La Fille Renne
Militant·e
Abonné·e de Mediapart

4 Billets

0 Édition

Billet de blog 30 mai 2022

« Promising Young Woman », une autre façon de montrer les violences sexuelles

Sorti en France en 2020, le film « Promising Young Woman » de la réalisatrice Emerald Fennell nous offre une autre façon de montrer les violences sexuelles au cinéma, leurs conséquences et les réponses de notre société. Avec une approche par le female gaze, la réalisatrice démonte un par un les mythes de la culture du viol. Un travail nécessaire.

La Fille Renne
Militant·e
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Attention, cet article contient les spoilers du film.

Lorsque j’ai enfin pu voir Promising Young Woman, cela faisait plus d’un an que j’attendais sa sortie (retardée lors de la crise sanitaire). Le synopsis annoncé et la bande-annonce laissaient entrevoir un slasher movie anti-culture du viol [1], où une femme se venge en tuant des hommes qui violent des femmes saoules ; sur fond de couleurs flashy et de remix de Britney Spears.

Je ne me réjouis habituellement pas de la violence, mais dans un contexte sociétal où #MeToo est passé par là, sans changements concrets (pas de réponses du gouvernement contre les féminicides, pas de meilleurs prises en charge des violences sexuelles, pas de formation spécifique pour la police, une banalisation du cyberharcèlement masculiniste sur Instagram accompagnée d’une censure des féministes qui dénoncent cette violence, pas d’amélioration des lois vis-à-vis des violences sexistes, sexuelles et de la pédocriminalité, le procès Depp / Heard, etc.), j’avais l’impression que ce film serait très cathartique pour moi.

J'ai découvert la réalisatrice et scénariste Emerald Fennell en actrice dans la série britannique Call the midwife et en scénariste dans la série américano-britannique Killing Eve (toutes deux créées par des femmes, avec une approche plutôt par le female gaze [2]). Je partais donc avec un bon à priori.

Au final, ce film m’a marqué·e à vif. Je n’avais pas eu aussi mal aux entrailles au cinéma depuis Boy erased (film de Joel Edgerton, sur la thérapie de conversion d’un jeune homme gay aux USA en 2004, où l’on voit des tortures en contexte queerphobe). Dans les deux cas, il s’agit de violences qui me concernent ou que je connais bien via mon travail (queerphobie, culture du viol, violences sexuelles et sexistes), mais mises en scène d’une façon qui m’a beaucoup plus touché·e que dans d’autres œuvres cinématographiques. Promising Young Woman est un film qui montre ces violences sexuelles différemment de ce que j’ai pu voir auparavant.

  • Film à surprises, culture du viol & mal de ventre

Ce qui m’a donné ce mal aux entrailles, c’est ce mélange de surprises (le film n’est pas ce que la bande-annonce laisse penser), de réalité criante sur la culture du viol, les violences sexuelles et sexistes, les conséquences sur notre santé mentale, et le tout avec un héroïne badass, qui fait vraiment du bien, parce que l’on manque toujours cruellement de représentations de femmes sans male gaze auxquelles s’identifier (est-ce que l’héroïne, Cassie, va rejoindre mon panthéon d’héroïnes avec Lisbeth Salander de Millenium et Ellen Ripley d’Alien ? Probablement).  

La première surprise est donc vis-à-vis de la bande-annonce : contrairement à ce qu’elle peut laisser croire, Cassie n’est pas une serial killeuse et n’est pas violente physiquement envers les autres.

On découvre sa double vie, qu’elle partage entre une vie banale et ses sorties nocturnes, une fois par semaine, où elle fait semblant d’être saoule dans les bars. Systématiquement, elle est ramenée par un homme qui profite de son état pour la violer, et au moment où débutent les violences sexuelles, elle lui donne une leçon. Dans ces situations, la réalisatrice casse des mythes liés à la culture du viol. 

Dans le premier bar, trois hommes discutent en la voyant : « You know, they put themselves in danger, girls like that. If she's not careful, someone's gonna take advantage. […] She's kind of hot. […] I mean, that it just asking for it. » [3]  Un des hommes la ramène et semble vouloir l’aider, jusqu’à ce qu’il décide de l’emmener chez lui. Il lui sert un verre, l’embrasse. La bouche de Cassie reste fermée mais il continue et dit même « wow », comme si c’était incroyable : cette agression sexuelle est montrée comme grotesque. Elle s’allonge, il se met sur elle, la touche et dit à plusieurs reprises : « It’s ok, you’re safe » [4]. Il enlève sa culotte puis panique lorsqu’elle dit d’une voix tout à coup parfaitement sobre : « What are youd doing ? » [5]

Lors de la seconde rencontre, un homme la force à prendre de la cocaïne. Elle dit qu’elle a besoin de rentrer chez elle, il refuse et l'embrasse. Elle répète qu'elle a besoin de rentrer. Il insère ses doigts dans son sexe et elle le répète encore, mais avec une voix sobre. Là encore, il panique :
« At least you didn’t try to have sex with me while I was passed out. You do get points for that. I want you to be proud of yourself. A few guys...eh they don’t mind so much. But you, you woke me up before putting your fingers inside me. That was sweet.
-What are you saying, that I’m some kind of...predator?
-I don’t know. Are you?
-I’m a nice guy.
-[…] Because every week I go to a club. And every week I act like I’m too drunk to stand. And Every. Fucking. Week. A nice guy just like you comes over to see if I’m ok. » [6]

Les bases sur les violences sexuelles sont posées : les violeurs ne sont pas des monstres, mais des hommes tout ce qu’il y a de plus banal, qui se voient comme des mecs sympas, s’entrainent entre eux (l’effet du boy’s club [7]) et se justifient des agressions sexuelles et des viols (qu’ils ne qualifient pas comme cela) en culpabilisant les victimes avec les mythes de la culture du viol (elles se mettent en danger en étant saoules dans un bar, elles sont chaudes, elles le cherchent, etc.) et en se donnant l’image qu’il ne s’agit pas des violences, car ce sont des mecs biens, et les femmes sont en sécurités avec eux. Ils profitent de conditions vulnérabilisantes (alcool, drogue, fatigue, etc.), où ils ont le dessus physiquement sur les femmes, pour violer. 

