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Billet de blog 28 févr. 2019

Ali Bongo fait le ménage pour 2023

Après un premier septennat décrié et une victoire contestée sur le plan national et international lors de la présidentielle de 2016, le Président du Parti Démocratique Gabonais (PDG) a ENFIN tiré les leçons des erreurs passées et marque la rupture avec ceux qui ont fait son premier septennat.

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Le retour au Gabon du Président Ali Bongo Ondimba aura secoué toute la classe politique gabonaise avec l'éviction de plusieurs de ses proches collaborateurs du premier mandat.

Après un premier septennat décrié et une victoire contestée sur le plan national et international lors de la présidentielle de 2016, le Président du Parti Démocratique Gabonais (PDG) a ENFIN tiré les leçons des erreurs passées et marque la rupture avec ceux qui ont fait son premier septennat. Exit donc les éléphants blancs et autres projets budgétivores dont l'impact est toujours attendu par les Gabonaises et Gabonais ! Exit les fameux émergents qui sont venus avec beaucoup de promesses mais ont fini avec peu de résultats !

Ali Bongo pendant la présidentielle 2016 © Changeons Ensemble

"Les coordonnateurs de sa politique étaient convaincus d'avoir la recette miracle et cet excès de confiance qu'on retrouvait dans la gestion quotidiennes des affaires a desservi non seulement le Président mais aussi le pays" me confiait un membre du cabinet présidentiel, président de commission lors de la campagne présidentielle. A titre d'exemple, l'altercation vive qui avait eu lieu entre Liban Soleman, Chef de Cabinet du Président à l'époque, et Louis Gaston Mayila sur un plateau de télévision a été symptomatique de la rupture annoncée entre l'ancienne politique menée du temps d'Omar Bongo et la nouvelle impulsion voulue par Ali Bongo et les émergents.

Cependant, malgré les pleins pouvoirs laissés à bons nombres de collaborateurs pour concrétiser le rêve de développement du pays, ceux-ci en feront usage pour un enrichissement illicite et personnel dont certains payent aujourd'hui le prix avec l'opération Mamba. C'est cette déconnexion du premier objectif qui amènera la situation critique de 2016 et dont le pays porte encore les stigmates. Cette équipe proche était censée mener à bien sa politique de développement et préparer au mieux sa réélection, on peut facilement dire que le bilan et les résultats obtenus en 2016 était loin d'être ceux escomptés tant BOA est apparu aux yeux de la population comme déconnecté de la réalité.

"Par ce piédestal érigé autour d'Ali Bongo, les "émergents" ont coupé celui-ci de son lien avec la population et de la réalité du terrain." déclare un membre du bureau politique et cacique du parti majoritaire. La répétition de cette même situation pourrait à l'occasion de la prochaine élection coûter sa place au résident du palais du bord de mer.

Pour éviter cela, BOA a pris le taureau par les cornes en remerciant non seulement les hommes mais en réformant certaines de leurs mesures phares avec notamment la suppression d'agences, devenues pour beaucoup des gouffres financiers, et en redonnant un rôle plus central aux ministères. 

Conscient des erreurs passées, le président a fait le choix d'assurer l'élection à un 3ème mandat dès le début de l'année 2019 en corrigeant la copie. Même s'il garde la trajectoire fixée par le PSGE avec pour idée de créer plus de richesses par la transformation des ressources sur place, Ali Bongo est revenue à une gestion plus "classique" mais avec des personnes différentes à sa tête. Ne pouvant faire du neuf avec du vieux, il décide alors d'évincer ceux qui ont trahi sa confiance et celle du peuple gabonais.

Pour connaître une victoire nette et sans bavure lors de la prochaine élection, BOA a décidé d'aborder un cap clair: celui de la rupture et du renouveau des hommes et des idées. Pour cela, ses choix se portent sur des mesures fortes et des résultas probants qui lui assureront une nouvelle réélection. Par contre, il devra se battre contre un régime bien installé et à la dent dure, même si les enchaînements de ce que ses communicants ont appelés communément les "tsunalis" montrent qu'il est armé et prêt à répondre aux attaques internes et externes.

En tout cas, une seule chose est sûre, il faudra compter sur BOA lors des prochaines élections et reste maintenant à savoir si la nouvelle dynamique  qu'il a mise en place suffira à lui assurer un troisième mandat.

Affaire à suivre... 

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