Justice : renforcer la protection du salarié en cas de harcèlement moral

La loi sur le harcèlement moral date déjà de plusieurs dizaines d'années (2002). Cette loi est constamment amendée par les députés et sénateurs, mais cela n'empêche pas qu'il y ait encore des cas nombreux dans les entreprises. Il suffit de visiter les groupes Facebook qui sont consacrés à la lutte contre ce phénomène pour y découvrir des victimes qui demandent de l'aide de toute urgence.

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"Le travail, c'est la santé, ne rien faire, c'est la conserver !" disait Henri Salvador dans sa célèbre chanson. Quand on sait que le mot "travail" vient du latin "tripalium" qui signifie "torture" : on a tout compris.

Il est normal que l'homme et la femme aient un travail pour se nourrir et payer ce dont il a besoin, et même plus pour ses loisirs.

Notre Président de la République, Emmanuel Macron, l'a dit lors de sa dernière allocution : "il faut travailler", rappelant que des entreprises cherchaient du personnel, ayant du mal à combler certains postes. Il propose davantage d'accès à la formation comme solution

Personnellement, j'aurais aimé qu'il dise qu'il est important que le salarié soit heureux au travail, qu'il soit respecté, que ses conditions de travail soient respectueuses de sa santé. J'aimerais qu'il y ait davantage d'aides pour les petites entreprises pour donner à leurs salariés l'équivalent d'avantages par rapport à ceux des grandes entreprises : participation, intéressement, primes diverses, prévoyance, mutuelle, ticket repas ou restaurant d'entreprise, etc.

Et dans tout cet univers, il y a un fléau qui s'est vraiment étendu au fil du temps, celui du harcèlement moral au travail. On le sait avec les phénomènes de harcèlement scolaire ou cyberharcèlement, que celui-ci n'émane pas seulement d'une seule personne, mal dans sa tête, qui prend subitement pour cible, un salarié, mais qu'il peut être aussi perpétré par un groupe de personnes qui s'allient contre une seule.

Avec l'affaire France Télécom/Orange, on a pu aussi découvrir qu'il pouvait être institutionnel.

"Le but, c'est de faire chuter l'autre" dit la psychiatre Marie-France Hirigoyen. Il s'agit aussi d'une tentative d'éliminer un individu, pour des raisons parfois difficiles à détecter. 

En analysant les témoignages de plusieurs victimes, il semble quand même que la raison principale en est la jalousie, une jalousie perverse, incompressible et incompréhensible, parfois même meurtrière, que le harcèlement se termine par un suicide. Cependant en France, la justice est bien loin d'envisager de considérer cet événement, comme un meutre, et pourtant...

Avec la pandémie, les conditions ne se sont pas améliorées au sein de l'entreprise. Et il est toujours demandé au salarié de faire plus, toujours plus.

Ce qui est regrettable, c'est que tout le dispositif mis en place au sein des entreprises ne permet pas à la "cible" de s'en sortir facilement. Au lieu d'être soutenue par la direction de l'entreprise, celle-ci soutiendra toujours et encore la hiérarchie et considérera que la victime "fait des histoires". Aucune écoute, prise en considération... Alors que l'employeur devrait mettre en place une enquête quand la dénonciation est faite par la victime, il a plus vite fait de la licencier. C'est tellement plus facile de se débarrasser ainsi du problème. Et quand la victime décide de saisir les tribunaux, elle se retrouve face à des juges qui semblent aussi considérer que la victime dérange, qu'elle surcharge les tribunaux, qu'elle n'avait qu'à partir d'elle-même et de mettre son mouchoir par-dessus, qu'importe les atteintes à sa santé, avec souvent des séquelles telles que le médecin contrôleur de la CPAM décide de la mettre en invalidité.

Il est d'ailleurs très difficile d'avoir des preuves, et encore faut-il que les magistrats acceptent de les considérer en tant que preuves. Il est difficile aussi d'avoir des témoignages de salariés, craignant pour leur propre avenir, ou d'autres cherchant à profiter de la situation en fournissant de faux témoignages en faveur de l'employeur contre promotion, augmentation. 

C'est pourquoi, j'ai rédigé une pétition qui insiste sur la nécessité d'agir en prévention, et surtout d'organiser des confrontations à l'intérieur même de l'entreprise, que refuse de faire la justice. Aucune direction ne devrait prendre de décision sans avoir écouté les deux parties. 

Cette pétition atteint presque les 30 000 signatures sur MesOpinions.com, et j'aimerais que vous la signiez en soutien (sans contribuer financièrement "passer cette étape"), car nous sommes tous concernés et cela peut arriver à tout le monde, personne n'est à l'abri. Ne surtout pas croire que la victime est faible, les études démontrent que c'est une belle personne, pleine de qualités, et qu'elle est objet de convoitise. 

PETITION RENFORCER PROTECTION DU SALARIE EN CAS DE HARCELEMENT MORAL EN ENTREPRISE

Merci

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