A ce moment-là du film, je me demande encore s’il s’agit d’un rape and revenge / slasher movie sans subtilité, comme le laisse penser la bande-annonce, car certains partis pris de la réalisation sont justement très clichés : musique d’ambiance thriller, tâches de ketchup sur ses vêtements qui font penser à du sang, les carnets qu’elle remplit chez elle avec les noms des hommes qui l’agressent, parfois en rouge, en bleu ou en noir (est-ce qu’elle tue ceux dont les noms sont écrits en rouge ?).

La première fois qu’on voit Cassie sur son lieu de travail (un coffee shop), elle lit un livre intitulé Careful How You Go.  Il s’agit en fait du titre d’un court-métrage réalisé par Emerald Fennell en 2018 : « I had [a short] at Sundance two years ago called “Careful How You Go,” and it’s about the different ways in which women can be frightening and malevolent. The premise is kind of how can you ruin a stranger’s life without touching them or threatening them or doing anything sinister. That felt like a kind of peculiarly sort of historically kind of female way of enacting rage. » [8] Cela donne aussi un indice sur le caractère potentiellement malveillant de Cassie ou la colère qui l’anime.
Idem avec le vieux film en noir et blanc que ses parents regardent, avec le dialogue « Not that you mind the killings. Your book is full of killings. » [9]

Cassie n’est pas heureuse et petit à petit, on en comprend l’origine : alors en faculté de médecine, son amie d’enfance Nina, inconsciente, a été violée plusieurs fois par un étudiant devant d’autres étudiant·e·s. On devine qu’elle s’est suicidée.

Emerald Fennell apporte ici d’autres éléments qui permettent de lutter contre les mythes de la culture du viol : les viols sont majoritairement perpétrés par une personne que la victime connait (80% d’après la journaliste Victoire Tuaillon [10] ; 70% par un proche d’après Noémie Renard [11]). Les violeurs ne sont pas des monstres mais des monsieurs tout le monde, et dans ce cas, un étudiant en médecine charmant avec un avenir brillant.

Cassie rencontre ensuite Ryan, un ancien camarade de fac qui veut relationner avec elle. C’est un parfait meet cute [12], dans un coffee shop très mignon, sur Nothing's Gonna Hurt You Baby de Cigarettes After Sex. Tout indique une bouffée de fraicheur dans la vie de Cassie.

Ryan mentionne la violeur, ce qui motive Cassie à élaborer un plan pour se venger de lui et des personnes qui n’ont pas aidé Nina à l’époque, comme une ancienne amie commune, l'avocat du violeur et la doyenne de la fac qui a classé l’« incident » sans suite.

Cela amène une autre vérité sur les violences sexuelles : la culture du viol fait que l’on (les individus et la société) broie les victimes.

Ce film dépeint un système judiciaire qui ne s’intéresse pas aux victimes, un système pénal qui s’intéresse plus à l’argent et à la respectabilité d’un client qu’à son crime en tant qu'accusé et un système universitaire qui s’intéresse à sa réputation, et à la réputation des jeunes hommes étudiants prometteurs. Certaines femmes, à l’instar de l’ancienne amie de Nina et Cassie, pour être socialement acceptées, soutiennent le violeur qui est populaire, plutôt que la victime.

Personne ne s’intéresse à la victime, sur qui les autres font même reposer une part de la culpabilité (« None of us want to admit, when we've made ourselves vulnerable. » [13]), car elle a bu de l’alcool (« When you get that drunk, things happens. », « If she was drinking, … » [14]) et qu’elle avait une sexualité (« If you have a reputation for sleeping around, then maybe people aren't gonna believe you when you say something's happened. It’s crying wolf. » [15]). Victime dans un premier temps du sexisme, elle n’a déjà plus de réputation.

La doyenne ne se souvient d’ailleurs ni de Nina, ni de ce qui lui est arrivé, alors qu’elle avait recueilli sa parole à l’époque, mais se souvient du violeur de façon positive. Il collabore d’ailleurs avec l’université, ce qui montre que sa réputation est restée intacte : « He is a really nice guy. Really smart. » [16].

L’avocat du violeur explique à Cassie comment le système fonctionne et comment certaines personnes font leur argent sur la culture du viol : « I got a bonus for every settlement out of court. I got another bonus for every charge dropped. We all did. There was a guy ... His only job was to comb through all their social media accounts for any compromising information. [...] Now one drunk photo at a party. Oh, you wouldn't believe how hostile that makes a jury. » [17]

Le vocabulaire utilisé par les personnes accusées par Cassie pour mentionner les violences sexuelles les fait paraitre moins graves que la réalité, comme « when you have sex with someone you don't want to » [18] pour désigner un viol.

En revanche, la réputation du violeur est préservée à tout prix (« We get accusations like this all the time. One or two a week. [...] Ruin a young man's life every time we get an accusation like this ? [...] I hade to give him the benefit of the doubt. [...] Because innocent until proven guilty. » [19]). C’est sa parole contre la sienne, et dans un système sexiste, on ne croit pas les femmes.

On peut le voir par exemple à travers le cas de Brock Turner, un étudiant de Stanford accusé de viol en 2016, dont les exploits sportifs ont été mis en avant dans la presse américaine afin d'humaniser l'accusé et de culpabiliser la victime sur le fait qu'elle ternissait sa réputation [20].

