Eurofinsa: le scandale financier de trop !

L'accord secret négocié par l'ancien ministre, Christian Magnaga, avec le groupe espagnol Eurofinsa aurait coûté plus de 36 milliards à l'Etat Gabonais en échange de juteuses rétro-commissions. La goutte d'eau qui a fait débordé le vase et amène Ali Bongo a refondre le système pour rendre enfin responsable les coupables de tels agissements...

Point rapide sur le scandale Eurofinsa: la compagnie avait été contractée pour réaliser les travaux de construction de la route nationale 1 et du stade Obo pour un montant avoisinant les 90 millions d'euros. Pour diverses raisons, le marché n'arrivera jamais à son terme et l'entreprise, gérée par l'ancien trésorier du Real Madrid, décidera d'attaquer en justice le Gabon pour impayés devant la Chambre de Commerce Internationale de Paris. De son côté le Gabon lancera Mamba à l'assaut des différents commanditaires de ce marché et attaquera à son tour l'entreprise pour malfaçons tout en lui réclamant un reliquat fiscal. Durant cette période d'affrontements juridiques, Christian Magnaga mènera un séjour à paris au cours duquel il proposera à Eurofinsa d'abandonner les charges en échange d'un accord de 55 millions d'euros et la levée de la dette fiscale. Il prendra aussi le soin de négocier une rétro-commission d'un peu moins d'un million d'euros (655 millions de francs CFA) qui serait versée sur un compte étranger en 3 tranches dès règlement de la dette par le Gabon.

Eurofinsa - StarTimes - Marck Eurofinsa - StarTimes - Marck

Cependant, l'ex ministre ne s'attendra pas à l'ire créée par cet accord négocié sans l'aval de sa hiérarchie et qui lui coûtera son poste au sein du gouvernement. Surtout qu'au final la CCI de Paris a tranché et que l'Etat gabonais est sorti vainqueur de cette bataille juridique en se voyant même dédommagé par Eurofinsa d'un montant de 130 millions de francs CFA.

Au-delà de la victoire juridique, cet énième affaire a fait remonter à la surface un problème récurrent qui mine le développement du pays, à savoir: la responsabilité judiciaire des personnes publiques. Ne craignant aujourd'hui aucune poursuite lors de la signature de contrats engageant l'Etat gabonais, certains hommes se sont spécialisés dans la signature de conventions désavantageuses pour le pays en échange de rétro-commissions sonnantes et trébuchantes. Ces criminels économiques sévissent en toute quiétude en laissant le soin à l'État gabonais de se charger de régler les différents et les exemples sont multiples.

L'affaire Santullo avec des surfacturations sans nom sur différents projets de construction, l'affaire Enka sur les logements sociaux , l'affaire Marck sur l'équipement des forces armées ou encore la très prochaine affaire StarTimes (convention sur le déploiement de la TNT qui va faire beaucoup de bruit dans peu de temps....), aucun pan de l'économie ne semble épargné par cette vague de scandales. Pour ne plus arriver à ce genre de situation qui ralentit le développement du pays et assombrit l'image du Gabon à l'international, l'agent judiciaire de l'Etat planche fortement sur la levée de cette impunité et la possibilité pour l'Etat de se retourner contre les signataires de ces accords frauduleux. Ainsi pour faire stopper l'hémorragie, une épée de Damocles flottera fièrement au-dessus de chacun des acteurs ne manquant pas de sanctionner d'amendes et de prison ferme tout coupable.

Un nouveau cap qui freinera à coup sûre les appétits voraces de bon nombre de collaborateurs de BOA et à qui incombent la responsabilité de la situation économique du pays.

En tout cas, affaire à suivre...

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