Le Costa-Rica, le pays le plus heureux du monde

En ces temps de crise économique, où trouver le bonheur ? Selon une récente étude de la New Economics Foundation, un institut britannique qui dresse un classement de 143 pays (99% de la population mondiale) selon leur indice de félicité, c’est au Costa-Rica qu’il faut poser ses bagages.

En ces temps de crise économique, où trouver le bonheur ? Selon une récente étude de la New Economics Foundation, un institut britannique qui dresse un classement de 143 pays (99% de la population mondiale) selon leur indice de félicité, c’est au Costa-Rica qu’il faut poser ses bagages. Ce petit pays d’Amérique centrale et ses cinq millions d’habitants, possèdent l’HPI(Happy Planet Index) le plus élevé du monde. La Fondation calcule ce dernier en pondérant l’espérance de vie, la satisfaction de la population et les mesures environnementales.

Le Costa Rica est un pays splendide, à la biodiversité foisonnante, où les habitants vivent en moyenne jusqu’à l’âge de 78,5 ans. Dépourvu d’armée, il a préféré investir ses ressources dans la préservation de l’environnement et en renversé la tendance générale à la déforestation. Il produit 99% d’énergies renouvelables. Ce sont éléments qui lui ont permis de coiffer le classement.

Le Costa-Rica n’est pas un cas isolé dans la région. Selon l’étude intitulée “Why good lives don’t have to cost the earth” (« Pas besoin de faire payer la planète Terre pour vivre bien »), neuf des dix premiers pays sont issus d’Amérique Latine, (le Brésil est neuvième), alors que les Nations développées sont loin derrière. Le premier pays « riche » est la Hollande, mais elle n’occupe que le 43ème rang, devant l’Allemagne (51ème), l’Italie (69ème), la France (71ème) et l’Angleterre (74ème). Les Européens font tout de même beaucoup mieux que les Etats-Unis, loin derrière, au 114èmerang. La lanterne rouge est occupée à par Zimbabwe, précédé de nombreux pays africains (Tanzanie, Botswana, Namibie...).

On peut trouver l’évaluation absurde à la lumière de la misère, de l’injustice et de la violence qui font encore des ravages dans la région. Mais selon le rapport, les Latinos marquent des points du fait de leurs moindres aspirations matérielles et de l’importance des liens familiaux et amicaux. Dans les pays développés, le « bonheur » matériel et l’espérance de vie sont minés par les catastrophes environnementales et la solitude. Selon les auteurs de l’étude, il ne s’agit pas dans cette région de travailler seulement à élever les revenus, mais à donner plus de sens à l’existence et aux relations humaines.

Même les plus sérieux des économistes estiment que la mise en place d’indice comme l’HPI est important, quelles que soient ses limitations scientifiques. «C’est une tentative d’aller au-delà des calculs de produit intérieur brut (PIB) », déclare Enrico Giovannini, chef du département Statistiques de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). « Il est impossible de capturer avec un seul indice économique la complicité de notre société », ajoute-t-il.

L’étude dans son intégralité est accessible sur internet : http://www.happyplanetindex.org/public-data/files/happy-planet-index-2-0.pdf

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