La présomption d’innocence est également un outil utilisé de façon inégalitaire : elle existe pour l’homme qui est accusé, mais pas pour la femme qui accuse et qui est directement jugée de menteuse. La culture du viol laisse penser que les femmes qui portent plainte pour violences sexuelles sont des menteuses, alors qu’il est prouvé que ces fausses accusations concernent environ 1% des plaintes déposées [21]. Il est vertigineux d’imaginer que la doyenne ne prend pas au sérieux une à deux accusations d’agression sexuelle ou de viol par semaine (donc entre 50 et 100 par an), mais cela montre aussi la réalité sur la banalité de ces agressions et l’impunité dans laquelle elles sont commises. 

Cassie tombe amoureuse de Ryan, qui est dépeint comme inoffensif, maladroit, touchant. Lors de leur premier rendez-vous, il dit même qu’il a peur de passer pour un pédocriminel dans la rue à cause de leur différence de taille. Il est pédiatre, gentil, drôle, grand, blanc, châtain aux yeux bleus : c’est le gendre idéal dans notre culture occidentale. Cassie commence à organiser son quotidien différemment, semble reprendre goût à la vie. Elle lâche prise et pense à elle. J’ai même cru à un happy end.

Et puis, une nouvelle surprise balaye tout : Cassie prend connaissance de l’existence d’une vidéo du viol de Nina, où il apparait que Ryan faisait partie des personnes présentes. A ce moment-là du film, j’ai commencé à me sentir très mal.

Là encore, l’ancienne amie qui lui donne cette preuve minimise la gravité des violences : « […] a stupid video. It just got sent around. I got sent it. Everyone did. At the time, it was ... It was just gossip, you know? […] So much stuff happened back then, like, all the time. […] I don't know how we all could have watched it and, um... [...] thought it was funny. » [22] Mais elle conscientise tout de même assez sur la gravité des évènements pour lui demander de rester en dehors de cela. 

Par rapport à Ryan, le film donne une nouvelle leçon vis-à-vis des violences sexuelles : si un homme est adorable avec une femme, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas violent avec une autre. Un homme étant présenté comme un nice guy ne veut pas dire sans danger. 

Lorsque Cassie le confronte, tous les arguments que l’on entend habituellement dans les mythes de la culture du viol sont là : « I don't remember » [23], « I was a kid » [24] (donc il n’est pas responsable), « I didn't do anything » [25] (comme si ne pas avoir violé le dédouane de ne pas avoir arrêté le viol, dénoncé ou pris la défense de la victime ensuite publiquement), ça va détruire ma vie et mon travail  (la réputation d’un homme est plus importante que la vie d’une femme détruite),  tu es folle  (Cassie est folle de s’en prendre à lui et de vouloir renverser le système patriarcal établi) et « You don't think I'm a bad person. I love you » [26].

Elle refuse de le pardonner, et ne supportant pas le refus, Ryan bascule très vite de l’amour à la violence verbale. Il tente de la culpabiliser, continue à se déresponsabiliser, puis l’insulte : « you fucking failure » [27]

Cassie se fait ensuite passer pour une strip-teaseuse à la fête d’enterrement de vie de garçon du violeur, qui est sur le point de se marier. On passe donc du Paris Hilton romantique à une version de Toxic à la limite du supportable.

Elle retourne les armes des violeurs contre eux : elle met du GHB dans l’alcool pour endormir les hommes présents, et attache le violeur à un lit pour se venger. Elle sort un couteau pour lui graver sur le corps le nom de Nina, car on retient toujours le nom des agresseurs et que l’on oublie toujours celui des victimes (il n’y a qu’à voir les titres de presse français, à base de « une femme ») [28].

Le violeur utilise le même discours que Ryan : il nie, culpabilise la victime, tente de négocier lorsqu’il comprend qu’il existe une preuve, puis se victimise : « I didn't do anything. we were kids. [...] maybe she regretted it after? [...] she was into it. […] I’ll will do anything. […] I was affected by it too, okay? I mean, it's every guy's worst nightmare, getting accused like that. » [29]

On arrive au point culminant du film et je suis tellement en colère après avoir assisté à plus d’une heure de culture du viol, que j’ai forcément envie de voir une certaine justice, d’une façon ou d’une autre.

Cependant, le violeur parvient à se détacher et tue Cassie, qui ne fait pas le poids physiquement.

Je suis dévaste·e.

La réalisation change. Jusqu’à présent, la narration suivait le point de vue de Cassie.

La scène de meurtre est longue et éprouvante, sur une sorte de suite de la reprise angoissante de Toxic de Britney Spears au violon. Il a du mal à l’étouffer sous un coussin et la scène n’en finit pas. Elle dure deux minutes, mais cela parait une éternité. Sans son, avec juste les cris de Cassie. 120 secondes d’étouffement.

C’est insoutenable.

Le lendemain matin, son témoin de mariage le trouve, l’aide à se détacher et lui promet qu’il n’a rien fait de mal, qu’ils vont s’en occuper. « This is not your fault. […] It was an accident, right? » [30]

La narration suit à présent le point de vue des hommes, et le boy’s club se révèle : c’est l’entre soi masculin qui se protège, qui se convainc. Il s’agit probablement du même boy’s club qui avait regardé Nina se faire violer en filmant et en rigolant.

Ils brûlent le corps. 

Dernière surprise, le film se termine sur l’arrestation du meurtrier et de son complice lors du mariage. Cassie avait anticipé sa possible disparition. Ryan reçoit également des SMS planifiés par Cassie pour lui faire un doigt d’honneur. 

Ces deux dernières scènes montrent encore des réalités sur les violences sexuelles et sexistes : les hommes se protègent les uns les autres ; ils sont très peu arrêtés pour violences sexuelles et là en l’occurrence, le violeur et meurtrier est arrêté uniquement pour le meurtre.

