CP du 18 oct. 2018 – Prohibition : une forte odeur de sapin au pays de l’érable

Toutes les provinces du Canada ont sans doute vécu hier mercredi 17 octobre, une journée historique. En dépit d’accords internationaux que d’aucuns prétendent comme incontournables, cet éminent membre du G7 vient de légaliser le cannabis récréatif, 17 ans après l’avoir fait pour un usage thérapeutique.

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En France, le Sénat vient, lui, d’adopter la « contraventionalisation » de l’usage de stupéfiants, un dispositif de plus dans l’arsenal répressif largement et activement soutenu par la corporation policière, institutionnalisant ainsi des pratiques de racket déjà largement répandues. De son côté, le ministère de la Santé vient seulement de nommer un commission chargée d’étudier la possibilité d’une utilisation médicinale du cannabis.

C’est donc plus qu’un océan qui sépare nos deux pays, pour ne pas dire les deux continents, les politiques vis-à-vis du cannabis ayant profondément évolué de l’Amérique latine à l’Amérique du nord, bien plus sans doute qu’en Europe. La France, arcboutée sur ses certitudes et principes, semblant bien jouer le rôle de verrou en la matière.

Cependant l’expérience de la SQDC – société québécois du cannabis – ne constitue pas, de l’avis de nombreuses personnes et organisations, un modèle de régulation. Si la distribution est placée sous le monopole de l’État, le marché de la production, lui, a été purement et simplement accaparé par des hommes d’affaires et d’anciens responsables politiques, les mêmes sans doute qui, hier encore, ne juraient que par la prohibition.
À ceci peut-on ajouter la remarquable austérité des succursale de la SQDC où le cannabinophile ne peut échapper au sentiment de demeurer un malade aux yeux de leur personnel.

Du statut de fléau pour la société américaine, le chanvre est donc subitement devenu une ressource financière acceptable parce qu’extrêmement profitable évidemment.

Il pourrait en être de même en Europe, ce que le CIRC craint, prônant, lui, une approche bien plus sociale et écologique, respectant les compétences de la plupart des acteurs de la filière illicite (actuels petits contrebandiers, revendeurs et cannabiculteurs) ainsi que la santé des usagers, la biodiversité et la qualité de l’environnement en privilégiant une production biologique locale en extérieur. Mais encore faudrait-il pour cela que nos dirigeants ainsi que les médias entendent et écoutent les associations d’usagers et autres organisations antiprohibitionnistes.

#StopLaProhibition

Fédération des CIRC

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