre compte "trading" de façon à ne pas passer sous la fourche caudine des frais financiers. Dans ce dernier cas, vous perdrez du temps et de l'argent au titre des frais financiers. C'est une décision que vous ne prendrez pas seul au sein de quelque banque que ce soit ; en plus, l'équipe de direction (qui prendra cette décision) aura de bonnes raisons de penser que les cours s'inverseront dans moins d'un à deux ans avant de prolonger ce type de pari perdant (au départ).
CONCLUSION?
En aucun cas, la société financière de trading ne vous autorisera à perdre -5.000.000€ (cas d'une revente à 9€ dans l'exemple ci-dessus) si vous avez déposé seulement 1.000.000€.
Dès que votre solde approche de zéro, la société financière solde votre compte en prenant d'avance toutes ses commissions.
Autrement dit, chaque jour, LA SOCIETE GENERALE A ÉTÉ SYSTEMATIQUEMENT AVERTIE par la société financière des pertes sur les positions prises.
Et si Jérôme KERVIEL a pu continuer à perdre de plus en plus d'argent, c'est tout simplement parce que "sa" banque a donné son accord pour verser plus d'argent (ou pour donner une garantie complémentaire) lors de chacun des APPELS DE MARGES, nécessités par les pertes potentielles.
A noter que J. KERVIEL a surtout spéculé sur l'indice CAC 40, avec l'effet de levier de 50. Donc, pour faire perdre -5 MD€ à sa banque, il a dû "investir" (sur un des marchés les plus volatiles et les plus risqués) entre 200 MD€ à 250 MD€, CINQ FOIS les capitaux propres de la SGN ou 20% de son bilan…
Et personne n'était au courant au sein de la DG et de la Direction Financière?
Bonne blague?
Ou triste Justice !
JM/ ALTER-EUROPA