Quand Onouviet s'offre les patrons des médias de l'OPAM

Paiement des frais de déplacement, logement et restauration dans son hôtel "Le refuge" ou encore petite excursion sur l'Ogooué: Richard Auguste Onouviet a assuré la réélection de son poulain à la tête de l'Organisation Patronale des Médias du Gabon (OPAM) et les faveurs prochaines de bon nombre de ses membres. Objectif: 2023 !

Pourquoi l'élection du nouveau bureau de l'organisation des patrons de médias s'est déroulée à Lambaréné ? La question mérité d'être posée ne pensez-vous pas ? Avec 17 membres à leur actif, dont la quasi entièreté est basée à Libreville, le budget de ce weekend électif a dû faire mal aux caisses de ce syndicat...

Membre de l'OPAM © OPAM Membre de l'OPAM © OPAM
En fait le coût final est de 0F CFA pour l'organisation ! La prise en charge totale de ce petit séjour en terre migovéenne a été le fait d'un seul homme: Richard Auguste Onouviet dit RAO. Frais de transport, frais de séjour et de restauration dans son établissement "Le refuge" ou encore petite excursion sur l'Ogooué, l'homme politique a mis les petits plats dans les grands au profit des membres de l'OPAM.

Gabonreview Gabonreview

Il est tout de même très gênant de voir des patrons de médias dorlotés par un homme politique au moment d'une élection, surtout quand ces derniers passent leur journée à vanter une indépendance dans le traitement de l'information et à donner des leçons de déontologie mais bon, là n'est pas le sujet. Toutefois dans de nombreux pays, cette connivence est clairement décriée et les angles de traitement de certains affaires comme celle de DSK, du PenelopeGate ou encore des gilets jaunes en sont des exemples criards ramenant à une question: peut-on librement écrire contre un "bienfaiteur" ? Cette connivence entre les patrons de médias et l'homme politique est-elle saine ? S'agira-t-il désormais d'information ou de promotion quand les publication parleront de RAO?

Le doute habitera clairement l'esprit des populations et l'élection du protégé de RAO à la tête de cette organisation étaye ces propos. Même si tout porte à croire que même sans l'intervention de ce mécène, Mr Biteghe aurait sans doute remporter l'élection, le procédé reste bancale et condamnable. Afficher le soutien d'un riche mécène et faire bénéficier de grandes largesses les membres de l'organisation ont forcément peser dans la balance au moment du vote et n'est pas la vision de la démocratie que nous vend à longueur de journée bon nombres de ces journaux (faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais). Pour faire un parallèle un peu scabreux (vous me le concèderez), ce serait comme faire sa demande en mariage à une femme en affichant la fortune de sa famille et espérer qu'elle n'en tienne pas compte au moment où elle prendra sa décision.  

Aparté terminé, revenons au sujet premier. Tout porte à croire qu'à l'image d'Emmanuel Macron lors de la présidentielle 2017 en France, Richard Auguste Onouviet connaît la forte influence des médias sur les intentions de vote et compte bien en profiter. Ne vous étonnez donc pas si dans les prochaines semaines, Gabon Media Time dirigé par Harold Leckat, Gabonreview dirigé par Roxane Bouenguidi (oups, je voulais dire François Ndjimbi) ou encore le Mbandja de Guy-Pierre Biteghe deviennent très élogieux à propos de ce cacique du PDG qui n'a toujours pas digéré sa mise à l'écart lors des dernières législatives. 

Le nouveau Bureau © OPAM Le nouveau Bureau © OPAM

Au moment où certains cachent de moins en moins leur jeu, d'autres préfèrent agir en coulisses et plus insidieusement même si l'objectif final reste le même: devenir le chef à la place du chef en 2023.

Affaire à suivre...

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