Violence idéologique contre les Gilets Jaunes: le cas Public Sénat

Petit morceau de mépris de classe, unanime, en public et en direct. Sur la chaîne du Sénat français. Hier, dans émission On va plus loin: les réponses a minima d'Alexandre Benalla.

https://www.publicsenat.fr/emission/on-va-plus-loin/les-reponses-a-minima-d-alexandre-benalla-136583

Tout commence à 40:08, avec la prise de parole de Carine Bécard, journaliste politique de France Inter. 

Où l'on découvre que pour une journaliste France Inter et le Sénat, le citoyen sans diplôme et issu de la banlieue ne peut qu'être "rien", moins que "personne" donc, moins qu'une chose, une non- chose. 

Depuis quand des journalistes, des consultants et des sénateurs peuvent-ils se permettre de manquer de la plus élémentaire politesse envers un individu ?

Cela est en tout cas instructif. Il s'y dévoile le mépris décomplexé d'un certain nombre de journalistes et d'hommes politiques pour la France "d'en bas", qui est celle aussi des Gilets Jaunes. 

Il faut en tirer une réflexion: la violence des Gilets Jaunes envers la profession des journalistes ne relève peut-être pas seulement de la furie aveugle d'une plèbe bestiale et stupide, elle est aussi la riposte sévère et justifiée d'une certaine population enfin lucide qui a décidé de rendre les coups face à une France "d'en haut" qui se croit libre d'exercer une violence verbale inouïe et décomplexée. 

Il y a 300 ans de cela, Saint-Just disait, à propos de la trahison, qu'il s'agissait d'un masque qu'il fallait parfois écraser purement et simplement plutôt que prendre la peine et la patience d'ôter. Les violences infligées aux journalistes sont très certainement à comprendre au prisme de cette pensée. Et les sorties lamentables comme celle de Mme Bécard ne sont pas faites pour donner aux Gilets Jaunes des raisons de se montrer moins radical dans leur manière de se comporter face à ce qui relève, chez certains journalistes, du mépris à peine masqué. 

 

 

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