François Morel: Cabu n'était pas un homme, c'était un geyser !

Dans sa chronique de ce matin, François Morel se demandait pour combien de temps encore la frise de Cabu, caricaturant des personnalités dont certaines sont déjà presque oubliées, resterait au sommet d'une page du Canard Enchaîné. C'est l'occasion de réécouter une chronique plus ancienne du même, présentant un livre consacré au jazz, illustré par Cabu.

"Swing Cabu" - le billet de François Morel © France Inter

C'est ce livre, paru en 2013, que présentait François Morel:

cabu-swing

Quatrième de couverture:

" Cabu aime le jazz, le "jazz qui déménage", celui qui transporte, pas celui qui "donne envie de se jeter dans la Seine" ! Et quand il swingue, Cabu dessine, parfois dans le noir, souvent debout, de préférence en rythme, le pied battant la mesure. Ses premiers reportages musicaux, pourtant, il les fait pour Hara-Kiri dans des cabarets parisiens où se produisent les jeunes chanteurs de l'époque (Brel, Boby Lapointe, Gainsbourg...). Mais, à la mélancolie de la chanson française, il préfère de loin la joie de vivre du swing, de Trenet aux jazzmen américains. C'est plus tard, notamment pour Charlie Hebdo, qu'il commence à arpenter les festivals et les salles de concert, rencontrant les personnages mythiques du jazz comme Cab Calloway, Lionel Hampton, Count Basie, Duke Ellington... Ce recueil, à travers des centaines de dessins et de nombreux reportages réalisés depuis cinquante ans, nous dévoile le parcours de Cabu dessinateur de jazz. On le découvre ici reporter musical, chroniqueur radio sur TSFJAZZ avec Laure Albernhe, dessinateur de pochettes de disques. Témoin de l'époque des monstres du jazz aujourd'hui disparus, Cabu nous livre ici un morceau d'histoire et un hommage au swing. "

Voici la chronique, un peu triste, de François Morel ce matin:

La frise de Cabu - Le Billet de François Morel © France Inter

Et laissons le dernier mot à l'artiste, qui ne savait pas, lorsqu'il riait d'avoir bénéficié d'une protection policière, lui, l'antimilitariste, qu'il finirait sous les rafales de Kalachnikov de deux islamistes :

" On veut faire rire, et on nous menace de mort ! "

" Les religions sont des idéologies, et on doit pouvoir critiquer les idéologies ! "

CABU : "On reçoit encore des menaces de mort" © Europe 1

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