A Toulouse, face à la honte et au déshonneur que donne l'image du traitement des réfugiés, des citoyens refusent de se rallier aux arguments de la haine de l'autre.

Les réfugiés syriens du quartier des Izards à Toulouse, sont donc condamnés à évacuer d'ici début avril l'immeuble qu'ils occupent. Devant l’inaction de l’État, devant la honteuse gestion par la Mairie de Toulouse et par le "bailleur social" Habitat Toulouse de ce non accueil de réfugiés, nombreux sont des bénévoles qui s'activent et des citoyens qui parlent solidarité!

Dans moins de deux mois, les réfugiés qui occupent un immeuble que le bailleur social Habitat Toulouse veut démolir, doivent partir ou seront évacués. Ceci suite au procès intenté et gagné par ce bailleur" social".

Voir le compte rendu de cette scandaleuse décision de justice dans ce billet: https://blogs.mediapart.fr/kiki-puech/blog/050216/les-refugies-syriens-de-toulouse-expulsables-et-condamnes-payer

Quelles solutions de relogement local leur seront apportées, quel sera leur avenir? C'est un grand silence de la part des autorités.
Sur Toulouse, face à l'ahurissante inaction de la Préfecture et de la Mairie de nombreux bénévoles tentent de remédier à tous les problèmes d'urgence élémentaires que l’État et la Ville ont scandaleusement ignorés.
Ils vont être très attentifs à ce que deviendront ces réfugiés Syriens à Toulouse, dont quelques voies commencent à les décrire comme hors normes de ceux que le gouvernement veut accueillir! (actuellement, seulement 67 réfugiés relocalisés en France sur les 30 000 promis par Mr Valls)

Réfugiées aux Izards Toulouse © Christian Puech Réfugiées aux Izards Toulouse © Christian Puech
Dans cette pesante ambiance nationale actuelle, mêlant droit de nationalité, migrants et réfugiés,  pointent de nauséabondes actions et pensées racistes.
De nombreux bénévoles et citoyens  refusent de se laisser emporter dans cette lourde ambiance où les termes de solidarité et d'accueil, que Toulouse à une époque avait fait siens pour accueillir les réfugiés Républicains Espagnols, semblent s'enfoncer dans une boue Calaisienne.

Des bénévoles d'associations du quartier des Izards, proches des réfugiés syriens ont choisi en plus de leur action à leurs côtés, d'aller à la rencontre des habitants de ce quartier. Ils distribuent sur le marché cet appel ci-dessous:

"POUR une VRAIE SOLIDARITE avec LES REFUGIES SYRIENS des IZARDS"

D'abord accepter de regarder en face les situations vécues par les gens tout en se demandant: "Et moi dans tout çà"

La France est un pays qui accueille très peu d'étrangers, qu'ils soient ou non reconnus demandeurs d'asiles, et qui les poursuit beaucoup. Actuellement elle s'aligne sur une pensée de guerre civile qui monte en épingle tout ce qui divise, pouvant aller jusqu'à la persécution... tout en empêchant que des solutions solidaires entre les gens soient trouvées.

Voyez Calais: l'Etat interdit aux migrants de partir tout en les soumettant à une sorte d'enfer sur place; c'est une pure folie qui nous déshonore tous.

Voyez Toulouse: "Habitat Toulouse", un bailleur dit social, en cogestion avec la Mairie, continue à détruire des logements dans les quartiers populaires. Il s'acharne contre les familles Syriennes, habitants sans titre d'un bâtiment promis à la destruction.

Alors que ces familles ont, vaille que vaille, construit là un port d'attache, avec les enfants scolarisés dans le quartier, la justice vient de donner raison au bailleur pour les expulser: celui-ci voulaient tout de suite, hivers ou pas, il devra patienter. Mais il obtient le droit de réclamer un loyer (540€ mensuel) depuis le début du squat, alors qu'il veut détruire le bâtiment!

Cette politique qui, sous prétexte de gestion de la ville, ne craint pas d'écraser les gens, même déjà à terre, rejaillit sur nous, elle nous concerne, elle nous  salit, elle parle de nous à notre place.

Alors, pour notre compte, que dire?

Que ferions-nous, à leur place, sous un tapis de bombes, tout détruit autour, dans la faim, la peur, les deuils? Et bien nous prendrions la route, comme l'ont toujours fait ceux que la guerre assaille: cela s'appelle le droit de se réfugier quelque part.

Ici, dans le quartier la vie est dure pour la plupart, mais la solidarité existe et c'est ce qui fait tenir, qui fait qu'on peut se respecter soi-même. Ne nous laissons pas rallier par les arguments de la haine de l'autre, de la peur et de la politique de guerre civile imposée par les uns et les autres et par l'Etat.

A laisser faire la persécution de l'autre, souvent encore plus pauvre que nous, on s'enfonce toujours plus. On perd de vue les véritables responsables qui ont intérêt à nous faire croire que les causes des problèmes, c'est l'autre.

Nous appelons les habitants des Izards à réfléchir aux façons de montrer leur solidarité avec les Syriens, habitants du quartier, face à cette situation gravissime.

Nous vous proposons, si telle est votre demande, de permettre les rencontres, échanges, réunions communes dans votre quartier.

Regardons-nous et parlons-nous -c'est déjà çà de gagné contre notre faiblesse-
un premier pas vers l'échange et la solidarité, assumés collectivement !

 
Des bénévoles d'associations
Toulouse, 10 février 2016

 

 

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