Elles montrent également qui est violent et qui peut se permettre d’être violent. Cassie n’est finalement jamais violente physiquement (à part la destruction d’une voiture) et lorsqu’elle essaie, pour se venger d’une personne qui a détruit au moins deux vies, c’est le retour de bâton : elle est victime de féminicide. Effectivement, dénoncer des violences sexistes ou sexuelles, c’est prendre le risque de subir encore plus de violences.

Au sujet de qui peut être violent, Cassie nargue d’ailleurs le violeur avant son meurtre : « Do I look like someone who would make you do something you don't want to do? » [31]. Il répond que non.

Je me demande si elle ne comptait pas là-dessus pour mourir (le violeur semble se détacher facilement). Sa rencontre avec Ryan l’avait sortie de son obsession pour la disparition de Nina. Elle lâchait enfin prise pour se rendre compte que son amoureux ne vaut pas mieux que les autres, qu’elle est seule face à cette violence et à un système qui privilégie les agresseurs. Pourquoi vivre dans ce monde finalement ?

La réalisatrice en dit que : « la vengeance est vénéneuse et toxique, ainsi que les répercussions que ça entraîne. Il est difficile de s’en sortir. C’est très clair, au début du film, que les actions de Cassie se font au détriment de sa propre vie. » [32]

Elle semble aussi avoir anticipé sa mort : la vidéo envoyée à l’avocat, les SMS programmés pour Ryan, le pendentif laissé à Gail. 

Je suis aussi embêté·e par la scène finale de l’arrestation car je la trouve moins réaliste (surtout les SMS à vrai dire). Je pense que la réalisatrice aurait encore plus enfoncé le clou sur la réalité de ces violences en s’arrêtant après le meurtre et la dissimulation du corps de Cassie, sans justice aucune.

Cependant, en tant que spectateurice, je pense aussi que je ne me serais jamais relevé·e de mon siège sans la dernière scène, qui donne presque une touche d’espoir.

  • Female gaze

Ce film joue beaucoup avec nos émotions, et démonte une par une les idées reçues qui alimentent la culture du viol et banalisent les violences sexuelles. Il est réaliste quant aux conséquences sur la vie des violeurs (ils vivent leur meilleur vie la plupart du temps, leur réputation n’est peu ou pas entachée) et sur celles des victimes. Il est réaliste sur nos responsabilité et réactions collectives et individuelles.

Enfin un film féministe et réaliste sur ces violences, qui est respectueuse des victimes (et des victimes collatérales comme Cassie), et qui parle de viol en arrivant à nous toucher, sans jamais le montrer ou faire de voyeurisme. La nudité est également absente de cette œuvre. C'est d'ailleurs un film dans lequel on pourrait même y voir de la misandrie.

Emerald Fennell a voulu montrer quelque chose de réaliste, du point de vue d’une victime, et en ça, c’est une œuvre avec un female gaze : « When I was thinking about “Promising Young Woman,” I wanted to make a revenge movie, but a movie about how a woman, a real woman, might take revenge, which is different I think to how we normally see it. » [33]

Il valide d’ailleurs tous les points de la grille de lecture que propose Iris Brey pour caractériser une œuvre du point de vue du female gaze : le personnage principal (Cassie – jusqu’à sa mort) s’identifie en tant que femme ou est issu d’une minorité de genre, l’histoire est racontée de son point de vue, elle remet en question l’ordre patriarcal, la mise en scène permet de ressentir l’expérience féminine de Cassie, les corps masculins érotisés le sont de façon conscientisée et le plaisir du-de la spectateurice ne découle pas de l’objectification des personnages.

Il était important également, pour balayer cette idée reçue que les violeurs sont des monstres, que les acteurs soient des hommes beaux (d’après nos normes de beauté occidentales) et habituellement vus dans des rôles de mecs sympas : le violeur est joué par Chris Lowell (Veronica Mars, Glow), le témoin par Max Greenfield (personnage pénible mais attachant dans New Girl), et Ryan est joué par Bo Burnham, humoriste célèbre avec un discours féministe. Les deux premiers agresseurs sont Adam Brody (Gildmore Girls, Newport Beach) et Christopher Mintz-Plasse (qui a commencé sa carrière en adolescent inoffensif). L’ancienne amie est aussi jouée par Alison Brie, qu’on a l’habitude de voir jouer des personnages attachants (Glow, Community).

Le choix de couleurs vives et de musique pop a aussi été fait dans cette idée de se méfier des apparences.

La réalisatrice explique : « C'est un film qui raconte que les apparences sont trompeuses, que les gens ne sont pas précisément ce qu'ils semblent être et que certains se cachent au vu et au su de tous. Il était donc très important que le film lui-même soit somptueux, tactile, joli et amusant. Parce que c'est un piège, à l’image de Cassie. On utilise toutes ces choses jugées inoffensives et féminines, idiotes aussi, pour donner aux gens l'illusion de la sécurité avant qu'ils ne finissent par se rendre compte qu'ils ne sont pas en sécurité. » [34]

D’autres détails sont appréciables, comme le fait de faire jouer Laverne Cox, qui est une actrice transgenre, sans en dire plus sur son identité. Il est déjà rare de voir des acteurs·ices trans jouer, mais encore plus sans que l’identité de genre ne soit simplement évoquée, comme dans cette œuvre. On découvre également l’actrice Jennifer Coolidge dans un rôle où, contrairement à d’habitude, elle n’est pas hyper sexualisée.

Ce film, au contraire d’une majorité [35], n’est pas en sous-représentation de personnages féminins et valide ainsi le test de Bechdel [36] : Cassie, sa mère Susan et son amie Gail sont nommées, ont des interactions entre elles et ne parlent pas forcément d’hommes.

