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Billet de blog 16 nov. 2010

Et si la gauche avait déjà perdu 2012 ?

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Le "tout ça pour ça" est le commentaire le plus pathétique qu'il était donné de lire depuis la nomination du gouvernement Fillon II. On voudrait par là indiquer que Nicolas Sarkozy a perdu la main, l'inspiration, qu'il est désormais prenable, sinon par la gauche, tout du moins par les siens, à commencer par son Premier ministre. Un jeu de chaises musicales dont le chef pipoteur tiendrait les manettes usées jusqu'à la corde, ce serait cela, le "tout ça pour ça". Or, ce qui caractérise Sarkozy, c'est avant tout qu'il ne tremble jamais avant d'appuyer sur la gachette. Peu importe qu'il sacrifie ses amis ou crucifie ceux qu'il a porté au pinacle la veille. Ce qui lui importe, c'est d'être le Chef. Or, pour être réélu avec certitude en 2012, il n'a qu'une possibilité utilisée par Jacques Chirac grâce à un concours de circonstances : faire perdre la gauche au seuil du 2ème tour de l'élection présidentielle. En 2002, la rigidité de Lionel Jospin et son incapacité à rassembler les composantes de la gauche l'avait empêché d'atteindre le round final de l'élection présidentielle, laissant sa place, bien malgré lui, au dirigeant du Front National.

En abandonnant les centristes comme Borloo et Morin à leur sort et à leur ressentiment, le chef de l'Etat pose des mines électorales dans la région du centre droit qui risque de voir poindre plusieurs prétendants. N'est-ce pas pour affaiblir à la fois François Bayrou qui ne pourra pas faire le plein des voix et, en même temps, Ségolène Royal, qui, si elle était dans la course, ne pourra pas rassembler bien loin ? En droitisant le gouvernement, on radicalise en outre la gauche. L'objectif ne serait-il pas, pour Sarkozy, de passer en tête au premier tour, tout en alimentant le Front National grâce à des thématiques propres à l'extrême-droite pour permettre à ce parti de finir second du premier tour ? Nicolas Sarkozy pourrait ainsi accéder à un second tour entre lui et Marine Le Pen pour être certain de l'emporter. Sans difficulté. C'est peut-être cette question que le bouquet de candidats du PS devrait résoudre pour éviter de vivre un remake de 2002. Ce qui n'était qu'un accident de l'histoire politique en 2002 deviendrait ainsi une stratégie mûrement réfléchie pour 2012.

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