MosqueMeToo: des musulmanes dénoncent les agressions sexuelles à La Mecque

Pour certains, un musulman est nécessairement une victime.Toujours. Systématiquement.Dénoncer une agression commise par un musulman, ce serait de l'islamophobie. Même lorsqu'on est soi-même musulmane ! Henda Ayari et Christelle ont subi un déluge d'injures et de menaces lorsqu'elles ont porté plainte contre Tariq Ramadan. Mais aujourd'hui, d'autres femmes brisent le silence.

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Captures d'écran à partir de cet article, paru sur le site de France Info.

On y trouvera la reproduction d'autres tweets.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180213-femmes-hadj-mosquee-me-too-pelerinage-mecque-agressions-sexuelles

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Les tweets ont déclenché une vague de réactions outrancières de la part de la gent masculine. « Après tout, nous sommes des hommes, pas des saints » revendiquent sans honte certains twittos. La bonne excuse !, réagissent en cœur ces femmes qui ont vu constamment remettre en cause la véracité de leurs témoignages. «  Ça devient banal de salir le peuple musulman, je me demande qui est derrière ces propagandes », ajoutent des internautes acariâtres.

La journaliste à l’origine du mot clef, les a tous compilés dans un seul tweet. « Tu es trop laide pour avoir été agressée, tu as été payée pour tenir ce discours, tu veux juste être célèbre, tu veux détruire l'islam, tu donnes une mauvaise image de l'homme musulman ou encore tu es une prostituée ».

L'hebdomadaire Marianne a recueilli quelques exemples de ces témoignages dans cet article:

Anggi Angguni, une écossaise, conserve elle aussi d'"horribles souvenirs" de La Mecque. "Les gens pensent que La Mecque est l'endroit le plus sacré pour les musulmans, donc personne n'y ferait rien de mal. C'est entièrement faux", écrit-elle, avant de préciser ce qui lui est arrivé dans la ville saoudienne : "Un jour quelqu'un a touché mes seins et les a pressés. J'étais choquée. Le type derrière moi a soudain fait semblant de ne rien avoir fait et est parti. J'étais choquée, et ce que j'ai fait, c'est que j'ai juste pleuré en silence". Là, un Jordanien raconte avoir vu sa femme se faire peloter.

(...)

 "J'ai été agressée sexuellement à 21 ans alors que je faisais le Tawaf [la circumambulation autour de la Kaaba], juste là, dans l'endroit le plus sacré. Que cela se soit déroulé là où c'est supposé être le lieu le plus saint et le plus sûr des sanctuaires, m'a tellement brisée que je ne m'en suis jamais remise".

Le 9 février, un compte anonyme narre à son tour une promiscuité gênante. "J'avais 10 ans et je croyais que ma soeur m'attrapait les hanches afin de ne pas me perdre dans la foule immense après la prière du vendredi", avant de s'apercevoir qu'il s'agissait des mains d'un homme. "Il n'a pas bougé avant que ma soeur ne lui donne des coups de coude", poursuit la femme.

Le Monde relaie aussi l'information dans cet article.

France24 en parle ici.

RT France, .

Ces tweets ont également fait l'objet d'un article (lecture payante) dans La Voix du Nord:

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Un seul grand média, pour le moment, ne dit pas un mot de ces messages.

Indice: c'est le seul média qui, après le dépôt de la plainte de Henda Ayari, a réussi à garder un silence total, pendant plus de huit jours, au sujet des accusations portées contre le sixième pilier de l'islam...

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