A. Rainbow

Il faut de tout pour faire un monde, ou pour le défaire... hein Marcel ?

Arc-en-ciel.

C'est qu'un jour, au détour d'une pluie, se dessina l'idylle.

Ronde beauté, ses sémillantes lumières, accordent aux reflets, le temps d'une gambille.

Mais voilà que le bleu, soudain, fier et rustique, se porte en tête de file.

Je suis la devanture, je suis le fronton fort, le fortin achevé, au devant des bisbilles.

C'est penaudes et craintives, au loin que les couleurs, se prennent à garder, ce qu'ils restent de leurs billes.

Et comment ? Vous qui vous voyez si beau, vous qui nous malmenez tant, avez-vous quelque famille ?

Je n'en ai point ma douce, répond le bleu roc fort, à la rouge de colère, la voyant faire une vrille.

Ce combat là est vieux, et des temps les plus sombres, il nous arrive las (encore), de toutes ses castilles.

C'est qu'il est temps pour nous, milles nuances chromatiques, de nous rendre moins mous, de nous faire moins fébriles.

Car il faut notre folie, aux grandes causes déchues, celles d'un temps mon ami(e), que tu n'as point perdu.

Le vert, le noir, le jaune, tous n'ont qu'une idée en tête, revenir plus grands, regagner leur grand-fête.

La joie d'un temps futur, mêlé d'eau pure, de bêtes ; Ô grand ciel, aide-moi, porte-moi, petite ombre fluette.

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