Prolifération de squat : Un signal d'alarme du "mal logement"

Les legislations nationales les plus anciennes sont souvent plus réfléchies. La qualité des débats de l'Assemblée Nationale de l'époque n'a rien a envier à celle d'aujourd'hui. Si la loi protégeant les squateurs était comme un signal d'alarme d'un systéme du logement inégalitaire ?

Il est difficile d'imaginer que des humains puissent avoir le confort et la pleine jouissance d'un bien avec le joug constant de pouvoir être mis de nouveau à la rue. Ces situations seraient donc des situations contraintes par la survie des ces personnes sans domiciles fixes. Peu importe qu’ils soient étrangers ou originaires de France, la plupart cherche par tous moyens à survivre dans une France hostile à leurs réintégrations sociales.

 

>> L'hostilité de l’Etat pour une intégration sociale balisée

 Nous sommes le pays des droits fondamentaux. Pendant que certains mettent en avant la valeur constitutionnelle du droit de propriété, ils en oublient peut-être les droits fondamentaux liés à la dignité humaine. Chaque sujet doit faire l’objet d’une pondération précise en ce sens. L’équilibre que la loi offre permet d’avoir un contrat social paisible. À la fois l’État doit protéger les locataires précaires et à la fois il doit permettre aux personnes jouir de leurs biens.

Quand l’État et les collectivités territoriales ont des carences dans la construction de logements sociaux, cela se rejette sur l’ensemble de la société. Il en va de même de la pauvreté. Dans un monde capitaliste que nous approuvons indirectement et collectivement, les ruptures sociales peuvent être dur. L’accumulation de biens pour son seul profit fait norme. Seulement on ne peut se dédouaner de notre responsabilité collective face aux externalités négatives engendrées. Celle de l’environnement sera l’objet d’un article en ce sens. Les externalités sociales négatives du capitalisme se traduisent avec l’augmentation de la précarité.


L’État n’a pas réalisé de politique permettant une intégration balisée des nouvelles populations arrivée sur son sol. Les immigrés ont toujours été des acteurs prépondérants dans le développement de la France. Pour accueillir les migrants maghrébins de l’époque et dans l’urgence des résidences sociales avaient été créés. Permettant une transition sociale. Le manque de place dans ces structures s’impacte à l’ensemble de la société. Quel humain à la rue ne va pas avoir l’idée de se réfugier dans le premier lieu qu’il trouve à disposition. La notion de survie est en jeu. L’État aurait pu mettre en place un parcours globalisé et balisé pour l’intégration en France avec : Une remise à niveau gratuite en Français obligatoire, le droit à un logement pour tous, le droit à un repas chaud par jour, le droit à la formation individuelle pour les peuples souffrant de persécutions sur des métiers pénuries etc.… Les médias et l’État préfèrent organiser une stigmatisation des squatteurs. Les lois les plus anciennes semblent ainsi dénaturer du sens qu’elle portait afin de servir des intérêts économiques. Elles dévoient les valeurs de la France, Liberté, Égalité et Fraternité pour l’offrir à un séparatisme social, inhumains et polémique sur le dos du Français ou immigrés en très grandes fractures. Il faut être conscient qu’en France, la loi s’applique à tous, ainsi si demain nous nous retrouvons dans ce genre de situations extrêmes nos droits seront ainsi réduits.

 

>> La hausse des occupations illégales, signal d'un problème systémique

Expulsion chiffres du Ministère de l'intérieur Expulsion chiffres du Ministère de l'intérieur

Le nombre d’expulsions avec recours de la force publique depuis 2000 a augmenté de 10 000 foyers supplémentaires expulsés, d’après les chiffres du Ministère de l’intérieur. Ce graphique nous indique ainsi, que les individus sont de plus en plus précarisés dans leurs maintiens dans leurs logements. Alors qu’elles semblaient diminuer en fin de mandature de François Hollande, nous constatons depuis peu à une augmentation importante. Sans les mesures de prolongement de la trêve hivernale, les dégâts sociaux auraient spectaculaires et encore plus visibles.