On y trouve également une dénonciation des injonctions sexistes contradictoires auxquelles sont soumis les corps des femmes et des personnes assignées femmes dans notre culture.
Par exemple, le second agresseur dit à Cassie : « I never understood why girls wear so much make up. You all look way more beautiful without it, you know? I just feel like women feel so much pressure to look a certain way now. All the extensions and fake eyelashes and porno nails. It’s like, guys don’t even like it, you know? It’s just a soul-sucking system designed to oppress women. » [37] Il le dit pour qu’elle accepte de coucher avec lui, et ses arguments, avec lesquels il dénigre un certain type de femmes, sont donc caducs.

Emerald Fennell revient aussi sur le fait que notre société encourage les hommes à avoir une vie sexuelle active, mais à s’engager avec des femmes qui n’en ont pas, donc qui ne sont pas des « salopes », mais des filles « biens ».
Cassie est également claire sur le fait qu’elle ne souhaite pas une vie basée sur les injonctions à une vie normative, avec la maison, le mari, les enfants, le job bien payé et les cours de yoga. 

Lorsqu’il s’agit de montrer des corps, dans la grande majorité des films sont utilisées des techniques qui mettent en avant le point de vue du male gaze, qui correspond à un « processus d’objectification des femmes, dans le but d’exciter celui ou celle qui les regarde (spectateur ou personnage masculin) » [38]. Les corps féminins sont donc objectifiés en étant découpés en morceaux par la caméra par exemple.
Dans ce film, le rapport de force est inversé dès la scène d’ouverture, où la caméra ne découpe pas le corps de femmes, mais d’hommes, dans une boite de nuit : au rythme de Boys de Charlie XCX, on voit des fesses, des entrejambes, des torses qui se trémoussent, mais de façon plutôt grotesque que sexualisante. On peut observer la même mise en scène durant la fête d’enterrement de vie de garçon : la caméra découpe les corps des hommes qui boivent de l’alcool, ils ont la chemise ouverte, se mordent la lèvre, se touchent le sexe à travers le pantalon, etc.

Il n’y a pas non plus que dans la façon de filmer que les rôles sont (en partie) inversés entre dominants et dominées. Plusieurs fois, Cassie retourne contre les agresseurs les arguments que les hommes disent d’habitude aux femmes pour les silencier. Elle dit par exemple au premier agresseur : « you need to calm down » [39]. Elle le menace sur ses prochaines sorties, même si lui ne craindra pas de violences sexuelles : « Careful next time you go out, Neil. » [40]
Lors d’une scène de harcèlement de rue, Cassie fixe les trois hommes qui l’agressent verbalement, jusqu’à ce qu’eux deviennent mal à l’aise. Lors d’une autre scène, un homme l’agresse également verbalement et Cassie sort de sa voiture pour détruire la sienne au pied de biche.

Cette inversion jouissive, cette reprise de pouvoir, est par contre stoppée nette avec la mort de Cassie, qui nous ramène dans notre triste réalité. Cassie est ramenée dans sa catégorie de personne dominée par la classe des hommes.

  • Le traitement de Cassie & sa santé mentale 

Je ne suis pas complètement objectif·ve sur Cassie car elle est jouée par une actrice que j’adore, Carey Mulligan. En revanche, je pense que c’est grâce à ce female gaze et à toute la palette d’émotions et d’épreuves complexes qu’elle traverse, que j’ai pu autant m’identifier à elle. Avec son point de vue, je la comprends et je fais le lien avec des expériences de ma vie. Je comprends sa colère, l’évolution de sa santé mentale et ses choix, moraux ou non, face à des violences qu'elle ne tolère pas, dans un monde où personne ne la comprend.

Concernant sa santé mentale, aucun mot n’est d’ailleurs réellement posé sur son état. Certains indices laissent penser à une dépression : elle n’a pas de hobby, elle est solitaire (elle n’a que son amie / cheffe Gail), elle n’est pas centrée sur sa propre vie (elle oublie son anniversaire). Tout la désigne comme victime collatérale des violences qu’a vécu Nina.

Elle vit entourée par des gens qui ne la comprennent pas, comme ses parents. Il y a un décalage entre leurs valeurs, puisque pour la mère, les apparences (qui sont fortement critiquées tout au long du film) sont importantes : « All my friends asked about you. I don't know what to tell them. » [41]

Les autres personnages font références à sa santé mentale de différentes façons. Ses proches, comme ses parents, y font parfois référence de façon positive : « she was getting better » [42]. En revanche, les personnages face à qui elle remet le système établi en doute utilisent plutôt le champ lexical de la folie. La police la dit instable, Ryan lorsqu’il est interrogé, dit « she was not in a good place » [43]. La doyenne de l’université de médecine la traite de folle puis de psychopathe.

Je me questionne aussi sur l’impact (forcément négatif) des agressions sexuelles et des viols qu’elle semble subir chaque semaine dans les bars, comme lorsque le deuxième agresseur la pénètre avec ses doigts après lui avoir mis de la cocaïne dans la bouche de force. Ces scènes sont grotesques mais ne rendent pas compte de cet aspect.

Je trouve en tout cas que le traitement de Cassie arrive à mettre le doigt sur la question de comment gérer sa santé mentale face à un système sexiste qui ne lutte pas contre les violences sexuelles [44]. Et la réponse n’est pas si facile et apporte un mélange de tristesse, dépression, colère, vengeance, violence, lâché prise, tentative d’oublier, jusqu’à la mort (suicide ?).

De fait, ce personnage pose aussi une question que l’on retrouve beaucoup dans les mouvements féministes, celle de la moralité ou non de l’utilisation de la violence lorsque l’on subit une ou des oppressions [45].

