COMMUNIQUÉ DE PRESSE - « Growshops » : de la répression à la complicité

Ça n’est pas un hasard si, à la fin des années 90, après que le CIRC eut lancé une campagne de promotion de l’autoproduction, de nombreux magasins spécialisés dans le jardinage d’intérieur domestique, aient vu le jour.

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On en compte de nos jours plusieurs centaines répartis sur tout le territoire, parfois sous franchise. Ils emploient des milliers de personnes, depuis la vente jusqu’aux fournisseurs et rapportent à l’État de juteux profits à travers les taxes auxquelles tous s’acquittent.

Depuis quelques semaines, le zélé Procureur de Rennes a décidé de s’en prendre à l’un des représentants du fleuron de la nouvelle économie mondiale. Le cannabusiness représente en effet un formidable potentiel là où on le laisse s’exprimer. En France presque comme ailleurs, du fait d’un contexte légal pour le moins incohérent.

Jusqu’ici, les acteurs de cette filière bénéficiaient de l’impossibilité juridique de lier la vente de leurs produits à une activité illégale. Les gesticulations juridico-policières actuelles semblent cependant y parvenir en condamnant aussi fermement qu’arbitrairement les gérants des quatre magasins de la chaîne Indoor Garden.

Si les autorités souhaitent vraiment poursuivre cette démarche dans le but de lutter contre le trafic de drogue, sans doute auront-elles aussi à s’en prendre à d’autres activités y participant potentiellement. Par exemple aux énormes bénéfices qu’en tirent les odieux fabricants de papier à rouler et leur ignobles complices, les buralistes. S’attaquer à certains de ces derniers, de plus en plus nombreux, proposant dans leurs échoppes toute la parapharnélia du parfait cannabinophile (pipes, greenders, balances, etc.). Si bien évidemment lutter contre le trafic est réellement leur objectif.

La vérité c’est qu’il semble s’agir là d’un ultime soubresaut d’un système en faillite depuis son adoption. Un dogme aussi stupide que dangereux qui, depuis un demi siècle, n’en finit pas de produire l’exact contraire de ce qu’il prétendait faire. Et les premiers à s’en satisfaire sont les réseaux criminels auxquels l’autoproduction revendiquée entre autres par le CIRC, tentait de répondre en offrant la possibilité aux cannabinophiles de les contourner.

De fait et quoi qu’en disent Parquets, ministres ou policiers, tous se révèlent être les alliés objectifs de la criminalité organisée et de ces États et gouvernements corrompus par les mafias et d’être par ailleurs indirectement complices des règlements de compte sanglant que seule une régulation de la filière parviendrait à interrompre.

Partout dans le Monde, on le voit, les mentalités évoluent, les lois finissent par s’adapter à l’incontournable phénomène de société que constitue le chanvre/cannabis. Les cannabinophiles obtiennent petit à petit les Droits qu’ils revendiquent légitimement depuis toujours et les sociétés qui s’y appliquent, redécouvrent une paix sociale jusqu’ici mise à mal par la prohibition accompagnée d’un formidable regain d’activité économique.

Il serait donc temps que les États européens et le plus dogmatique et répressif d’entre eux, le nôtre, s’intéresse à la plus rationnelle des solutions en la matière. Qu’ils écoutent et entendent les conseils et recommandations des professionnel(le)s de la santé ainsi que des associations d’usagers récréatifs et thérapeutiques. Que pour ces derniers, le gouvernement de M. Emmanuel Macron applique la directive européenne à laquelle sont prédécesseur s’était engagé, à savoir l’autorisation de la mise sur le marché du Sativex©, ce médicament aux extraits de cannabinoïdes que tant de patient(e)s attendent. Qu’ils leur accordent aussi l’accès à la plante ainsi qu’aux produits dérivés reconnu pour leurs vertus médicinales.
Enfin qu’aux chanvriers soit reconnu le droit d’utiliser leurs propres semences plutôt que ces infâmes hybrides inadaptés à leurs sols en complète contradiction avec la sauvegarde de la biodiversité telle qu’annoncée médiatiquement.

Des mesures radicales par rapport auxquelles le projet gouvernemental de « contraventionnalisation de l’usage de stupéfiant » semble dérisoire et surtout contre-productif. Faudra-t-il attendre encore 50 ans, d'autres morts et vies brisées pour l’admettre ?

Fédération des CIRC

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