Legault garde le cap sur la réforme du mode de scrutin

NEW YORK | François Legault s’engage toujours à livrer une réforme du mode de scrutin pour les prochaines élections générales de 2022 et ferme la porte à un référendum.

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 «Le plan n’a pas changé. On dépose un projet de loi d’ici le 1er octobre. S’il est adopté par une majorité, on pense que ce pourrait être appliqué pour 2022», a lancé le premier ministre lundi lors d’un point de presse en marge d’une mission économique de quatre jours aux États-Unis. 

La semaine dernière, la ministre responsable du dossier, Sonia LeBel, a dévoilé une lettre du directeur général des élections qui soutenait qu’il lui faudrait entre 30 et 42 mois pour mettre en place une réforme. Le Devoir a ensuite rapporté que Mme LeBel avait suspendu les consultations avec les autres partis afin de permettre à ses «collègues du caucus de se prononcer sur le projet». Elle n’écartait pas non plus l’idée d’un référendum. 

«Rien n’a changé», a pourtant martelé François Legault. Il a toutefois reconnu une impatience de son caucus. «Sonia a consulté beaucoup de monde dans les derniers mois. Les députés se disent: “Quand sera notre tour?” Il y aura des consultations dans les prochaines semaines avec les députés. Mais il n’y a absolument rien de changé dans notre plan. On va déposer le projet de loi d’ici le premier octobre pour avoir un mode de scrutin proportionnel mixte», a-t-il souligné. 

Pas de référendum

Quant à l’idée d’un référendum sur la question, François Legault ne change pas d'avis. Questionné à plusieurs reprises sur le sujet, il a fermé la porte à double tour. «On n’a jamais dit qu’il y aurait un référendum. Des groupes et des éditorialistes voudraient qu’il y en ait, mais nous, on s’est engagé à ce qu’il n’y en ait pas», a lancé le premier ministre.

Plus de ressources pour le DGE?

Pour implanter un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire dès 2022, il demande toutefois au DGE d’être plus souple, et affirme qu’il est possible de hausser le budget de l’organisme pour lui permettre d’arriver plus vite à destination. 

«Quand il dit 30 à 42 mois, est-ce une fourchette qui peut bouger? Est-ce qu’on peut baisser à 29, 28 mois, dépendamment quand le projet de loi est adopté? C’est encore jouable», a-t-il dit. 

En campagne électorale et après son élection, François Legault a affirmé qu’il ne «ferait pas un Justin Trudeau» de lui-même et qu’il réaliserait sa promesse de réforme de mode de scrutin. Il a d’ailleurs signé en mai 2018 une convention conjointe avec le Parti québécois et Québec solidaire pour y arriver.

 

Charles Lecavalier

CHARLES LECAVALIER

 

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