En effet, dans sa quête de réparation, Cassie fait subir des violences psychologiques à différents personnages, en miroir de ce qu’iels ont fait subir à d’autres, dans un contexte où la justice n’a pas joué son rôle :
- les agresseurs du début, qu’elle menace
- son ancienne amie, à qui elle fait croire qu’elle a été violée durant un blackout lié à l’alcool, car elle-même rendait Nina responsable de son viol avec l’alcool.
- la doyenne, à qui elle fait croire à l’enlèvement de sa fille et au fait qu’elle l’avait laissée dans une chambre du campus avec des hommes, la même où Nina a été violée, en réutilisant les arguments de la doyenne (les étudiants en médecine sont des jeunes hommes prometteurs, ils ne peuvent pas être auteurs de violences sexuelles).
- Ryan, à qui elle laisse penser qu’elle peut détruire sa réputation, alors qu’il a participé à la destruction de la vie de Nina.

Lorsqu’elle souhaite se venger de l’avocat, il est déjà dans un état mental compliqué et culpabilise. Il lui donne même l’opportunité de lui faire du mal, qu’elle ne saisit pas. Au lieu de cela, elle le pardonne, parce qu’il reconnait sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé à Nina. Pour les autres, elle leur a laissé une chance à chacun·e de parler avant d’être violente, mais iels n'ont pas évolué.

J’ai apprécié que la bande-son suive également la vie et l’état d’esprit de Cassie : lorsqu’elle est dans les bars, l’ouverture du film se fait sur les corps masculins avec un remix de Boys de Charli XCX. Il y a un remix de It’s raining men lorsqu’elle rentre le lendemain matin, Nothing's Gonna Hurt You Baby de Cigarettes After Sex durant le meet cute avec Ryan, Stars are blind de Paris Hilton lorsqu’iels sont heureux·ses (en apparence), une reprise de Toxic de Britney Spears durant sa dernière scène de vengeance, etc.

  • Accueil médiatique du film

Je suis allé·e faire un tour du côté des critiques, de la campagne de publicité francophone et de la réception générale du film, qui montrent que ce film est une petite pierre à l’édifice #MeToo, mais qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir en France.

Dans la presse anglophone, j’ai surtout observé de bonnes réceptions, comme dans Vogue, Variety, Robert Ebert ou Indie Wire [46].

La catch phrase de l’affiche française, du site L’éclaireuse, me laisse dubitatif·ve : « Le thriller féminin et frais qui change la donne ». Je trouve la publicité anglophone plus juste : « Take her home and take your chance » [47] et « A fresh, totally wild, revenge thriller with bite » [48] sur Indie Wire.

Dans les médias francophones, c’est plus partagé. Il y a de très bonnes réceptions comme dans Maze, Slate, Road to cinema ou Le bleu du miroir (qui parle cependant de « comédie noire ludique ») [49], mais aussi des critiques négatives de personnes qui ne prennent probablement pas la mesure des violences dénoncées et qui victimisent les hommes ou diffusent des idées masculinistes et alimentant la culture du viol.
On peut notamment en trouver un florilège de la part de critiques cinéma sur France Inter [50] : « le film a aussi un regard sur les femmes et sur les hommes que je trouve extrêmement douteux » ; « le film est limite misogyne : finalement, tous les virilistes qui disent "vous voyez, ces femmes ne pensent qu'à retourner la guerre contre les hommes", eh bien là le film ne leur donne pas complètement tort puisqu'il s'agit de renverser le jeu en allant violer le violeur » ; « qu'il y a une vision stéréotypée selon laquelle toute la gente masculine et tous les hommes qui traversent cet écran sont des agresseurs en puissance… Je veux bien qu'une fille très alcoolisée dans un bar, il puisse lui arriver des petites mésaventures, mais enfin, là, c'est systématique… ». Des journalistes continuent donc de qualifier des agressions sexuelles de « petites mésaventures ».

Le journaliste de Benzie Mag [51] quant à lui, lui compare et préfère Les Accusés, réalisé par Jonathan Kaplan en 1988 « qui traitait du même sujet, avec beaucoup d’avance sur son temps, et où Jonathan Kaplan, Kelly McGillis et Jodie Foster faisaient un bien meilleur boulot… ». Ce film traite d’un procès pour le viol d’une femme par trois inconnus dans un bar, avec une histoire qui colle malheureusement beaucoup plus aux stéréotypes de la culture du viol. 

D’après Iris Brey, « La majorité des films female gaze sont considérés comme des films radicaux, qui ne feront jamais partie d’un système de distribution et de conservation classique. » [52]. Promising Young Woman a tout ce même été nommé aux Oscars pour le prix de la meilleure réalisatrice, du meilleur film et du meilleur scénario original et a remporté celui du meilleur scénario. Comme Jane Campion ou Célina Sciamma avant elle, Emerald Fennell a donc tout de même réussi le pari de diffuser son travail à un large public, avec une reconnaissance institutionnelle.

Et c’est tant mieux, car je pense que ce film peut avoir un impact important dans nos esprits sur les sujets qu’il porte, d’autant plus que son traitement permet de comprendre aisément le vécu de Cassie. 

Et comme l’a écrit la journaliste Anaïs Bordages « Ce n'est pas un film facile à aimer, mais peut-être qu'un film qui s'attaque à la culture du viol ne devrait pas l'être. » [53] 

  • Ressources 

Une culture du viol à la française, de Valérie Rey-Robert, 2019.
Le regard féminin, de Iris Brey, 2020.
Les couilles sur la table, épisode 35 : Ligue du LOL : la force du Boys' Club, de Victoire Tuaillon, Binge Audio.
Les couilles sur la table, de Victoire Tuaillon, 2019.
En finir avec la culture du viol, de Noémie Renard, 2018.
Les orageuses, de Marcia Burnier, 2020.
La terreur féministe : petit éloge du féminisme extrémiste, de Irene, 2021.

