8 enfants meurent par jour au Yèmen, sous le regard du monde !

Ce n’est pas l’Iraq ou la Libye, dont le pétrole attire les convoitises et justifie l’intervention express, c’est juste un autre pays Arabe,  sans intérêts économiques, le Yémen.  Un pays qui vit une guerre civile depuis déjà quatre ans.

 © Felton Davis © Felton Davis

                                                                                                                                                                       

 

En effet, c’est au début de l’année 2015 que les hostilités ont commencé entre le président déchu, Abed Rabbou Mansour Hadi, soutenu militairement par l’Arabie Saoudite, et les rebelles yéménites qui l’ont chassé du pays.

Les causes du conflit au Yémen 

Le conflit au Yémen remonte à 1990. Il était à l’origine tribal et confessionnel. Un problème qui concernait uniquement les Yéménites. Les chiites étant une minorité, ils s’estimaient exclus de la vie politique et même économique de leur pays, monopolisée par les sunnites.

En 2004, les manifestations se sont multipliées et le pouvoir central exécuta le chef des rebelles, Hussein Badreddine al Houthi. Une exécution qui fit monter en escalade la violence. Cinq ans plus tard (2009), les rebelles chiites, soupçonnés d’avoir été aidés par les Iraniens, ont réussi à dominer plusieurs régions, notamment du côté de l’Arabie saoudite. Et c’est alors que se sont déclenchées les attaques armées saoudiennes.

En 2011, le président Ali Abdallah Salah cède le pouvoir à Abed Rabbou Mansour Hadi, le vice-président, qui se fait élire président en 2012. Un projet fédéral est alors proposé pour résoudre le problème des chiites. Ces derniers l’ont refusé parce que non conforme à leurs exigences : un territoire indépendant et un accès à la mer.

En 2015, les opposants yéménites obligent le chef de l’État à l’époque, Abed Rabbou Mansour Hadi, à quitter le pouvoir. Il se réfugie en Arabie saoudite. L’enjeu dépasse alors les frontières yéménites, pour devenir régional. Le président déchu est soutenu par l’Arabie saoudite et les rebelles par son rival : l’Iran.

Des victimes humaines : un bilan désastreux        

L’alliance du président déchu avec l’Arabie saoudite s’est concrétisée par une coalition militaire menée contre les rebelles chiites pro-iraniens. Et depuis, en dépit de tous les efforts des médiateurs de l’ONU, les bombardements s’enchainent laissant derrière eux des milliers de victimes et des dégâts considérables.

Ce conflit armé a généré une grande crise humanitaire. Le nombre de victimes est des plus alarmants : en 2019, selon des statistiques de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on dénombre plus de 10 000 tués. S’ajoutent à ce bilan désastreux plus de 60 000 blessés et       3,4 millions de Yéménites déplacés. Des chiffres que les ONG multiplient par cinq !

Une responsable de l’ONU, Michelle Bachelet, a déclaré que depuis 2018 chaque jour 8 enfants yéménites meurent ou se font blesser lors des combats menés par la coalition saoudienne, appuyée par d’autres pays arabes.

Situation actuelle : la famine qui sévit

Il faut savoir que le Yémen est le pays le plus pauvre de la région. Cette situation a empiré à la suite du blocus imposé par la coalition et les violents bombardements visant les sites liés à l’alimentation (production et approvisionnement), 3 ème cible de ces attaques destructrices. Désormais, les Yéménites sont sous la menace de la faim. En effet, les 2/3 des régions de ce pays souffrent déjà de pré-famine, soit près de 14 millions de personnes.

Selon l’ONU, sur les 28 millions de Yéménites, 80 % ont besoin d’une aide alimentaire urgente et plus de 50% (16 millions) n’ont pas accès à l’eau potable. De 2015 à 2018, près de 85 000 enfants, âgés de moins de cinq ans, sont morts de famine.

Un crime de guerre dénoncé par l’ONU et les ONG et toujours ignoré par les politiciens qui continuent à s’arracher le pouvoir.

Lectures complémentaires: 

https://www.unicef.fr/dossier/comprendre-la-guerre-au-yemen

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https://www.capital.fr/economie-politique/associations-caritatives-auxquelles-donner-en-confiance-791407

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