COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Au CHU de Nantes, les dealers ne portent pas de blouses blanch

L’on savait que dans différents services de nombreux hôpitaux de l’Assistance Publique, des patient(e)s s’adonnaient à la prise de drogue, du cannabis en l’occurence. Cette pratique parfois encouragée par le personnel, intervient dans le cadre des effets secondaires de traitements lourds que la médecine conventionnelle ne parvient pas à palier.

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 Il arrive même – mais surtout ne le répétez pas – que cette drogue soit gracieusement proposée aux malades, en toute discrétion étant donné son statut illicite. En cancérologie ou en rééducation entre autres, les effluves cannabiques se font sentir dans les jardins, ici pour redonner de l’appétit ou prévenir des nausées consécutives des chimiothérapies, là pour réduire les spasmes musculaires que subissent para ou tétraplégiques.
Malgré une absence totale de reconnaissance des vertus thérapeutique du chanvre, celui-ci circule plus ou moins ouvertement, les patient(e)s partageant leur expérience avec les nouveaux dans un esprit de solidarité et d’entraide.

Ce qui se passe depuis de nombreuses années à l’Hôtel Dieu de Nantes relèverait d’un autre domaine bien que, sans doute, cela puisse aussi répondre à une demande. C’est la CFDT du CHU qui, tout récemment, dénonçait une situation devenue insupportable. Il semble en effet que des individus, revendeurs, s’infiltrent dans les locaux de l’établissement pour y mener leurs affaires auprès des personnes hospitalisées. Celles-ci présentes parfois pour des problèmes liés à des usages problématiques de drogues, se trouveraient ainsi incapables de se soigner.

Contacté par le CIRC, un membre du syndicat nous expliquait que cela s’aggravait, d’où l’appel de la CFDT lancé aux autorités pour que cesse cet état de fait. Interrogé sur les moyens qu’il s’accordait pour distinguer le revendeur venu là pour répondre à la sollicitation d’un(e) patient(e)s « usager thérapeutique » d’un autre, le syndicaliste s’en est montré incapable.

Une réponse purement pénale et répressive à cette situation semble, selon nous, vaine et contre-productive. Elle ne ferait sans doute que déplacer le problème, la demande étant là. Cela conduirait de plus à stigmatiser les malades en ajoutant le délit d’usage de drogue à leurs pathologies.

C’est à une réflexion plus globale sur les effets délétères de la prohibition et la nécessité d’en sortir que le CIRC invite les syndicats et le personnel hospitalier de Nantes et d’ailleurs. La « main invisible » du marché noir tend à s’abattre partout où l’on retrouve des consommateurs, et il y en a partout.

La société ne pourra plus longtemps supporter cette intrusion dans les espaces publics ou privés. Il faudra bien alors réfléchir à réguler afin que l’approvisionnement se fasse désormais en des lieux dédiés à cet effet, interdits aux mineurs et garantissant une traçabilité des substances proposées. Une solution pragmatique bien plus pertinente que la « contraventionnalisation » annoncée de l’usage de stupéfiants.

#ContraventionnalisationNonMerci

Fédération des CIRC

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