2018 : l’année des réformes économiques

Réforme du statut de l’entreprise, nouveau système de formation professionnelle, fiscalité, retraites… Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, Emmanuel Macron a fait adopter plusieurs réformes économiques majeures.

Emmanuel Macron a annoncé plusieurs réformes économiques importantes pour 2018. Toutefois, le Président de la République avait prévenu les Français lors de ses vœux : c’est « avec la même force et le même rythme » que « les transformations profondes » se poursuivront en 2018. Retour sur les principales réformes prévues cette année.

La mise en place de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

Depuis le 1er janvier 2018, l’IFI a remplacé l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Emmanuel Macron a fait le choix de recentrer l’impôt sur le seul patrimoine immobilier en excluant de la base taxable le patrimoine mobilier (assurance-vie, actions et obligations). Les particuliers dont la valeur du patrimoine immobilier excède 1 300 000 euros sont redevables de ce nouvel impôt.

La réforme de la SNCF

Après les députés en avril, la chambre haute du Parlement a adopté début juin en première lecture, un texte de loi pour un « nouveau pacte ferroviaire ». Le Sénat n’a toutefois pas gommé les points-clés de la réforme à savoir : l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics, la fin des embauches au statut de cheminot. Dans son texte, le Sénat oblige la SNCF à reclasser les cheminots qui consacrent moins de la moitié de leur temps de travail à un marché perdu et qui refuseraient d’être transférés. Ils ont également défini un « périmètre ferroviaire unifié » regroupant les trois entités actuelles de la SNCF : SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités. La loi réformant le système ferroviaire français a été promulguée le 27 juin dernier par Emmanuel Macron.

La réforme du Code du travail

La réforme du Code du travail fait partie des mesures phares annoncées par Emmanuel Macron. Cinq ordonnances définitivement approuvées en février 2018 prévoient la fusion des instances représentatives du personnel, la barémisation des indemnités prud’homales et la primauté des accords d’entreprise dans certains cas, notamment. Cette réforme va plus loin que la loi de Travail de Myriam El Khomri qui avait déclenché une importante crise sociale.

La suppression des cotisations salariales en contrepartie d’une hausse de la CSG

Autre mesure phare du projet de budget 2018 : la bascule des cotisations et l’augmentation de la CSG. Emmanuel Macron souhaitait, via cette réforme, renforcer le pouvoir d’achat des salariés, quitte à taxer un peu plus les retraités ou bénéficiaires de revenus du capital. Ainsi, le taux normal de la contribution sociale généralisée prélevée directement sur la plupart des revenus a augmenté de 1,7 point au 1er janvier 2018. La baisse des cotisations chômage (2,4 %) et maladie (0,75 %) des salariés se fait en deux temps : une diminution de 2,2 points a eu lieu au 1er janvier 2018, une de 0,95 point est prévue à la rentrée prochaine.

Rendre l’assurance-chômage universelle

La réforme de l’assurance-chômage fait également partie du calendrier économique 2018. Le 22 février dernier, les partenaires sociaux ont trouvé un accord. L’universalité du régime ne sera pas totale mais élargie aux indépendants en liquidation judiciaire et sous certaines conditions, aux salariés qui démissionnent pour se reconvertir. Un dispositif sera parallèlement mis en place pour lutter contre l’abus d’emplois précaires.

La formation professionnelle renforcée

Emmanuel Macron a aussi souhaité réformer le système de formation professionnelle jugé inégalitaire et complexe. Lors de sa campagne présidentielle, il s’était engagé à former un million de jeunes et un million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement envisage d’investir 15 millions d’euros dans le cadre d’un grand plan d’investissement. Les principaux points de la réforme de la formation professionnelle ont été dévoilés le 5 mars 2018 par Muriel Pénicaud, ministre du Travail : des droits à la formation renforcée, une plateforme en ligne au service des salariés, un circuit de financement plus direct, une agence pour réguler la formation.

Reste à savoir si ces nombreuses réformes annoncées par Emmanuel Macron auront des effets positifs sur le long terme.

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