Preuve que la crise de Covid 19 est un véritable zoom des inégalités sociales. Les personnes n’ayant pas de logements semblent avoir pour seule alternative des structures d’urgences parfois aux conditions indignes et n’offrant pas l’intimité nécessaire à la dignité. Les structures font pour certaines le maximum pour le maintien de places d’hébergement mais sont sous le diktat des subventions publiques.

Le maintien dans les logements des personnes en précarité ou des classes modestes est lié par un manque d’encadrement du coût des loyers et la carence en logement sociaux. Nous verrons en dernière partie la responsabilité des mairies préférant payer des amendes à l’État. Ce problème systémique aurait pu être réglé par l’État par la réquisition forcée de terrain et la construction en urgence de nouveaux quartiers urbains complets. Nous nous demandons où sont les visionnaires souhaitant créer un savoir et vivre ensemble aujourd’hui.

 

>> L'augmentation des offres de logements sociaux, une piste freinée par certaines villes et volontés publiques

Selon le Bilan SRU 2014-2016, « l’État affiche des objectifs annuels de construction de logements sociaux de 100 à 130 000 selon les années. Ces objectifs n’ont jamais été totalement atteints : 60 000 logements construits en 2005 et 116 000 en moyenne sur la période 2010-2013, 130 000 en 2016. » La loi du 5 mars 2007, mettant en place le droit au logement opposable (loi nommée « Dalo » devait comporter un plan de relance pour un rattrapage massif en matière de production de logements.

Néanmoins des résistances se font sentir par un séparatisme social de certaines villes en France. Cette discrimination sociale pourrait être attaquée légalement. Seulement l’État n’enjoint pas en justice les collectivités à l’action. De plus l’État, ne prend pas en main cette politique à bras le corps face aux lenteurs entre objectifs et réalisations concrètes. Rappelons que l’État à la capacité juridique de nationaliser, exproprier et indemniser afin de pourvoir à sa mission d’intérêt général. Cela n’est-il pas la preuve que l’État dissimule encore son inaction à travers des stigmatisations faciles. Laissant sans contradictoire certains médias insulter et dégrader les personnes en difficultés de logement recourant à l’ultime solution parfois illégale, d’occuper un lieu.


On nous enjoint ainsi à penser aux pauvres propriétaires lésés par ces difficultés. Nous oublions sur cette injustice que vivent les propriétaires, les véritables responsabilités politiques. Les anciens membres du Front-National indiquent ainsi leurs indignations face à ces comportements, surfant comme toujours sur les haines. Ces extrémistes, tout comme les politiciens actuels, n’apportent pas de solutions que de protéger leur propre intérêt à la propriété individuelle. Nous avons ainsi aucune densité humaniste dans leurs actions, c’est bien l’objet de rassembler les colères. Ces colères pour fortifier les haines et divisions sociales.

En 2017 certaines villes comme ALLAUCH (DSU), BANDOL, BIGUGLIA; CABANNES, CARQUEIRANNE, CARRY LE ROUET, CASSIS, CHAZAY D AZERGUES, COLLONGES-SOUS-SALEVE où CONTES étaient parmi les villes les moins volontaristes dans l'atteinte de leurs objectifs de création de logement sociaux imposé par la loi. En 2020, c'est plus de 550 villes dans l'illégalités mettant de facto leurs populations en danger d'un éclatement de la précarité et du mal logement. Ces chiffres ont fait l'objet d'un article entier le 8 décembre dernier par FranceTv Info.

 

                                                            Pensez-vous que ce monde sera plus paisible avec plus d’inégalités et stigmatisation ? L’intelligence voudrait, dans un monde capitaliste, qu’on s’intéresse à un nouveau saupoudrage de « contre inégalités » et de redistribution. Une paix sociale et humaniste permettant la cohésion nationale vers les mêmes objectifs. Ce système s’ils croient pouvoir faire accepter certaines inégalités risque bien de s’effondrer sur lui-même. Une redéfinition nouvelle citoyenne remplacera un système inégalitaire à bout de souffle. Aucun système d’esclavage dans la pauvreté extrême n’a pu perdurer dans l’histoire.

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