Arrestation à Libération : la liberté de la presse menottée !

L'arrestation musclée avec fouille au corps pour une simple suspicion de délit de diffamation , dont a été victime vendredi dernier notre confrère Vittorio de Filippis a toutes les allures du mauvais remake d'un film de Costa-Gavras , cinéaste spécialisé dans la stigmatisation des régimes totalitaires. Mais pour les ministres Rachida Dati et Michèle Alliot Marie, ce sont des procédures normales . Comment la France a-t-elle pu tomber si bas ? On croyait révolu le temps où le ministre de l'Information validait le texte du journal télévisé : il n'en est rien. Au lieu de constituer une force au sein de notre démocratie, la liberté de la presse semble être considérée comme un fléau. Toutes les intimidations sont bonnes pour dissuader les journalistes de faire leur travail. Pour l'intersyndicale des Syndicats de Journalistes (SNJ / SJ CFTC / SJ FO / USJ CFDT / SNJ CGT), cette nouvelle atteinte à la liberté de la presse constitue une suite logique des propos tenus depuis plus d'un an par les hautes autorités de l' Etat et des réformes engagées ou envisagées. Elle ne présage rien de bon pour la démocratie et les citoyens. De même l'annonce par le Président de la République, une de plus, doit être accueillie avec la plus grande méfiance. La "dépénalisation de la diffamation" dont les propositions sont avancées par un universitaire lyonnais, sous couvert de "simplification", est en fait une destruction pure et simple de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Aussi, l'intersyndicale des Syndicats de Journalistes appelle tous les journalistes, tous les citoyens, toutes les associations et tous les partis politiques attachés au respect de la liberté de la presse et de la personne humaine, à se rassembler vendredi à 13 heures devant le Palais de Justice de Paris pour manifester leur soutien à Vittorio de Filippis , du journal Libération et à protester contre la politique actuelle du gouvernement en matière de presse .

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.