[EDIT] Merci Clémence, de m'avoir fait remarquer que Cassie est le diminutif de Cassandre, personnage de la mythologie grecque qui a le don de dire l'avenir, mais qui n'est jamais crue.

/

[1] Une culture du viol à la française, de Valérie Rey-Robert, 2019.

[2] Le regard féminin, de Iris Brey, 2020.

[3] Tu sais, les filles comme ça se mettent elles-mêmes en danger. Si elle ne fait pas attention, quelqu’un va en profiter. Elle est plutôt canon. Je veux dire, c’est comme si elle attendait ça.

[4] C’est ok, tu es en sécurité.

[5] Qu’est-ce que tu fais ?

[6] Au moins tu n'as pas essayé de coucher avec moi pendant que j'étais évanouis. Tu gagnes des points pour cela. Tu peux être fier de toi. Certains mecs ... ne s'encombrent pas de ça. Mais toi, tu m'as réveillée avant de mettre tes doigts en moi. C'est mignon.
- Qu'est-ce que tu essaies de dire, que je suis un genre de ... prédateur ?
- Je ne sais pas. L'es-tu ?
- Je suis un mec sympa.
- Chaque semaine je vais dans un club. Et chaque semaine je fais comme si j'étais trop saoule pour tenir debout. Et chaque. Putain. De Semaine. Un mec sympa juste comme toi vient pour voir si je suis ok.

[7] Les couilles sur la table, épisode 35 : Ligue du LOL : la force du Boys' Club, de Victoire Tuaillon, Binge Audio.

[8] Why ‘Promising Young Woman’ is much more than a #MeToo-era revenge story, de Mark Olsen, sur Los Angeles Times, 25/01/2020
J'ai présenté un court-métrage à Sundance il y a deux ans, intitulé "Careful How You Go", qui traite des différentes façons dont les femmes peuvent être effrayantes et malveillantes. L'idée est de savoir comment ruiner la vie d'un étranger sans le toucher, le menacer ou faire quoi que ce soit de sinistre. C'est une façon un peu particulière, historiquement féminine, d'exprimer la rage.

[9] Non pas que les meurtres vous dérangent. Votre livre est rempli de meurtres.

[10] Les couilles sur la table, de Victoire Tuaillon, 2019.

[11] En finir avec la culture du viol, de Noémie Renard, 2018.

[12] Rencontre mignonne entre deux personnages qui auront une relation romantique.

[13] Aucun·e de nous ne veut l'admettre, lorsque l'on se rend vulnérable.

[14] Comment tu bois autant, des choses arrivent. Si elle buvait …

[15] Si tu as une réputation de coucher à droite à gauche, alors peut-être que les gens ne vont pas te croire lorsque tu dis que quelque chose est arrivé. C’est crier au loup.

[16] C’est un mec très sympa. Très intelligent.

[17] J'avais un bonus pour chaque règlement à l'amiable. J'avais un autre bonus pour chaque charge abandonnée. On avait tous ça. Il y avait un type... Son seul travail était de passer au peigne fin tous leurs comptes de réseaux sociaux pour toute information compromettante. Maintenant, une photo d'une personne ivre à une fête. Oh, vous ne croiriez pas à quel point cela rend un jury hostile.

[18] Quand tu couches avec une personne avec qui tu ne veux pas.

[19] On reçoit des accusations comme ça tout le temps. Une ou deux par semaine. Ruiner la vie d'un jeune homme chaque fois que nous recevons une accusation comme celle-ci ? Je devais lui accorder le bénéfice du doute. Parce que innocent jusqu'à preuve du contraire.

[20] Affaire Brock Turner: pourquoi certains athlètes d'université accusés d'agression sexuelle sont protégés, de Marine Le Breton, sur Huffington Post, 02/09/2016
«Promising Young Woman» renverse avec brio les codes du «rape and revenge», de Anaïs Bordage, sur Slate, 30/05/2021

[21] Une culture du viol à la française, de Valérie Rey-Robert, 2019.

[22] Une vidéo stupide. Elle a juste été envoyée aux alentours. On me l'a envoyée. Tout le monde l'a fait. A l'époque, c'était ... C'était juste des ragots, vous savez ? Il se passait tellement de choses à l'époque, comme, tout le temps. [...] Je ne sais pas comment on a tous pu le regarder et, hum... penser que c'était drôle.

[23] Je ne me souviens pas.

[24] J’étais un gamin.

[25] Je n’ai rien fait.

[26] Tu ne penses pas que je suis une mauvaise personne. Je t’aime.

[27] Tu es un putain d’échec.

[28] Cf. le compte Instagram @preparez_vous_pour_la_bagarre

[29] Je n'ai rien fait. Nous étions des gamins. Peut-être qu'elle l'a regretté après ? Elle était à fond dedans. Je ferais n'importe quoi. Ça m'a aussi affecté, d'accord ? Je veux dire, c'est le pire cauchemar de tout mec, être accusé comme ça.

[30] Ce n’est pas ta faute. C’était un accident, ok ?

[31] Est-ce que je ressemble à quelqu'un qui te ferait faire quelque chose que tu ne veux pas faire ?

[32] Emerald Fennell : "Je ne peux pas imaginer 'Promising Young Woman' sans Carey Mulligan", de Delphine De Freitas, sur LCI, 24/05/2021

[33] Why ‘Promising Young Woman’ is much more than a #MeToo-era revenge story, de Mark Olsen, sur Los Angeles Times, 25/01/2020
Quand je pensais à "Promising young woman", je voulais faire un film de vengeance, mais un film sur la façon dont une femme, une vraie femme, pourrait se venger, ce qui est différent, je pense, de la façon dont on le voit habituellement.

[34]Emerald Fennell : "Je ne peux pas imaginer 'Promising Young Woman' sans Carey Mulligan", de Delphine De Freitas, sur LCI, 24/05/2021

[35] A quel point le cinéma est-il sexiste ? On a les chiffres, de Romain Capelle, sur Télérama, 29/01/2016

[36] Test qui permet de mettre en évidence la sous-représentation ou non des personnages féminins dans une fiction.

