Représailles sanglantes au Tchad: un réfugié témoigne

Il serait temps que l’État français qui soutient ce dictateur depuis 30 ans, ouvre les yeux et regarde ce qui se passe dans ce pays.

Témoignage. Vendredi 5 juin 2020, un commissaire de la police tchadienne proche du dirigeant Idriss Deby dans la ville de Oum Hadjer a tiré à bout portant sans raison sur mon frère Issakh MAHADI. Je demande que justice soit faite pour mon frère. Il ne s’agit pas d’un accident comme ont tenté de le faire croire les autorités tchadiennes mais bien d’une tentative d’assassinat. A cette heure mon frère est toujours à l’hôpital sans aucun soin, et le commissaire n’a pas même pas été obligé de s’expliquer. Je vis en France où je suis très actif au coté de ma communauté pour dénoncer la dictature au Tchad. A plusieurs reprises mon frère m’a contacté en me demandant d’arrêter, il semblait effrayé, je pensais qu’il s’inquiétait pour moi mais en fait on faisait pression sur lui. La dernière fois que j’ai été en contact avec lui c’était le 31 mai suite à mon apparition dans un live d’un activiste tchadien, 5 jours plus tard on lui a tiré dessus. Ce ne sont pas les premières violences perpétrées par la police de ce pays, et en particulier par les proches d’Idryss Deby. Il y a peu le frère d’Idriss Deby a assassiné un jeune berger sans aucune raison, et cette fois encore il n’y a eu aucune enquête, il y a une semaine ce sont deux jeunes filles qui ont été violé par la police tchadienne, aucune poursuite non plus pour les policiers. Par ailleurs depuis 1993 Idriss Deby alimente les conflits inter-ethniques pour maintenir son pouvoir. Il serait temps que l’État français qui soutient ce dictateur depuis 30 ans, ouvre les yeux et regarde ce qui se passe dans ce pays. Nous voulons que l’injustice cesse au Tchad, et nous appelons le peule tchadien à regarder positivement l’avenir, et à apprendre à vivre ensemble dés maintenant. Soyons vigilant ne laissons plus faire. Moussa Mahadi, frère de Issakh Mahadi

meutre-dissakh-au-tchad

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.