CP - Comment cannabis et musique (rap) adoucissent les mœurs… pas l’État !

Vous êtes un jeune artiste rap ? Vous souhaitez lancer votre dernier EP ? Qu’à cela ne tienne, le nouveau gouvernement propose désormais une mise à disposition de tout un service pour en assurer la promotion, avec à sa tête un sémillant ministre et sa performante équipe de conseillers en communication.

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Et les résidant.e.s de la cité populaire Paul Mistral de Grenoble de ne plus en fermer l’œil comme l’avait annoncé M. Gérald Darmanin, insomnie provoquée par l’énorme éclat de rire suite à l’opération policière menée après la diffusion des rushes du clip du jeune rappeur local Corbak Hood.

Présentées comme une provocation suite aux gesticulations post-remaniement gouvernemental de messieurs Castex et Darmanin, les images d’hommes cagoulés et lourdement armés paradant dans un jardin d’enfants de la cité grenobloise avait été largement diffusées et commentées par les médias dominants comme par les responsables politiques. Et tout ce petit monde de reprendre le terme d’extrême-droite d’« ensauvagement » comme pour en rajouter au sentiment d’insécurité désormais répandu.

Et c’est Mistral gagnant…

Le ridicule n’a heureusement jamais tué et gageons que nos responsables politiques sauront se sortir de cette embarrassante affaire. Il n’en demeure pas moins que cet emballement médiatique démontre une fois de plus l’absence de compétences des autorités, incapables de distinguer la réalité de la fiction. Incapables non-plus de répondre aux objectifs d’un dispositif répressif à bout de course en dépit d’une législation sans cesse renforcée. Comme la dernière trouvaille gouvernementale – l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) – étendue à tout le territoire depuis le 1er septembre, et dont on ne tardera pas à mesurer l’inefficacité et sa propension à aggraver les rapports déjà tendus entre la jeunesse des quartiers populaires et les forces de l’ordre.

Qu’à cela ne tienne, tandis qu’une mission parlementaire se penche sur la délicate question du cannabis, qu’à l’international l’antiprohibition gagne chaque jour du terrain et que la France s’apprête à « célébrer » les 50 ans de la loi sur les stupéfiants, le gouvernement choisi de flatter les partisans d’une politique répressive et liberticide. Et surtout à un point inopérante qu’elle se révèle l’alliée objective des réseaux criminels qu’elle est censée combattre.

L’inéluctable légalisation du cannabis qui se profile n’empêchera donc pas les ministères de l’Intérieur et de la Justice de faire preuve de gesticuler jusqu’au bout, quitte à passer pour des imbéciles par la suite.

Il serait temps de s’appliquer à préparer l’opinion publique à la formidable révolution en marche, celle d’une société apaisée vis à vis des drogues, où les usagers ne seraient plus considérés comme des criminels ou des malades mais comme de simples citoyen.ne.s à la recherche de sensations sensorielles inédites. Car un monde avec les drogues est possible, nous vous le disons !

Fédération des CIRC

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