[37] Je n'ai jamais compris pourquoi les filles se maquillent autant. Vous êtes toutes bien plus belles sans, vous savez ? J'ai juste l'impression que les femmes ressentent tellement de pression pour ressembler à une certaine façon de nos jours. Toutes les extensions, les faux cils et les ongles pornos. Les mecs n'aiment même pas ça, tu sais ? C'est juste un système de suçage d'âme conçu pour opprimer les femmes.

[38] Le regard féminin, de Iris Brey, 2020.

[39] Calme-toi.

[40] Attention la prochaine fois que tu sortiras, Neil.

[41] Tou·te·s mes ami·e·s m'ont demandé des nouvelles de toi. Je ne sais pas quoi leur dire.

[42] Elle allait mieux.

[43] Elle n’était pas dans un bon endroit.

[44] Les orageuses, de Marcia Burnier, 2020.

[45] La terreur féministe : petit éloge du féminisme extrémiste, de Irene, 2021.

[46] Emerald Fennell on Promising Young Woman, Responses to the Film, and More, de Christy Lemire, sur Roger Ebert, 31/03/2021
'Promising Young Woman’: Emerald Fennell on Her Mission to Upend Moviegoers’ Thirst for Violence, de Kate Erbland, sur IndieWire, 23/12/2020
‘Promising Young Woman’: How Carey Mulligan and Emerald Fennell Made the Most Audacious, Feminist Movie of the Year, de Kate Aurthur & Matt Donnelly, sur Variety
Carey Mulligan and Emerald Fennell on Promising Young Woman and the Concept of Female Bodies as ‘Something to Be Won’, de Radhika Seth, sur Vogue, 26/03/2021

[47] Ramène-la chez toi et tente ta chance.

[48] Un thriller de vengeance frais, totalement sauvage, qui a du mordant.

[49] « Promising young woman » – Thriller nécéssaire, de Farah El Amraoui, sur Maze, 04/06/2021
«Promising Young Woman» renverse avec brio les codes du «rape and revenge», de Anaïs Bordage, sur Slate, 30/05/2021

[50] "Promising Young Woman" d'Emeral Fennell : "un regard douteux sur les hommes et les femmes" d'après Le Masque, sur France Inter, 03/06/2021

[51] “Promising Young Woman” : #BalanceTonPorc mérite mieux que ça !, de Eric Debarnot, sur Benzine, 07/06/2021

[52] Le regard féminin, de Iris Brey, 2020.

[53] «Promising Young Woman» renverse avec brio les codes du «rape and revenge», de Anaïs Bordage, sur Slate, 30/05/2021

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Afrique
Kenya : le pays suspendu à des élections à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir
Journal — International
L’apartheid, révélateur de l’impunité d’Israël
Le débat sur l’existence ou non d’un système d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est dépassé. L’apartheid israélien est un fait. Comme le confirme l’escalade des frappes et des représailles autour de la bande de Gaza, il est urgent désormais de mettre un terme à l’impunité d’Israël et de contraindre son gouvernement à reprendre les négociations.
par René Backmann
Journal — Proche-Orient
Au moins trente et un morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne
Parmi les victimes des frappes visant la bande de Gaza figurent six enfants et des dirigeants du groupe armé palestinien Djihad islamique. L’armée israélienne parle d’une « attaque préventive ».
par La rédaction de Mediapart (avec AFP)
Journal
Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice
Sur fond de crise politique profonde, les femmes, les enfants et les personnes LGBT du Pérou voient leurs droits reculer, sacrifiés sur l’autel des alliances nécessaires à l’entretien d’un semblant de stabilité institutionnelle. Les féministes sont vent debout.
par Sarah Benichou

La sélection du Club

Billet de blog
Deux expos qui refusent d'explorer les réels possibles d'une histoire judéo-arabe
[REDIFFUSION] De l’automne 2021 à l’été 2022, deux expositions se sont succédées : « Juifs d’Orient » à l’Institut du Monde Arabe et « Juifs et Musulmans – de la France coloniale à nos jours » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Alors que la deuxième est sur le point de se terminer, prenons le temps de revenir sur ces deux propositions nous ont particulièrement mises mal à l'aise.
par Judith Abensour et Sadia Agsous
Billet de blog
Réponse au billet de Pierre Daum sur l’exposition Abd el-Kader au Mucem à Marseille
Au Mucem jusqu’au 22 août une exposition porte sur l’émir Abd el-Kader. Le journaliste Pierre Daum lui a reproché sur son blog personnel hébergé par Mediapart de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Un membre du Mrap qui milite pour la création d'un Musée national du colonialisme lui répond. Une exposition itinérante diffusée par le site histoirecoloniale.net et l’association Ancrages complète et prolonge celle du Mucem.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
A la beauté ou la cupidité des profiteurs de crise
Alors que le débat sur l'inflation et les profiteurs de la crise fait rage et que nous assistons au grand retour de l'orthodoxie monétaire néolibérale, qui en appelle plus que jamais à la rigueur salariale et budgétaire, relire les tableaux d'Otto Dix dans le contexte de l'Allemagne années 20 invite à certains rapprochements idéologiques entre la période de Weimar et la crise en Europe aujourd'hui.
par jean noviel
Billet de blog
Michael Rakowitz, le musée comme lieu de réparation
À Metz, Michael Rakowitz interroge le rôle du musée afin de mettre en place des dynamiques de réparation et de responsabilisation face aux pillages et destructions. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste irako-américain présente un ensemble de pièces issues de la série « The invisible enemy should not exist » commencée en 2007, l’œuvre d’une vie.
par guillaume lasserre