Colère ou abattement ?

Après une absence de deux jours en raison d'un stage de formation, me voilà de retour en salle des professeurs. Tout parait identique au cours habituel du quotidien. Pourtant, dès que les conversations s'engagent, c'est une toute autre impression qui se dégage. La pause cigarette est l'occasion d'une discussion avec trois collègues sur le projet de réforme de l'évaluation des enseignants. Chacun pressent que ce qui s'annonce serait lourd de conséquences. La prise de conscience que ce qui se joue n'est pas simplement de nouvelles modalités d'évolution mais l'avenir des salaires et des pensions de retraite. je m'apuie sur des exemples concrets: nos jeunes collègues dont le traitement est inférieur à 2 000 euros ( et oui, un peu plus que le SMIC - qui seraient condamnés à ce niveau de salaire pendant dix ans, et donc de voir leur niveau de vie baisser considérablement, nos collègues qui doivent partir en retraite avant 2015 dont l'avancement bloqué ne leur permettra pas de parvenir à la "hors-classe", donc de partir avec une pension de retraite plus importante ... alors que le gouvernement se gargarise en expliquant qu'à la différence de l'Italie, de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, il ne décide pas d'une baisse autoritaire des salaires des fonctionnaires, est porutant en train de le mettre en place, en catimini. Il suffit d'aditionner les mesures pour le comprendre: blocage des salaires des fontionnaires pour 2011 et 2012; augmentation de la "cotisation retraite" depuis 2008 (passage de 7,85 % à 10,55 ), augmentation des impots (TVA + IR) = nouvelle grille d'avancement = dimution du traitrement net des fonctionnaires.

La réaction des collègues hérite entre abattement et colère. paradoxalement, les annonces du gouvernement vont peut-être réussir à unifier une profession (du supérieur au primaire) habituellement traversée par de nombreuses divisions. Que se passerait-il si les 783 368 enseignants du primaire et du secondaire cessaient en même temps le travail ?

 

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