César

César est en pleurs - pensassé-je à sa naissance difficile ? - mais César est empereur.

César est en pleurs - pensassé-je à sa naissance difficile ? - mais César est empereur.

César suce son pouce, qu'il a réservé pour les réseaux. C'y est très familier, on s'entre-tu facilement (le vouvoiement y est insulte). Pour la remise en question, c'est virtuel, et tout vire facilement au tu, au il, au elle.. jamais au je. Comme en Terre, quoi.

À la base, son bac à sable est plus grand. Il est au centre, centurion ultime. La reine dans son arène.

Pourtant, César n'est pas grand, il est même tout petit. Et pour tant, ou pour si peu, il continue de juger, juguler les autres. C'est bizarre, César. Il lève un pouce, qu'il baisse la seconde de suite. Ses likes sont laïc, certes, mais quelle relégion !

Il traîne ses jours sur les réseaux. Il aime le monde. Le monde l'aime (en tout cas, il y croit).

Il est partout, il est cérémonial, pour les idolâtres, et les théâtres.. mais ceux qui aiment le thé (attention !), parce que pour le théâtre, ce n'est que du mou lierre. César préfère autre verdure. Avec sa couronne, vous l'auriez vu, de laurier venu. Le vent céleste lui ronronnait dans le cou. Il aime le monde, on vous dit.

Il part parfois en césure, mais c'est dur. Il est accro aux crocs, aux chocs à pique. Les lions, aussi. C'est un Mars, un dieu de la guerre. Le délice du car à mails, devant l'écran. Il se régale, il devient sédiment, et d'un sablé en tasse, il s'entasse. C'est dentaire pour le sédentaire. Le sucre a eu raison de lui. On raffole de ta molle ère. Le sucre aime le charrier, le carier, acarien qu'il est. Ha ça rien, tu l'es ! César s'en mord le doigt, toujours le même.

César doit changer. Il hérisse ses nounous, en mauvais nourrisson.

Arrêter avec son pouce, ce n'est pas sucré. Et arrêter avec le sucre, faut pas pousser.

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