Ils désertent: comment se débarrasser de l'ancêtre ?

Quarante ans que l'ancêtre vend du papier peint, à différents commerçants, pour le compte d'une entreprise qu'il a contribué à fonder. Au départ, ils n'étaient que deux. Mais la boîte, qui s'est développée, vient d'être rachetée. Et l'ancêtre déplaît. Il est le seul survivant d'un passé révolu.Une jeune femme est recrutée. Sa première mission: virer l'ancêtre...

Dans ce roman, paru en 2012, on retrouve l'univers habituel de Thierry Beinstingel, notamment ses deux fils conducteurs: Rimbaud (ici, sa correspondance, lorsqu'il était, lui aussi, voyageur de commerce) et le monde de l'entreprise, plus particulièrement sa déshumanisation.

Les protagonistes ne sont jamais nommés.

D'un côté , "l'ancêtre" : massif, toujours en costume, il fume beaucoup, beaucoup trop. Il a parcouru un million et demi de kilomètres, depuis quarante ans,  a passé la plus grande partie de sa vie sur la route, et dans des hôtels. Un as de la vente, qui a fait gagner beaucoup d'argent à l'entreprise dont les nouveaux propriétaires, aujourd'hui, voudraient le licencier.

Un poète, aussi, qui vante avec des trémolos dans la voix la couleur d'un papier peint, et ne manque jamais, lorsqu'il passe par Charleville, d'aller rendre visite à la tombe d'Arthur Rimbaud.

Un volume de la correspondance du poète accompagne d'ailleurs l'ancêtre sur la route.

Rimbaud - Thiéfaine - L'affaire Rimbaud © Philonico

 Face à lui, "la jeune sportive": une jeune femme qui aimerait faire carrière dans l'entreprise. On lui fait miroiter, si elle parvient à virer l'ancêtre, un poste de directrice des ventes, avec un salaire alléchant.

Mais ce n'est pas gagné:

"Je vous le dis tout net, je refuse de partir" (p 108, lors de la deuxième rencontre entre les deux personnages).

Ne racontons pas la fin.

Mais c'est une histoire qui se termine bien...

Thierry Beinstingel - Ils désertent © librairie mollat

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