Marre de la pub-erté

Un chemin qui n’est pas fini, une sorte d’horreur, tous les jours. Un monde gris ? Offices qui se masse-tubent sur cravates. Du maquillage à tout crin, de l’envie de se pondre, de se penser /sur/, de se voir /plus/. Du non-sens à répétition.

Le soir après le boulot, sortir, faire respirer les yeux, baignés dans une lumière pissée par les néons. Mais en face, des carbures excrémentielles, des clignotants et des panneaux de publicité. Des gynoïdes zygomorphes, du maquillage, mais qu’est-ce qu’il vient foutre partout. Pourquoi ai-je l’impression d’être insulté, homme ou femme. Et si c’est devenu indécent, ce n’est pas grave ; électricité statique, peu importe l’extrême hauteur du point d’adhésion, des éléments se placeront entre le sol et l’objectif, et, pendus à leur idylle, leur impulsivité immédiate en magasin leur chatouillera les poches du porte-monnaie. Guiliguili. Mains invisibles qui te caresseront les cheveux, c’est bien. Tu es belle.

 

C’est difficile de garder son désir intact. Quand le désir devient un terrain de consommation. Quand une image te dit : « Je me fous royalement de ce que tu aimes chez une femme. Ce qui est attirant, c’est un haricot blanc, qui te donne l’impression de chialer en te regardant, et qui se fout du maquillage sur tout espace d’attention sur le visage. Si elle a un bouton, une ride, berk. » J’en ai marre de la pub. Faut-il oser dire que nous sommes harcelés sexuellement au quotidien.

 

Pour moi, la publicité est devenu du harcèlement. Je n’en peux plus. Deux postures, on ignore ou on subit. Je ne sais pas ignorer mon environnement, alors je suis soumis à la loi.

 

Ces panneaux publicitaires sont autant de champignons hallucinogènes, autant d’ombres dans la caverne, qui me font perdre confiance en la bienveillance d’autrui.

 

 

Je ne sais pas si je serai un jour tranquille, dans les rues de ma ville, l’esprit léger. Vivre dans ces rues est une résistance psychologique au quotidien.

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