25° rafle sur camp de migrant.es depuis le 31 juillet 2016, par La Chapelle Debout!

Un compte rendu sur les rafles régulières au métro Jaurès et sur la détermination croissante à résister et se battre ensemble, migrant.e.s et soutiens, avec la brigade anti-rafles.

Rafle 25 sur camp de migrant.es depuis le 31 juillet 2016.
Chacun son tour... mais y aura pas de place pour tout le monde.
A l'attaque à Flandres d'hier, succède la rafle au camp afghan métro Jaures ce matin, presque face à France Trottoir d' Asile.

Nous sommes toujours sans nouvelles de Pierre Henry​, du Cabinet d'Anne Hidalgo ou du directeur de l'OFPRA, Pascal Brice (qui s'offusque de l'emploi du mot "rafle" mais qui, en bon petit soldat du ministère de l'Intérieur, a appris à se taire lorsque la réalité y ressemble à s'y méprendre).
20 personnes sont dans un bus immatriculé 75n1744g.
Il vient d' arriver rue Aubrac Metro St Emillion dans un commissariat réservé exclusivement aux Etranger.es.
Nous suivons toujours Cy 536 BP qui contient 11 personnes.
Besoin de personnes devant le commissariat à partir de 13h pour parler aux exilé.es (parler dari ou paschto serait un plus).

Il faut du monde à Jaures tant que la police y sera encore (pour filmer, témoigner, s' organiser)
Pour les personnes présentes envoyez photos et témoignages à Collectif.lachapelle.debout@gmail.com

Hier, les forces de Désordre ont trié les gens dans la cour du commissariat au faciès et par situations administratives.
Par exemple, on a fait sortir les érythréen.nes sans rien leur notifier.
8 et 11 personnes par cellules.
Ils ont pu manger mais pas boire.
15 OQTF+prise d' empreintes ont été distribuées à des soudanais et un lybien, Wael qui était réfugié statutaire en Autriche.
Ici wael est en procédure accélérée.
En France 56% des demandeurs.es d' asile sont concerné.es.
Cette procédure accélère simplement le devenir sans papier du demandeur d'asile puisqu'elle diminue drastiquement ses chances d'obtenir l'asile.
On peut être placé en procédure accélérée notamment suite à.... une OQTF.
Vous avez dit organisation étatique d'une entrave systémique au droit d'asile?

Et pendant ce temps, le directeur de l'OFPRA continue à se taire.

A la police on ne dit plus comme cet été aux migrant.es que l'OQTF est une proposition d' hébergement.
Maintenant, on leur explique que ces papiers aident à l' asile.

Ce matin au mégaphone à Jaures, il y a un interprète qui parle paschto au mégaphone. C'est rare.

Hier, le traducteur arabe des flics à Aubrac a menti aux gars.
Sur certains procès verbaux joints aux OQTF on peut lire :
"l'intéressé a appelé lui même ses proches". C'est faux disent les concernés.
"Il n'a pas souhaité recourir à un interprète". "C'est tout l'inverse "s' est énervé youssif, 23 ans.
Aux quelques informés de leurs droits qui ont refusé de signer (informés par la brigade anti rafles, des personnes solidaires ou l'intercollectif ) il a été notifié qu' ils ne pourraient pas sortir.
Certaines ont tout de même tenus bon et sont sortis.

La semaine dernière du fait de la mobilisation, on a demandé aux afghans de couper leurs téléphones dans les bus.

Aujourd'hui trop peu de personnes étaient sur place entre 7h et 10h mais nous sommes en contact avec deux migrant.es du premier car.
11h La "négociation" personnes solidaires-flics pour que les migrant-es puissent récupérer quelques affaires s' est tendue.
"Vous récupérez tout sauf les tentes."
11h30 Les afghan.es résistent. Les CRS mettent leurs casques.
Comme d'habitude, "collaboration" oblige, la benne "Propreté de Paris" ramassera les rares effets des migrant.es à la rue. A votre bon coeur, Mme Hidalgo.

la chapelle debout! la chapelle debout!

La ligne téléphonique de la Brigade Anti Rafle a été bloquée pour la seconde fois.
On reçoit vos messages mais nous ne pouvons pas en envoyer.
La Brigade Anti Rafle recherche d'urgence ingénieur.e informatique ou toute personne ayant des compétences en téléphonie pour communiquer massivement.
Vous êtes beaucoup à vous inscrire au 07 68 77 97 16 ces derniers temps.
Cela augure des jours meilleurs. C'est pour cela qu' ils tentent de nous bloquer mais continuez, faites tourner!

Ces rafles à Jaurès sont les plus visibles.
Pour compléter le tableau parisien et national il faudrait y ajouter celles que subissent les afghans de gare de l' Est par des policiers en civil lorsqu'ils vont charger leurs téléphones, ou celles systématique en ce moment au sortir de la gare de Calais Frethun ou à gare de Lyon pour les exilé.es arrivant du Sud.
La rafle, nous y reviendrons, sert à quelque que chose d' essentiel : Constituer des populations comme des dangers potentiels par opposition à un corps social qui, lui, serait uni.
La rafle, le contrôle au faciès, la chasse aux rroms, aux prostituées.
C'est le politique réduit à la police pour assigner des personnes, des lieux des corps à des places et à des non-lieux.
Leur trouille est que collectivement nous nous opposions à cela.

Lundi soir dernier, des afghan.es, informé.es pour Roman en cours d'expulsion au centre de rétention du Mesnil Amelot, et encore sous le choc des rafles de la semaine dernière, ont écrit un texte à destination des habitant.es de l' avenue de Flandres.
Il y est question de s'opposer aux déportations et aux arrestations, de droit au logement, aux papiers et d'avoir des cours de Français.
Il se termine ainsi :" Honorables migrant.es nous vous prions de participer à cette manifestation, pour faire entendre nos problème et nous libérer de cette misère." Signé des habitant.es du campement de Jaurès.
Ils ont par la suite envoyé une délégation et une longue rencontre avec des habitants du quartier à eu lieu.
Nous avons fait la traduction.
Chaque jour des discussions ont lieu sur les deux camps.
C'est cela qui sera décisif et que nous devons soutenir.

La riposte arrive de façon inattendue et parfois plus vite qu'on ne pense.

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